CHAPITRE III
condition des membres de la ligue. le pouvoir central et l'indépendance locale.
M. Freeman affirme que la distinction fondamentale qui sépare la confédération étolienne de celle des Achéens ressort de la conformation géographique de chaque pays. Suivant cet historien, l'union étolienne n'aurait jamais constitué qu'une association de cantons , Bauernhund. Cette forme de fédération aurait été seule possible dans une région coupée de hautes montagnes qui rendaient les communications très difficiles. Au contraire , en Achaïe, une alliance de villes se serait formée tout naturellement (1).
Nous ferons remarquer d'abord qu'il n'y a pas une différence géographique si tranchée entre les deux territoires. Le sol étolien, j'entends les pays régis et occupés par la ligue , comprenait des plaines et des vallées en Acarnanie , en Béotie , en Achaïe Phthiotide ; et d'autre part , l'Arcadie , qui faisait la force de la ligue achéenne beaucoup plus que les petites villes d'Achaïe proprement dite , est tout aussi coupée de montagnes et difficile d'accès que l'EtoUe.
Les Etoliens appliquaient-ils du moins aux villes faisant partie de la ligue un régime particulièrement rigoureux , comme on l'a insinué souvent (2) ? Les cités qui les avaient appelés ne pre-
(1) Freeman, déjà cité, p. 326, 332, 333, 343. Il n'est vraiment pas permis d'appliquer aux Etoliens de toutes les époques ce que Thucydide rapporte d'eux à la date de 426 : « oixoùv ôè xaxà xw[xa? àtsixiCTToy; , xac tauTa; Ôtà TtoX- Xoù, » III, 94. M. Freeman en tire pourtant un argument très général.
(2) Je crois que M. Fustel de Coulanges lui-même a légèrement exagéré la vérité dans ce sens : « Les Etoliens étaient plus impérieux encore, et les villes se livraient à eux avec moins de réserve; Les cités achéennes étaient du moins égales entre elles , et toutes prenaient part aux assemblées générales de la
naient-elles vraiment aucune part à la direction des affaires communes? Tout était-il débattu et décidé entre les seuls Etoliens? La présence, plusieurs fois constatée, d'un stratège et d'une garnison dans les places soumises à l'union prouve-t-elle une dépendance absolue?
Les faits trop rares qui montrent en quels rapports vivaient les membres de la ligue avec le pouvoir fédéral semblent prouver au contraire que les Etoliens ont procédé à cet égard à peu près comme les Achéens; les analogies entre les deux gouvernements sont encore ici nombreuses et frappantes.
D'abord, l'admission d'une ville à l'union étolienne était prononcée dans les circonstances les plus diverses , comme chez les Achéens. Une cité entrait dans la confédération, tantôt de son plein gré (1), tantôt après une guerre (2). Le même spectacle se présenta souvent, on le sait, au cours de l'histoire achéenne. On a essayé de déterminer le sens exact des expressions qui marquent la relation établie entre la confédération et le confédéré , (juvTeXtxov, TïoXtç (Ti»vTaTTOjj.£v/i (3), 7ro)aç (7U|X7ro)aTeuou.£vy) , duixjxajroi , etc..
sans y réussir (4) : et ce n'est pas étonnant. 11 y avait toutes sortes de distinctions, dans le régime des villes de la ligue, que ne pouvaient point marquer ces expressions. En effet, chaque ville , en entrant dans l'union, recevait, après un accord, sa loi détaillée qui réglait à la fois les conditions de son admission et celles de sa vie politique nouvelle. Ainsi, quand les deux villes thessalien-
ligue. C'était encore une confédération chez les Achéens; chez les Etoliens, c'était une domination Tout se débattait et se décidait entre les seuls Etoliens. Bien plus, toute ville agrégée à la ligue en recevait un gouverneur pour l'administrer, et souvent une garnison. » Ibid., p. 37.
