BIOGRAPHIE DE LOLA MONTÉS
Elle ne se donne pas comme Première Danseuse mais comme danseuse de Fantasia.
Née à Séville (Espagne) en 1824, de parents aisés j son père au service du gouvernement.
A dix ans, elle suivit la fortune de son père, passa les tropiques ; elle fut dans les Indes, où elle est restée onze années à parcourir les différentes contrées de l'Indouslan, de la Chine et de la Perse, aussi n'est- il pas étonnant de lui entendre parler sept langues dans la plus grande perfection. Le dessin, l'histoire et la géographie lui sont très-familiers. Tel est le fruit de l'éducation qu'elle a reçue au-delà des mers.
Pourtant, n'oublions pas que la danse fut toujours sa passion, et sa précocité excentrique pour les baillies, les reparties pleines d'esprit, surpassa en prodiges les enfants d'un âge plus avancé, ce qui la rendit très-intéressante et attira dans la haute société l'attention des hauts personnages, gouverneurs et radjas de toutes les villes, et principalement du roi du Népaul, duquel elle a reçu, il y a peu de jours, un cadeau précieux.
Son instruction et son éducation sont des plus rares.
Bref, à part son excentricité, qu'on ne peut comparer qu'à
celle des enfants terribles, il y a chez elle bonté, charité et affabilité. Telles sont les qualités avec lesquelles elle est revenue à Londres, à l'âge de seize ans. Ainsi, en 1842, plusieurs lords, à qui elle fut recommandée, la flrent débuter au théâtre de Sa Majesté, et, en 1843, son joli physique et son amour pour la danse l'attiraient à Paris, afin do travailler avec les premiers maîtres de ballet de l'Opéra. Mais dix mois après, la malheureuse affaire Dujarier, que ses efforts ne purent empêcher, la forcèrent de signer un engagement pour la Russie, où elle fut très-bien reçue, au point que cela lui valut, pour l'année suivante, un brillant engagement an théâtre de Munich! L'histoire vous en dira davantage,,.
Dix grands volumes ne suffiraient pas pour faire connaître les excentricités sorties de ce jeune cerveau; mais en 1847, le grand pouvoir dont elle s'était emparée occasionna son départ de la Bavière, et Lola Montés, comtesse de Lansfeld, revint à Londres, oii un grand lord l'épousa. En 1830, les deux caractères n'ayant pu sympathiser, elle est revenue aux rêves de son printemps.
Elle danse par caprice, et cette danse, quoique puisée chez les premiers maîtres de l'Opéra, elle ne se donne en réalité que comme danseuse de fantasia.
Explique qui le voudra (et qui le pourra) ce cerveau brûlant, ce caractère tout excentrique qui l'ont rendue si célèbre. Elle n'est qu'à la moitié de sa course, car elle part en novembre prochain pour l'Amérique, et... Dieu seul sait le reste !...