‹ Les Limites du connaissableChapitre 8 sur 31 · I. Revue philosophique, octobre et novembre 190a · texte numérisé non relu

I. Revue philosophique, octobre et novembre 190a

de l'avoir compris si nous nous reportions, par la pensée, à l'époque où il a publié la Philosophie zoologique.

Maintenant que les conquêtes du xix' siècle dans tous les ordres de sciences ont renouvelé notre connaissance du monde, il devient utile de se demander quelle place exacte on doit assigner, parmi les phénomènes naturels, à ceux qui sont particuliers aux corps vivants ; et cette étude doit naturellement comprendre deux parties :

D'abord, nous devrons étudier toutes les manifestations de l'activité de la matière, tant brute qu'organisée, sans nous souvenir que nous-mêmes, observateurs, sommes formés d'une matière soumise aux lois générales, et comme si nous étions de ces purs esprits, indépendants du monde, dont le catéchisme enseigne lexistence. Ensuite, ayant établi, par une étude purement objective, les relations qui existent entre les corps organisés et les corps bruts, nous devrons nous demander comment, de ces relations qui existent également entre nous et les autres corps de la nature, résulte pour nous la connaissance des phénomènes du monde extérieur. La conséquence la plus importante de cette dernière étude sera que nous serons renseignés sur la nature des choses connaissables ; c'est en effet du mode de connaissance fourni à l'homme par sa structure que dépend pour lui la possibihté ou l'impossibihté de pousser ses investigations dans telle ou telle voie. C'est la nature de l'homme qui hmite le monde accessible à l'homme. Or, c'est malheureusement vers les régions notoirement inaccessibles à notre connaissance que nous entraîne le plus souvent notre imagination, par un travers d'esprit existant même chez les plus grands hommes, et dont ils sont d'aiUeurs extrêmement fiers. . .

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