III. - L'HÉRÉDITÉ, C'EST LA VIE ELLE-MÊME
Quand nous parlons de l'hérédité, nous pensons généralement aune force mystérieuse, coupable de méfaits individuels et sociaux et qui dominerait, comme une sorte de fatalité terrible, la vie des hommes et des animaux.
Mais c'est là une injustice analogue à celle que commettrait un individu qui, héritant d'un million et se trouvant chargé de payer 3oo francs de rente viagère à une vieille domestique, oublierait le million et se plaindrait sans cesse de l'ennui causé par la rente viagère. Chacun de nous peut tenir certaines tares de l'hérédité, mais il ne faut pas oublier que ce sont les hérédités accumulées qui ont fait de nous des hommes et que, si nous devons à nos parents, qui une certaine né>Tose, qui une tendance à l'arthritisme, etc., c'est aussi à eux que nous devons tous nos organes, nos jambes, nos bras, nos yeux, notre cerveau pensant et intelligent.
Je n'ai pas l'intention, dans cette causerie, de faire la balance des utilités et des méfaits de l'hérédité ; je voudrais seulement a'ous entretenir du problème biologique qu'elle pose et, surtout, vous montrer comment il faut envisager ce problème : un œuf, gros comme une tête d'épingle, reproduit un homme ! Yoilà ce qui a si fortement étonné et qui étonne encore si fortement tout être doué de réflexion.
Si nous voulions faire reproduire un homme par un artiste tout-puissant, quels documents devrions-nous lui fournir? Je ne parle pas de la reproduction purement extérieure que réalise un statuaire, mais d'une reproduction absolue, comme celle qu'effectue l'œuf, de la fabrication d'un homme enfin !
faudrait une description totale ; or l'homme est quelque
ose d'extrêmement compliqué et à la fois d'admirable-