M., XXVII
(9) Polybe, X, 41, l et 2.
(10) Tite-Live, XXVIII, 5, 5.
(11) Ici., XXIX, 12, l.
liens, les Phocidiens et les Locriens, constitués à part et passant de l'alliance fédérale au protectorat macédonien (1). Le territoire étolien semble réduit à l'Etolie proprement dite, à l'Etolie Epictétos, à la Dolopie et à l'Amphilochie ; il faut y ajouter l'île de Géphallénie et peut-être quelques régions de la Locride Ozolienne et du territoire d'Ambracie.
La paix même n'arrêta pas les coups de Philippe qui, profitant des embarras de Rome , reformait à son bénéfice l'empire maritime des Ptolémées. En 204, les Etoliens perdent Lysimachia et Céos, qui deviennent, sur l'Hellespont et dans la mer Egée, des postes macédoniens; on peut supposer que Téos leur échappa vers la même époque (2).
La seconde guerre de Macédoine (200), pendant laquelle ils furent pour Rome de si utiles alliés, ne leur rapportera point d'accroissement véritable. A l'entrevue de Nicsea, en 199, Philippe leur offre Pharsale et Larissa en échange de leur neutralité (3) ; sur leur refus, il envahit la Dolopie et met le siège devant Thaumakos, sur la frontière d'Achaïe Phthiotide (4). La position était difficile , car le roi de Macédoine avait aussi des armées en Locride et en Phocide ; le territoire étolien était menacé au Nord et à l'Est. Fort heureusement, Titus Quinctius, chargé du commandement de l'armée romaine, somme, avant toute opération, Philippe d'évacuer sur-le-champ ces deux provinces (5). Les Etoliens enhardis entreprennent alors au Sud une nouvelle conquête de la Thessalie, pendant que leurs alliés envahissent la Thessalie du Nord (6). Leur campagne de 198 n'aboutit qu'à la prise de quelques petites places très voisines de la Dolopie. Mais en 197 la victoire de Gynoscéphales, à laquelle ils contribuent par d'heureuses manœuvres de cavalerie , affaiblit pour quelque temps leur ennemi.
Toutefois , Rome prétend tirer seule parti de cet avantage ; Titus Quinctius prend tout à coup dans les négociations le rôle d'arbitre entre les Etoliens et Philippe (7). Dès l'entrevue de Tempe, qui suit de près la victoire, le roi de Macédoine consent
(1) Tite-Live, XXIX, 12, 14.
(2) Polybe, XV, 23, 8; XVII, 2, 6.
(3) Id., XVII, 8, 9.
(4) Tite-Live, XXXII, 4, 2.
(5) Polybe, XVII, 10. 4.
(6) Tite-Live, XXXII, 13.
(7) ■< Oùx èêoO),£TO , 4>îXt7ntov èxêaXtov èx x^; àp/rj; , AlxcoXo-jç xaxaXntsïv èeauôxa: xtôv 'E).>r|vwv. » Polybe, XVIII, 17, 1 ; Tite-Live, XXIII, 11, 10.
à restitiiei- à la ligue Phai-sale , Larissa Grémastô, Echiiios et Thèbes de Phthiotide; mais le Romain objecte tout à coup à Pha^neas que ces villes sont désormais hors de cause , puisqu'elles se sont volontairement soumises à Rome (I). Dans une seconde entrevue, à Nicsea, les mêmes réclamations se produisent; Philippe, sentant bien que ses vainqueurs ne souhaitent pas l'extension de la ligue, n'offre plus que Pliarsale et Larissa, mais refuse Thèbes : et la question reste pendante en 196 au mement où la paix est conclue entre Rome et Philippe.
Restait à obtenir quelques concessions des dix commissaires envoyés par le sénat. Les Etoliens demandent Pharsale et Leucade; les commissaires leur répondent de se pourvoir à Rome même (2). Puis ils procèdent avec une prodigieuse habileté à la dislocation de la Grèce du Nord. Il faut bien feindre de faire quelque donation pour récompenser les alliés; aussi les commissaires font-ils rentrer dans la ligue la Locride et la Phocide (3). Mais au nord, craignant que Philippe ne suffise pas à contenir les Etoliens , ils affranchissent les Magnétos, les Perrheebes et les Dolopes (ces derniers avaient été longtemps compris dans la confédération) (4). Enfin, lesThessaliens furent non seulement affranchis en vertu du décret de Gorinthe, mais gratifiés des territoires litigieux de l'Achaïe Phthiotide, sauf Thèbes et Pharsale (5). Remarquons que les Phocidiens et les Locriens ne rentraient pas dans la ligue aux mêmes conditions qu'autrefois : le décret de Gorinthe les proclamait libres (6) ; Polybe les nomme. Le texte de Tite-Live nous indique plus explicitement un changement de condition. Si Rome agrandissait légèrement l'Etolie , elle favorisait à l'intérieur l'indépendance et les révoltes. Tout le profit de Gynoscéphales était pour les Romains et pour la ligue achéenne, qui avait su à temps renoncer à l'amitié de Philippe et se mettre dans l'alliance du plus fort.
Les Etoliens étaient dès lors forcés de se jeter tôt ou tard dans une guerre contre Rome. Le sénat continuait à les jouer, et les renvoyait en 195 à Titus Quinctius, tout comme celui-ci s'était jadis débarrassé d'eux en les renvoyant au sénat (7). On comprend
(1) Tite-Live, XXXIII, 13, 5, 7.
(2) Polybe, XVIII, 30, 7, 8.