‹ Les ligues étolienne et achéenneChapitre 40 sur 50 · U., XXVI · texte numérisé non relu

U., XXVI

(7) Polybe, XX, 11.

romains , les apoclètes intriguaient dans toute la Grèce et cherchaient des alliés contre Rome (1).

Il semble même que les Etoliens aient envoyé auprès de leurs alliés, en temps de guerre, une délégation spéciale d'apoclètes détachée du comité ordinaire (2), Ils rendaient ainsi les négociations et les opérations d'ensemble plus faciles.

On s'est demandé si ces commissions executives déléguées à l'étranger, auprès d'Antiochus, par exemple , n'étaient pas tout à fait différentes du conseil ordinaire, si elles n'étaient pas nommées en dehors du comité et prises soit dans la Bovli , soit ailleurs (3). Mais le seul exemple que nous connaissions de ce fait est très clair : Polybe ne dit pas que le peuple nomma, pour siéger avec Antiochus , trente apoclètes , mais trente « des apoclètes » « Tptaxovxa twv aTroxXviTwv. » Au reste , il n'était pas étonnant que le roi de Syrie, élu par les Etoliens arpar^yo; aCToxpariop, présidât un comité partiel d'apoclètes ; c'était précisément sa principale fonction.

Nous ne connaissons qu'un hipparque étolien nommé dans les textes : c'est Diociès , qui fut investi de cette fonction en 192 (4). L'hipparque était probablement le lieutenant du stratège à l'armée, comme le Syi.aoatoç ypai^^FtaTeù; au congrès. Le titre d'hipparque pouvait d'ailleurs avoir une importance particulière en Etoile, où la cavalerie était la meilleure portion et la force principale de l'armée.

Un texte épigraphique mentionne, d'une manière incomplète, un trésorier de la ligue : il est désigné par les mots : 6 xaiAtaç tS;

XOi... (5).

Les Etoliens avaient recours de temps et autre à une magistrature extraordinaire," celle des nomographes (6). Quand une loi importante avait été votée, il fallait, pour qu'elle fût définitivement admise dans la constitution fédérale , que des ^o^ô^^ta^oi ,

(1) Tite-Live, XXXV, 34, 2, 3.

{'.') Polybe, XX, 1. Tite-Live, XXXV, 45, 9; 46, 1.

(3) Brandstjiter et M, Bazin pensent que le conseil qui reçoit Antiochus est le comité même des apoclètes de la ligue. Vischer incline à conclure que le collège des apoclètes était resté intact en Etolie , et qu'on avait seulement formé, pour la circonstance, une délégation exceptionnelle. Vischer, déjà cité, p. 374, n. 2.

(4) Tite-Live, XXXV, 34. 9.

(5) Recueil des inscriptions, n" III, L. 3.

(6) Polybe, XIII, l, 2, 3,

spécialement nommés à cet effet , l'y inscrivissent. Tel fut le cas pour la législation sur les dettes de 205, législation dont Dorima* chos et Scopas prirent l'initiative et la responsabilité. Les peuples alliés semblent avoir attaché une importance spéciale à l'inscription dans les archives, par les vojjLoypacpoi , de leur loi d'alliance. C'est ce qui est formellement stipulée dans la convention de Téos avec la ligue ; les rédacteurs devront insérer au recueil officiel le décret de l'assemblée étolienne, dès les premières nomographies

« eTret xa aï voixoypacpiat yivcovrai (1). «

Les nomographes étaient, comme on le voit, des magistrats extraordinaires, chargés de mettre au courant le recueil des lois étoliennes , et d'inscrire aux archives les décrets qui modifiaient soit la constitution intérieure de la ligue, soit ses relations avec l'étranger.

Deux nomographes étoliens sont seuls connus jusqu'ici ; Dorimachos et Scopas (2). Nous ne savons pas quelle était la durée de ces magistratures extraordinaires , ni leur rapport avec les autres pouvoirs fédéraux. Toutefois, les vojxo'ypacpot , étant des rédacteurs de lois, mais quelquefois aussi des législateurs, il est probable que leur nomination entraînait pour les magistrats, stratège, secrétaire et apoclètes, un changement temporaire d'attributions.

Aucun fait ne nous a révélé, dans l'organisation des assemblées ou des magistratures étoliennes, un état exceptionnel. La ligue étolienne avait exactement , comme la ligue achéenne , ses congrès ordinaires, ses réunions extraordinaires, sa BouXrj représentative , son stratège , son collège exécutif de magistrats , les apoclètes dont les fonctions offrent tant d'analogie avec celles des démiurges. Il ne semble pas que des révolutions d'un effet durable aient souvent modifié en Etolie l'exercice du pouvoir. Gomme en Achaïe , la forme de gouvernement restait la même entre les mains de tous les chefs de parti ; et , en réalité, chaque parti restait peu de temps maître de l'Etat. La liste des stratèges donnée plus haut en fait foi ; Alexandre de Galydon , l'adversaire de Dorimachos et Scopas , fut quatre fois stratège à intervalles assez éloignés ; nous voyons sur le même tableau Thoas, qui avait appelé Autiochus et Lyciscos, le chef de la faction romaine , se succéder à courte distance. L'influence personnelle comptait aussi dans ces élections, et non seulement l'esprit de parti.

Reste à savoir si l'examen des rapports des membres de la

(1) Recueil des inscriptions, n» VI, L. 17.

(2) Polybe, XIII, 1, 2, 3.

ligue avec le pouvoir central ne fera pas ressortir, entre la fédération étolienne et les autres fédérations grecques de la même époque, un contraste absolu, une différence essentielle.

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