M., XVIII
(4) Tite-Live, XXXIII, 34, 7
(5) Polybe, XVIII, 30, 6, 7, 8.
(6) Tite-Live, XXXIII, 32, 5.
(7) Id., XXXIII, 49, 8.
que les Etoliens aient saisi avec empressement l'occasion d'échapper à cette ser\dtude en s'alliant au roi Antiochus : ce prince qui avait profité de la guerre entre Philippe et les Romains pour pousser ses conquêtes en Asie Mineure, offrit à la ligue de lui rendre la suprématie en Grèce. Gomment refuser cette offre? La confédération rivale du Péloponnèse venait de renverser le tyran Nabis, et de réunir Sparte à son territoire (192)..Phœneas , qui conseillait la neutralité , ne fut pas écouté ; la multitude , entraînée par Thoas , décida qu'on appellerait Antiochus en Grèce (1).
La guerre fut désastreuse pour la ligue. La rapide occupation du poste de Démétriade (2), l'invasion soudaine de la Thessalie et de la Perrhœbie ne furent que des succès passagers (3). En 191 , au bout d'une campagne , Manius Acilius a poussé l'armée étolienne jusqu'à Hôraclea, dont il s'empare (4). Pendant ce temps, Philippe prenait Lamia et réduisait la Thessalie , le pays des Magnètes ; Lamia et Démétriade se rendaient aux Macédoniens (5). Après quelques négociations inutiles , Amphissa (6) et Naupacte succombaient à leur tour (190). En 189, la médiation des Rhodiens et des Athéniens (7) fit obtenir à l'Etolie la paix , mais à des conditions désastreuses. Cette paix consacre en réalité le démembrement du territoire de la ligue.
L — La première clause, que les négociateurs etoliens avaient acceptée d'abord sans en bien comprendre le sens , leur imposait de « reconnaître la suprématie du peuple romain. » Ils seraient désormais les alliés de Rome en cas de guerre offensive ou défensive (8).
IL — Sont détachées définitivement de la ligue étolienne : 1° les villes prises par les Romains depuis l'arrivée de Titus
(1) Polybe, XX, 3, 4; III, 7, 3. Polybe montre que les Etoliens , en s'alliant à Antiochus, appelèrent tous les Grecs à la liberté. Tite-Live, XXXV, 44, 6.
(2) Tite-Live, XXXV, 34, 12.
(3) Id., XXXVI, 10, 5.
(4) Polybe, XX, 9, 1 ; Tite-Live, XXXVI, 27, 1.
(5) Tite-Live, XXXIX, 23, 9. 10, 12.
(6) Polybe, XXI, 2, 1 ; Tite-Live, XXXVII. 5, 4.
(7) Polybe, XXII, 8, 10 ; XXI, 2. Polybe, bien que mal disposé et généralement injuste pour les Etoliens, comprend bien que si, après l'abaissement de la Macédoine, on laisse aussi écraser la ligue étolienne , la Grèce tombera immédiatement aux mains de Rome. C'est la raison qui détermine les Athéniens et les Rhodiens à intervenir.
(8) Polybe, XXII, 15, 4.
Quiiictius on Grèce ; 2° les villes admises dans l'amitié du peuple romain (1).
Cet article du traité de paix est très clair : d'abord la Locride et la Phocide deviennent indépendantes , puisqu'elles ont été occupées par les légions au cours de la dernière campagne.
II est plus difficile de déterminer (juelles sont les « villes admises dans l'amitié du peuple romain sur leur demande (2). « Il est probable pourtant que ce terme désigne les cités comprises dans la proclamation de liberté de Corinthe, et plus particulièrement les cités tliessaliennes reformant un xoivov auquel on avait ajouté l'Achaïe Phthiotide (3). C'est ce qui paraît, à ce moment, le plus conforme à l'esprit de la politique romaine, dont le but était, d'un côté, de diviser la Grèce autant que possible, d'un autre côté d'opposer aux Etoliens et à Philippe un Etat thessalien capable de résistance.
III. — L'Amphilochie et Ambracie, avec son territoire, devenaient des communautés indépendantes (4).
IV. — yEniadœ, avec son territoire, était restituée aux Acarnaniens (5).
V. — La ligue achéenne recevait de Rome, comme récompense de sa coopération , la ville de Pleuron ; c'est sans doute en vertu du même traité qu'elle acquit Héracleia, d'où elle pouvait surveiller l'Etolie et fermer aux Macédoniens l'accès de la Grèce centrale (6). Il n'est pas inutile de remarquer que ces importantes acquisitions coïncidaient, avec l'annexion de l'Elide et de la Messénie à l'union achéenne (7). Les Etoliens , réduits au Nord à une partie de l'Etolie , étaient expulsés du Péloponnèse ; au contraire, les Achéens, maîtres de toute la Péninsule, occupaient de fortes positions au nord du golfe. Home les a choisis pour dominer en son nom chez les Grecs ; désormais la ligue étolienne n'existe plus que de nom.
(1) Polybe, XXII, 13. 4.
(2)Id., XXII, 13, 4.
(3) Les Dolopes avaient été déclarés libres , et détachés de la Macédoine en 196 ; de plus , la région sud-est , celle des Œnianes , avait été envahie dans la dernière campagne par l'armée romaine. Mais comme , dans les années qui suivirent la paix de 189, les Etoliens se plaignent au sénat des incursions de Philippe en Dolopie (Tite-Live, XXXVI, 34, 9) , il faut admettre que Rome leur avait laissé une partie de ce pays.
(4) Polybe, XXII, 13, 9 et 13.
(5) Tite-Live, XXXVIII, 11, 9. Polybe, XXII, 15, 14. (6; Pausanias, VII, II, 13; 14, 1.
(7) Depuis l'année 191.
44 LES LIGUES ÉTOLIENNE ET ACHÉEiNNE.
VI. — Céphallénie ne sera point comprise dans le traité (1). En effet , aussitôt que les Etoliens ont définitivemei]t accepté les conditions de Rome, les légions sont transportées à Céphallénie et l'occupent après une longue résistance. La ligue étolieniie avait perdu sa dernière possession maritime.
Enfin , le traité imposé à Antiochus stipulera la remise, au général romain, de Thoas et de tous les officiers étoIiens qui auront servi dans l'armée du roi (2).
Après le traité de 189, la ligue Etolienne ne compte plus en Grèce : à l'extérieur, une multitude d'ennemis l'entourent; à l'intérieur, la lutte entre les riches et les pauvres éclate avec plus de violence que jamais (3). Jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaine, ce ne ne sont plus que discordes intestines ; on discute la question de l'alliance macédonienne ou romaine, à l'époque de Persée , comme s'il restait encore quelque force pour soutenir l'une ou l'autre. Cette discussion amène le massacre de cinq cent cinquante des principaux Etoliens entourés par les soldats de Biebius (4). En 168, deux envoyés de la nation félicitent, après Pydna , le vainqueur de la Macédoine (5). Eu réalité, l'histoire de l'Etolic était bien terminée depuis vingt ans.
(1) Titc-Live, XXXVIII, 11. 9; Polybe, XXII, 13, b cl U ; 15, li. {■2) Polybe, XXII. 2(5, II.
(3) Polybe écrit à la date île 171 : « xà ôè xarà t/)v AiT(i)),iav èv vTto'^iat; y)v Tipô; àXXyjXou; xat xapayaiç ôXoayepéiiv, » XXVIII, 4, li. (i) Tite-Live, XLV,'28, 7; Polybe, XXX, 14, 1-6. (5) Polybe, XXX. 10, 4.