Au livre IV de Polybe (25,7), les Achéens, voulant détacher des Etoliens leurs confédérés, proclament que « quiconque se joindra à la ligue achéenne n'aura ni tribut à payer, ni garnison à recevoir. » Mais une proclamation intéressée de ce genre ne prouve pas plus contre les Etoliens qu'en faveur des Achéens. Polybe, IV, 25, 7.
(1) Tite-Live, XXXVIIl, 3, 9 (Ambracie) ; XXXVIII, 3, 3 (l'Amphilochie) ; XXXI, 41, 5 (la Malide).
(2) Polybe, XX, 5, 2 (ligue béotienne); II, 2, G (Médéon) ; IV, 25, 7.
(3) Vischer, ibid., p. 373, n. 2, comprend ayvTeXeïv el; xà A.Itw),ix6v dans le sens de « être sujet ». Freeman (p. 350-351) est plus près de la vraisemblance quand il imagine toute une série de relations variables entre la ligue et les confédérés (confédérés, alliés, sujets, protégés..., etc). Il est vrai que le même historien affirme ailleurs que les Etoliens pouvaient comprendre seulement deux termes : égalité complète ou sujétion absolue, p. 343. Il faudrait choisir.
(4) La synonymie des deux termes est complète dans un texte de Polybe , XVII, 3, 12.
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nés, Melitaea et Perœa, se séparent, du consentement desEtoliens, sans cesser de faire partie de l'union , Perœa stipule et fait admettre qu'elle aura à l'avenir la même loi que Melitœa (1); le décret règle dans le plus grand détail sa condition nouvelle.
En outre, les citoyens des villes agrégées à la ligue devenaient par ce fait même citoyens étoliens. L'homme libre , vivant sur le territoire fédéral , était d'abord Etolien, puis en second lieu citoyen de la ville où il demeurait. La preuve en est que , si une cité de la confédération veut conférer son droit de cité aux habitants d'une ville étrangère , il faut que les habitants de cette ville deviennent d'abord, par décret fédéral, citoyens étoliens (2). Des documents épigraphiques attestent ce fait : les Géiens, voulant conclure un traité d'alliance et d'amitié avec Naupacte, proclament par décret les droits qu'ils accordent aux Naupactiens , et entre autres le droit de cité ; un seul décret consacre l'attribution de ces privilèges. Mais quand les Naupactiens paient leurs alliés de retour, deux décrets sont nécessaires à la validité de leur acte : l'un donnant aux Géiens le titre de citoyens étoliens et émanant du congrès; l'autre , rédigé par la ville de Naupacte, et proclamant les gens de Géos citoyens naupactiens. De même qu'en Achaïe , on est à la fois citoyen d'une ville et de la ligue, mais de la ligue d'abord.
Les Etoliens avaient aussi coutume d'attribuer un droit de cité personnel aux habitants des villes de la ligue prises par l'ennemi, lorsqu'ils se réfugiaient sur le territoire fédéral (3). En 199, ce droit fut conféré à des Etoliens de Thyrios en Acarnanie , domiciliés à Ambracie , et aux habitants de Phères en Thessalie , qui avaient élu domicile à Strates (4). Il ne semble pas qu'ils soient devenus citoyens de la ville où ils se sont établis, mais qu'ils forment dans cette ville une communauté distincte.
Un puissant moyen d'influence de la ligue consistait à répandre le droit de cité étolien dans des villes situées hors du territoire fédéral , et d'y former ainsi des colonies de protégés tout dévoués à ses intérêts : c'est là une marque d'habileté et d'esprit politique, qualités qu'on reconnaît assez peu d'ordinaire à la nation étolienne. Les Romains comprirent bien tout le danger de
(1) Recueil des inscriptions, n» VIII, L. 29, 30.
(2) Cf. Recueil des inscriptions , n" V, & 1 , 2 et 3 ; nous en donnons ici l'analyse.
(3) Tite-Live, XXVIII, 7, 12. Les habitants de Thèbes de Phthiotide se réfugient en Etolie.
