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CHAPITRE IV ROLE ANTIHEMOLYTIQUE DU CHOLESTEROL

Nous allons maintenant nous attacher à l'étude du pouvoir protecteur du cholestérol.

Cette étude consistera en premier lieu à rappeler les travaux de nombreux expérimentateurs sur cette importante question, travaux dont les résultats sont en partie résumés dans la thèse de Fronty (45).

Ce pouvoir anti-hémolytique a été étudié à l’égard de diverses substances :

: Rappelons tout d’abord les travaux de Ransom (32) que mous avons déjà signalés :

Cet auteur avait constaté que le sérum de chien présentait des propriétés anti-hémolytiques. Les mêmes propriétés se révélaient au moyen de l’extrait éthéré de sérum ou de globules rouges. Ransom chercha la nature des extraits ainsi préparés et il trouva et démontra que les propriétés anti-hémolytiques étaient dues à !: présence du cholestérol. C’est ainsi qu’un mélange d’une solution de saponine et d’une solution éthérée de cholestérol mises en contact pendant plusieurs heures à 36° ne peut, après évaporation de l’éther, provoquer l’hémolyse des globules rouges qu’on y incorpore. Cette expérience a été reprise et confirmée par Noguchi (46).

Dans la suite, Hausmann en 1905 (47) montre que parmi les constituants de la bile le cholestérol présente un pouvoir anti-hémolytique.

Pascucci (48) étudiant l’action de la saponine sur des globules artificiels montre que lorsque les membranes de ces globules sont imprégnées uniquement de cholestérol, elles sont faiblement attaquées par la saponine ;

nd.

au contraire, celles qui sont imprégnées uniquement de lécithine le sont énergiquement; enfin, quand les parois globulaires sont imprégmées de lécithine et de cholestérine en proportions variables, la saponine les attaque d'autant moins fortement que le rapport cholestérine est plus élevé.

lécithine

Abderalden et Lecounte (49) reprennent la question du pouvoir anti-hémolytique du cholestérol et ils confirment les travaux antérieurs.

Des recherches analogues furent menées parallèlement sur d’autres glucosides :

C’est ainsi que Noguchi (46), dans les travaux cités plus haut, vérifie le pouvoir anti-hémolytique du <holestérol à l’égard de l’agaricine.

En même temps que pour la saponine, Abderhalden et Lecounte (49) l'avaient également vérifié pour la solanine.

En ce qui concerne l’action protectrice du cholestérol contre les poisons d’origine animale, rappelons les travaux de Kyes et de ses collaborateurs à l’égard du venin de cobra, et en particulier l’étude que Kyes et Preston (50) publient en 1997 sur les venins de serpent et où ils mettent en évidence l’action anti-hémolytique du cholestérol contre le venin le €<obra.

La même année, Ishizaca (51) étudie cette action antihémolytique à l’égard des poisons de habu.

Minz, cité par Iscovesco (11), a montré que le cCholestérol serait un anticorps de la partie hémolytique et non de la partie neurotoxique du venin de serpent.

Pour les toxines microbiennes rappelons les études de Noguchi (46) et celles de Cernovadeanu et Henri (52) sur la toxine tétanique. |

Ces auteurs rappellent que « la cholestérine et d’au-

de

tres substances grasses sont capables de neutraliser l’action hémolytique produite par la toxine tétanique ». Ils montrent d’autre part que «l'extrait éthéré de sérum antitétanique possède un pouvoir anti-hémolytique très puissant. Ainsi, par exemple on prend un centigramme d'extrait éthéré sec, on le dissout dans 10 centimètres cubes d'éther, puis on dilue cette solution éthérée mille fois avec du Nacl à 8 p. 1.000; cette solution diluée cinquante fois neutralise complètement l’action hémolytique produite par un 1 centimètre cube de toxine tétanique dans 8 centimètres cubes d’émulsion de globules. Dans les mêmes conditions, 1/2 centimètre cube de toxine tétanique produit l’hémolyse de 65 % de globules. Par conséquent, dans ces exemples, le mélange contient 1/50.000.000 d’extrait éthéré de sérum antitétanique. En comparant dans les mêmes conditions l’action de la cholestérine, on trouve qu'il faut une quantité 50 à 100 fois plus forte de cholestérine que d'extrait éthéré du sérum pour produire la même action meutralisante de la tétanolysine ».

Le pouvoir protecteur du cholestérol contre les sérums hémolysants à suscité les études suivantes: sans nous attarder à celles de Landsteiner et Eïisler (53) nous insisterons surtout sur celle d’Iscovesco (11-54). Voici ce qu’écrit cet auteur à propos de l’action du sérum du chien sur les globules humains et sur les globules de cheval (54 p. 404).

« J'avais montré jadis que le sérum sanguin de certains brightiques pouvait être hémolytique pour les globules rouges humains. J'ai donc pensé qu’il serait intéressant de savoir si la cholestérine, qui avait un pouvoir anti-hémolytique à l’égard de certaines substances chimiques, telles que saponine, et de certains venins, avait aussi um pouvoir anti-hémolytique à

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