I. Lamarckiens et Darwiniens. Paris, F. Âlcan
Le grand mérite de Lamarck a été de comprendre, nous venons de le voir, qu'il ne faut pas isoler les phénomènes vitaux dans la nature, mais, la physique et la chimie étaient encore si peu avancées à son époque, qu'il n'a pu, malgré tout son génie, mettre en évidence les rapports réels de la vie et de la mécanique. Tout ce qu'il a été à même de faire, alors qu'on attribuait à des fluides les manifestations actives de la matière, a été de penser, non seulement que le mouvement des lluidcs vitaux n'était pas essentiellement diflerent de celui des fluides de la nature brute, mais encore que l'activité de l'être vivant n'était, en quelque sorte, qu'une répercussion de l'activité du milieu ambiant ; l'animal n'était pas un producteur d'énergie, mais un transformateur des mouvements venus du dehors. Et cette transformation, dont la nature dépendait de celle de l'individu considéré et qui se traduisait par l'activité propre de cet individu, cette transformation, qui était la vie elle-même, pouvait à son tour transformer 1 individu qui en était le siège (action du milieu sur les organismes, adaptation, transformisme). Voilà ce que Lamarck a compris et nous ne saurions assez l'admirer