(4) Polybe, XVII, 10, 9.
cet instrument de propagande; après leur victoire sur les Etoliens, ils exigèrent de la ligue une renonciation complète à ce privilège. « Les Etoliens s'engageraient à ne plus admettre aucun » citoyen des villes amies ou sujettes de Rome depuis l'an- 7> née 196 (1). »
A toutes les villes admises dans l'union, la ligue devait protection (2). En échange , ces villes devaient donner des gages au pouvoir central et contribuer selon leurs ressources à la prospérité de l'association.
La première et plus fréquente obligation imposée aux membres de la ligue était de dater leurs actes publics par l'indication du stratège étolien (3) : cependant il y a des exceptions à ce fait. Ce n'en est pas moins le signe officiel de l'admission (4).
Il est probable que chaque ville était tenue de fournir son contingent à l'armée étolienne ; pourtant, le fait n'est pas prouvé (5). Au moins savons-nous que les contributions d'argent versées au trésor fédéral étaient proportionnelles à la population de chaque état , c'est-à-dire évaluées d'après le nombre des représentants qu'il envoyait à la BouXv] (6).
Des magistrats étaient chargés, dans chaque cité, d'entretenir des relations administratives avec le stratège et le conseil, de recevoir leurs instructions , et de veiller à ce qu'elles fussent exécutées. Ces magistrats portent le titre général de apj^ovxeç xwv TroXéojv (7) (ap/ovT£; xaxà toXeiç chez les Achéeus) : leur nom officiel était souvent (TTpaTYiYoi (8). Nous ne voyons, dans la présence de ces magistrats chez les confédérés, rien qui prouve la tyrannie du pouvoir central : les Achéens n'agissaient point autrement, et toutes les
(1) « TOUTwv Se Tôiv TToXewv xaî twv èv TauTaç \iri8évoL TtpoffXaêéTWffav oî Aîtm-
Xoi. » Polybe, XXII, 15, 13.
(2) Pausanias, X, 21, 1.
(3) Recueil des inscriptions, n" IX, L. 1, 2.
(4) Lebas, Inscr. thessal. 1143, 1179. Bœckh., C. I. G., 2350. Bull, de cm. hellén., t. V, p. 423, n° 36.
(5) Le fait est prouvé pour l'Elide ; mais les Eléens jouissaient, dans la ligue, d'une liberté particulière; ils semblent alliés des Etoliens, presque indépendants ; si on réunit les contingents chez eux , c'est peut-être en vertu d'une convention passagère. Polybe, V, 3, 1.
(6) Recueil des inscriptions, n" VIII, L. 19 à 21.
(7) Recueil des inscriptions, n" III, L. 24, 25.
(8) A Lysimacheia : Polybe, XVII, 3, 11. Cios : Polybe, XV, 23, 9. On trouve le titre de AkwUpxvic dans Phlégon de Tralles. Cf. Gronovius, Thess., VIII, p. 27Ô0, ch. u : « IloXyxptxoç è^EipoToviiOy) uTtà toù 5y)|JLoy AÎTto),àpxr/ç. » A Naupacte, « çpoupàç YiyetJiQveç. » Pausanias, VI, 10, 2.
CONSTITUTION DK LA Lir.UR KTOMENNE. 209
confédérations ont eu le choit el l'haiîitude de s'assurer contre les tentatives de sécession.
D'ailleurs, nous constatons par de nombreux témoignages que les membres de la ligue étolienno conservaient une ]x)nne p&rt d'indépendance.
Ils avaient des monnaies autonomes (1); les monnaies rra,|)pées à l'elTigie d'Apollon et de Pallas, et portant au revers une image symbolique de l'Etolie, ou du sanglier de Galydon , sont propres aux villes de l'ancien territoire national (2).
