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étrangère. Ils possèdent, dit-on, une hémolysinme naturelle. D'autre part, comme l’a montré Bordet (40) on peut faire apparaître dans le sang des animaux des propriétés hémolytiques mouvelles, les hémolysines acquises, en injectant à ces animaux des hématies étrangères.
Examinons d’abord les propriétés hémolytiques des sérums normaux. Il faut considérer d’un côté le sérum hémolysant, d’un autre côté les globules hémolysés. Il existe pour les sérums hémolysants une notable différence d'action suivant les espèces animales. C’est ainsi que pour Mayer et Schæffer (41, 42) l’ordre du pouvoir hémolytique des divers sérums est le suivant : cobaye, cheval, bœuf, lapin, pore, chien. Il est à noter que le taux du cholestérol sérique varie à peu de chose près dans le même ordre
0,383 chez le cobaye, 1,182 chez le bœuf, 1,371 chez le chien ; en dehors des mammifères, on trouve pour des sérums (de plus en plus actifs, les taux suivants de €cholestérol: 1,700 chez la poule, 2.411 chez la murène, 6,836 chez l’anguille. Ainsi, chez les animaux vertébrés, le pouvoir hémolysant du sérum est parallèle à la teneur de ce sérum en cholestérol.
Voyons maintenant la résistance des hématies par rapport aux sérums hémolysants : l'interprétation en est plus délicate, parce que l’ordre de résistance des globules rouges des divers animaux varie suivant les sérums. Cependant, d’une façon générale, les globules du chien et du porc sont toujours parmi les plus résistants, ceux du lapin et du cobaye parmi les plus fragiles, quel que soit le sérum employé. Or, d’après Jolly (43), le taux du cholestérol est relativement faible dans les globules et il varie peu; ce qui varie au contraire
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dans les hématies ce sont les acides gras mon volatils et cette variation se fait dans le même ordre que l’ordie de résistance des globules rouges pour les diverses espèces. Par conséquent, dit cet auteur, (le pouvoir hémolytique du sérum, varie comme le taux de cholestérine ; la résistance des globules varie comme le taux d’acides gras, mon volatils. L’augmentation de la cholestérine dans le sérum, la diminution des acides gras dans le globule, augmentent le coefficient lipocytique du complexe sérum-globule et favorisent l’hémolyse ».
En ce qui concerne la question des hémolysines acquises, le rôle des lipoïdes est aussi peu que possible élucidé. Toutefois Mayer et Schæffer (42) étudiant la spécificité des anticorps hémolytiques développés dans l'organisme d’un animal par l'injection de globules rouges d’un autre animal d'espèce étrangère, ont constaté en premier lieu, que cette spécificité n’était pas aussi rigoureuse qu’on J’avait admis tout d’abord. Ainsi un sérum lapin-chien, préparé contre les globules rouges du chien par injection au lapin d’hématies de chien, hémolyse non seulement les globules rouges du chien, mais encore, quoique moins fortement, les globules rouges du cobaye et du cheval, et un peu moins encore ceux du porc et du mouton. Par conséquent, ces auteurs ont été amenés à conclure que, comme pour les hémolysines naturelles, les hémolysines acquises présentent un ordre de puissance qui dépend, non pas du sérum, mais des globules rouges antigènes hémolysés. Faut-il admettre, ici encore, comme pour les hémolysines naturelles que le pouvoir hémolysant du sérum est en relation avec son taux de cholestérol et que celui de la résistance des divers globules rouges l’est avec le taux d’acides gras non volatils ? Cette question n’a pas
été étudiée, et nous ne faisons qu’en indiquer l’intérêt pour comprendre le rôle des lipoïdes dans les phénomènes d’hémolyse.
Jusqu'ici nous n’avons envisagé surtout les phénomènes hémolytiques que dans l’action des substances hémolytiques à l'égard des globules rouges. Il nous reste maintenant à dire un mot des réactions des globules rouges à l'égard des substances hémolysantes. Nous ne reviendrons pas, en étudiant cette question, sur le rôle de la constitution globulaire, et en particulier, sur le facteur lipidique envisagé par Mayer et Schæffer, Nous rappellerons simplement que certains auteurs ont étudié les sensibilités des globules rouges de diverses espèces animales par rapport à divers agents hémolytiques. Or ces sensibilités ne sont nullement parallèles, ce qui prouve évidemment que le mécanisme d'action de ces substances n’est pas univoque. C’est ainsi que Rywosch (44) cité par May (33) «a publié des tableaux où les diverses espèces animales sont classées par ordre de fragilité croissante vis-à-vis de toute une série d'agents hémolytiques et la lecture de ces tableaux montre que l’ordre de sensibilité est très loin d’être le même dans tous les cas ». Aussi May conelut-il, en ce qui concerne la pathologie humaine: (on comprend ainsi que, suivant la nature de la lésion qu’il à subie, un même globule puisse apparaître comme fragile ou comme résistant, suivant l’agent hémolytique pris pour sujet d'étude ».
En résumé que devons-nous retenir de cette étude sur le rôle des lipoïdes dans les phénomènes de l’hémolyse ? 1° Les acides gras sont directement hémolysants.
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2° Les savons, et en particulier l’oléate de soude, sont directement hémolysants.
3° Les lipoïdes à proprement parler, cholestérine et lécithine, ne sont pas directement hémolysants, mais.
4° La lécithine favorise directement l’hémolyse, par exemple dans les expériences pratiquées avec le venin de cobra.
5° Le cholestérol, en tant que constituant organique favorise indirectement l’hémolyse, et seulement quand on le considère dans le coefficient lipocytique en relation avec les acides gras.
6° Dans l’hémolyse par l’eau distillée et par les s0lutions salines hypotoniques, les globules rouges de diverses espèces sont d'autant plus facilement hémolysés que leur coefficient lipocytique est plus élevé.
7° Dans l’hémolvse par les sérums non préparés d’une espèce animale sur les globules rouges d’une autre espèce animale, les hématies sont d'autant plus fragiles que le coefficient lipocytique
taux du cholestérol du sérum hémolysant
taux des acides gras non volatils des hématies hémolysées est plus élevé. Il paraît en être de même pour l’hémolyse par les hémolysines acquises.
8° Dans certaines autres variétés d’hémolyse, en particulier l’hémolyse par les glucosides, et surtout par la saponine, le cholestérol a un pouvoir nettement protecteur. Par rapport à la saponine en effet, les hématies de divers animaux sont d’autant plus résistantes qu’elles renferment davantage de cholestérol. De même le sérum a une action protectrice d'autant plus grande pour les globules rouges qu’il est lui-même plus riche en cholestérol. Nous allons d’ailleurs revenir en détail dans le chapitre suivant sur le rôle protecteur du €holestérol.