La nouvelle i lole. Gaulois
» A elle, comme c'est son droit, la direction matérielle, la direction intellectuelle et la direction morale; aux prêtres, aux hommes d'État, aux philosophes, aux moralistes et aux hommes de lettres, toutes les autres directions qui pourront se trouver au fond du coffre. Il est juste de faire des partages bien proportionnés.
» ... Voilà ce que j'appelle une répartition bien faite. Elle est claire, précise et complète. C'est une répartition scientifique. Il y en a une comme cela dans La Fontaine entre le lion, la génisse, la chèvre et la brebis. Elle sert de type à toutes les répartitions où un seul a la parole et parle avec sincérité de ses mérites et de ses droits.
» A cela on n'a rien à dire... >
On ne saurait plus spirituellement indiquer combien il est nécessaire que chaque science précise ses limites et ne cherche pas à les dépasser.
La biologie n'a pas plus de droit que toute autre science à devenir une religion et à se substituer aux anciennes idoles. Elle a le droit de garder son indépendance, mais elle a le devoir de ne demander aucune dévotion vis-à-vis d'elle-même.
C'est pour démontrer cette vérité que ce livre a été écrit. La chose est encore assez discutée pour qu'il reste opportun.
Montpellier, octobre 1902.
Celte Préface était sous presse quand a paru, dans la Revue Scientifique (11 octobre 1902), un très intéressant article (Biolor/ie et morale. Simples réflexions à propos d'un livre récent), dans lequel Gustave Loisel discute avec autant de courtoisie que de talent mon chapitre sur les rapports de la biologie et de la morale et soutient « non seulement qu'on ne peut séparer la morale de la biologie, mais encore que la science seule doit être le point de départ de la morale ».