Chaque Etat devait avoir ses assemblées locales : dans ces assemblées il fallait nommer les représentants à la BouÀ-/i fédérale , discuter par avance les principales questions qu'on traiterait au congrès de Thermos, afin que le représentant soutînt à la grande assemblée l'opinion de ses concitoyens. C'est aussi dans les réunions des villes qu'on appréciait les motifs pour lesquels les apoclètes convoquaient une assemblée extraordinaire; quelquefois, nous l'avons dit, quand ces motifs paraissaient insuffisants, on hésitait à obéir à la convocation (3). Enfin les assemblées locales procédaient à l'élection des magistrats des villes. L'Elide , alliée aux Etoliens, avait conservé ses stratèges, bien qu'elle empruntât quelquefois des généraux à la ligue (4). Les Messéniens se gouvernaient librement; leurs éphores avaient une puissance très étendue (5), et leurs auvapx.iat étaient des tribunaux souverains (6).
Mais nous ne voudrions pas nous en tenir à ces exemples ; les
(1) M. Warren (An essay on Greek fédéral coinage, p. 1) dit que la numismatique montre l'importance relative des gouvernements fédéraux de la Grèce. Selon lui , on voit que la ligue achéenne est une ligue parfaite parce qu'elle a de belles et nombreuses monnaies ; la ligue étolienne aurait été, au contraire, très imparfaitement organisée, puisque ses monnaies sont moins variées et d'un art moins remarquable. Il nous semble que ces faits prouvent simplement une différence d'état social de civilisation et d'art monétaire.. Encore ne savonsnous pas si des recherches postérieures n'amèneront pas la découverte d'un grand nombre de monnaies étoliennes fédérales. Les régions qui ont fait partie de la ligue étolienne ont été beaucoup moins explorées que le Péloponnèse.
(2) Par exemple Millingen, Rec. de méd. grecq., p. 40 et suiv. Leake, Numismat. /(e!i(!n. ; Europ-Greece, p. G et 7, et Kôniglichen Munz Kabinet, les n°' 190 et suiv.
(3) Polybe, XX, 10, 13. 14. 15.
(4) M., V, 91, 3; V, 94, 2, stratège demandé par les Eléens (217); V, 30, 2, les Etoliens leur envoient 1,300 hommes sur 3,000 qui forment l'armée.
(5) Polybe, IV, 4, 3.
(6) Les éphores messéniens veulent citer Dorimachos , Etolien , devant les cuvapx'a' Je Messénie. Les Eléens n'avaient que le droit de saisir les stratèges et de les envoyer en Etolie, où ils seraient jugés. Voilà une différence entre deux membres très libres de la ligue. Polybe, IV, 4, 2 ; IV, 86, 3.
Eléens et les Messéniens occupaient peut-être dans la confédération une place privilégiée : leur éloignement les aurait mis à l'abri de la répression , en sorte que les Etoliens avaient tout intérêt à se inontrer modérés à leur égard.
Mais des villes soumises plus directement à l'action de la ligue conservaient aussi leurs libertés municipales et leurs magistrats locaux : Naupacte avait toujours ses théores et Lamia son stratège, son hipparque et ses trois archontes (1). Mélitsea et Persea avaient leurs caisses particulières et payaient de leurs deniers leurs agoranomes chargés de rendre la justice, tous les autres magistrats autonomes et le héraut. Le budget municipal de ces deux villes nous a été conservé dans une inscription (2) ; le voici :
Pour les magistrats : 3 mines d'argent ;
Pour le héraut : 10 statères ;
Pour les gymnases : 10 statères;
Contribution fédérale pour les Sotéria : 5 statères.
Les cités comprises dans la ligue avaient la liberté de contracter des emprunts (3) : le pouvoir central n'exerçait qu'un contrôle sur leur administration financière (4).
Les villes semblent avoir eu la souveraineté sur leurs territoires : la ligue n'intervenait que pour régler les contestations qui s'élevaient entre plusieurs membres, et déterminait le droit et les frontières de chacun (5).
Ainsi les Etoliens ne furent pas des maîtres plus impérieux que les Achéens pour les Etats qui se groupèrent autour d'eux. Leur pouvoir fédéral n'était pas despotique ; au moins les faits connus jusqu'ici ne l'indiquent pas. Les cités faisant partie de la ligue avaient leur part d'influence dans le gouvernement commun et leur liberté d'administration locale. L'examen de la constitution étolienne nous a mis en présence d'un régime fédéral assez semblable à tous ceux qu'a connus la Grèce dans ses deux derniers siècles d'indépendance relative : le pouvoir souverain est représenté par un collège de magistrats agissant au nom de l'assemblée populaire rarement réunie, et de la BouXv] représentative. Les villes qui entrent dans la ligue reçoivent des magistrats fédéraux
(1) Lebas, Jnscr. thessal, n°' 1143, 1179. Bœckh., n" 2350.
(2) Recueil des inscriptions, n" VIII, L. 15 à 30.
(3) Ibid., h. '?1 à 24.
(4) Recueil des inscriptions, L. 26 à 32. De même pour l'administration de la justice, agoranoines de Mélitaea, ibid., L. 30 à 34.
(5) Recueil des Inscriptions. C'est précisément le sujet du texte épigraphique transcrit au n° VIII. ^
chargés de veiller à ce que chacun s'acquitte des obligations envers la communauté , investis d'une simple fonction de surveillance de l'administration locale. D'ailleurs, la condition de chaque ville , de chaque Etat , est déterminée par une loi spéciale rédigée à la suite d'un accord entre les deux parties. Bref, le pouvoir central prend les précautions nécessaires au maintien de l'union , sans supprimer cependant l'indépendance des Etats qui la composent.
On peut objecter que la ligue étolienne a dû beaucoup plus que l'Achaïe son extension à la force des armes ; que l'Acarnanie , une partie de la Locride, la Béotie, la Phthiotide, quelqnes villes de Thessalie ont été rattachées à la confédération par la conquête ; que tous ces Etats étaient donc soumis à un gouvernement plus dur et plus tyrannique. Cela est peu probable. En effet, il ne faut pas appliquer nos idées modernes à l'appréciation de ces temps , ni croire que l'assimilation du vaincu au vainqueur ait été une condition nécessaire pour que celui-ci pût accorder l'égalité à ses nouveaux administrés. D'abord , vainqueurs et vaincus étaient Grecs et sentaient alors mieux que jamais la valeur de ce titre commun. Et puis le vainqueur n'avait point à s'occuper de gagner la faveur des villes soumises ; il lui suffisait de favoriser dans chacune d'elles un parti qui prenait la haute main et expulsait les opposants. Quiconque était mécontent du nouvel état de choses quittait la cité. Les exilés pensaient beaucoup moins à accuser les Etoliens envahisseurs que le parti auquel ils devaient la domination. En un mot, l'opposition n'était pas apaisée ni soumise par le temps, mais , tout simplement supprimée par l'exil : et dans ce temps de perpétuelles discordes, le vainqueur étranger n'était point l'obligé , mais le bienfaiteur du parti qui l'avait appelé. Au reste, il ne seihble pas, nous l'avons vu, que les Etoliens aient favorisé d'une manière constante une faction plutôt que l'autre ; mais les dissensions servaient leur politique. Dès lors ils avaient tout intérêt à traiter généreusement leurs partisans , maîtres de la ville conquise, qui devenaient, sans scrupule et par reconnaissance, des citoyens dévoués de la confédération.
En avouant que les institutions de la ligue étolienne nous sont beaucoup moins connues que celles des Achéens , nous constaterons pourtant qu'il existe une remarquable ressemblance entre les deux constitutions fédérales. En Etoile comme' dans le Péloponnèse, le pouvoir souverain appartient à un conseil fédéral de
représentants ; le soin d'exécuter les décisions de ce conseil et de gouverner l'union en son absence est confié à un comité peu nombreux , composé de part et d'autre de manière à assurer la promptitude et le secret des délibérations. Les magistrats sont puissants dans les deux ligues. Enfin le pouvoir central semble s'être efforcé également, chez l'un et l'autre peuple, de concilier le maintien de l'union avec le respect de la liberté des villes confédérées.
En tout cas, rien n'autorise à conclure que la constitution étolienne ait été démagogique et la constitution achéenne aristocratique. Ici encore il n'existe point de contraste frappant, d'opposition marquée entre les deux ligues.