‹ Les Lipides Et En Particulier Le Cholesterol Dans Les Ictères HémolytiquesChapitre 25 sur 40 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

CARACTERES GENERAUX DE LA RESISTANCE GLOBULAIRE DANS LES ICTERES HEMOLYTIQUES

Après avoir étudié les principaux caractères physiques et chimiques des lipoïdes, leur rôle dans l’hémolyse et plus particulièrement le pouvoir anti-hémolytique du cholestérol, nous allons envisager maintenant la résistance globulaire dans les ictères hémolytiques.

On a surtout mesuré, comme nous l'avons déjà vu, la résistance globulaire aux solutions chlorurées sodiques hypotoniques.

Voici les techniques habituellement employées pour cette mesure: rappelons tout d’abord qu’on peut étudier la résistance globulaire soit au moyen du sang total, soit au moyen des hématies déplasmatisées, c’està-dire séparées de leur plasma par centrifugation et par lavage :

a) Résistance globulaire des hématies du sang total aux solutions chlorurées sodiques :

Préparer d’abord dans un porte-tubes 20 tubes à hémolyse ayant chacun 1 cm. de diamètre et 6 cm de haut environ.

Au moyen d’une pipette à boule, verser dans chaque tube de l’eau distillée, une goutte dans le 1”, deux dans le 2°, etc.

Avec la même pipette remplir de chlorure de sodium à 7 0/00, verser 34 gouttes dans le 1° tube, 33 dans le 2cete:

On prépare ainsi des tubes qui contiennent une so-

lution de chlorure de sodium, le premier à 6,8 0/00, le 2° à 6,6 0/00, le 10° à 5 0/00, Le 20° à 3 0/00.

Ajouter à chaque tube une goutte de sang pur, mélanger et après quelques minutes de contact, centrifuger et lire les résultats: normalement, H m (teinte jaune pâle) = 4,8 ou 4,6 0/00. — H1 (teinte jaume fauve) = 4,4. — H2 (teinte rose) = 4,2. — H3 (hémolyse macroscopiquement totale) — 3,6.

b) Résistance globulaire des hématies déplasmatisées (la seule recherchée pratiquement)

Même préparation des tubes.

Déplasmatisation des hématies : recueillir une quantité suffisante de sang, soit dans une solution de Na CI à 9 0/00, soit dans une solution isotonique d’oxalate de potasse (oxalate de potasse: 0 gr. 28, Na CI: 0 gr. 80. Eau distillée : 100 gr.).

Centrifuger, décanter, au besoin laver avec la solution chlorurée ou oxalatée, et recommencer une à plusieurs fois lavage et centrifugation.

Emulsionner le culot dans l’eau salée ou oxalatée et mettre une goutte du mélange dans chacun des tubes. Avec le sang normal, les résultats sont sensiblement les mêmes pour les hématies déplasmatisées que pour le sang total.

Dans les ictères hémolytiques congénitaux, la résistance globulaire se montre diminuée avec le sang total aussi bien qu'avec les hématies déplasmatisées. Maïs, ainsi que l’ont indiqué Widal et Abrami (61) et Brûlé (62) la diminution de la résistance est beaucoup plus marquée lorsqu'on emploie les hématies déplasmatisées. Dans les ictères hémolytiques acquis, la résistance globulaire aux solutions hypotoniques du sang total est très souvent normale ; au contraire, comme l’ont montré les mêmes auteurs, on trouve, constamment une di-

PAF. Den

minution de la résistance des hématies déplasmatisées.

Cette différence de résistance prouve évidemment que le plasma possède un pouvoir protecteur contre la fragilité globulaire. Ce pouvoir protecteur est d’autant plus remarquable qu’il n'existe pas au cours d’ictères non hémolytiques où la résistance globulaire aux solutions salines hypotoniques est normale ou augmentée, non plus que chez les sujets non ictériques. Voici ce qu’écrivaient Widal et Abrami en 1907 (61).

« Nous nous sommes assurés tout d’abord que chez les sujets sains ou atteints d’affections diverses, de même que chez les ictériques d'origine hépatique à résistance augmentée, l’hémolyse s’effectuait à un taux rigoureusement constant, que l’on ait opéré avec le sang total ou avec les hématies isolées du plasma. MM. Vaquez et Ribierre avaient déjà fait semblable constatation dans l’ictère lithiasique. Au cours de certains ictères d’origine hépatique la résistance globulaire du sang total, au lieu d’être augmentée, reste parfois normale, comme mous avons pu le constater chez divers malades ; dans ce cas encore, nous n’avons observé aucune différence entre la résistance du sang total et celle des hématies séparées du plasma ».

L'étude de la résistance globulaire a été faite au moyen d’autres agents hémolysants : ainsi que l'écrit Brûlé (62) la diminution de résistance « se montre encore, en milieu isotonique, sous l'influence d’agents divers, Widal et Philibert (63) ont vu que les globules rouges d’ictériques congénitaux, mis au contact de sérums humains, normaux ou pathologiques, sont parfois hémolysés par ces sérums, tandis que les hématies de sujets normaux s’y conservent intacts. Widal, Abrami et Brûlé ont retrouvé, dans les ictères hémiolytiques acquis, le même phénomène, peut-être plus accentué et

plus fréquent ; ils ont montré en outre que, dans tous les ictères hémolytiques, les hématies sont plus facilement hémolysées que des globules rouges normaux, quand on les met en présence de diverses substances hémolysantes, telles que l’extrait de têtes de sangsues ou de sérums hémolytiques expérimentaux obtenus chez des lapins préparés par des injections successives d’hématies humaines. Ces faits ont été confirmés par Karl Ritter et Von Stejskal ».

M. Brüûlé attire l'attention, d’ailleurs, sur le fait que ces stigmates ne sont pas tous proportionnels entre eux ; c'est ainsi que les globules rouges peuvent être très fragiles en présence des substances hémolytiques ou des sérums humains, alors que leur fragilité à l’égard des solutions chlorurées sodiques hypotoniques est faible, et inversement des globules rouges très fragiles vis-à-vis des solutions salines hypotoniques peuvent montrer une résistance normale au contact des sérums.

Bien plus encore cette fragilité globulaire qui s’est montrée jusqu’ici comme étant le phénomène fondamental des ictères par hémolyse, et qui d’ailleurs n’est qu'un témoin du processus hémolytique sans en mesurer l'intensité, ne se retrouve pas pour certaines substances hémolysantes, telles que la saponine. On constate en effet, dans la thèse de May (33) que les résultats obtenus par l’étude de la résistance globulaire au moyen de la saponine, sont différents de ceux que l’on observe pour la résistance aux solutions chlorurées sodiques hypotoniques. C’est ainsi que, dans les ictères hémolytiques, la résistance à la saponine est normale, alors qu’elle coïncide avec une fragilité manifeste des hématies à l'égard des solutions salines. Par contre, dans les ictères d’origine hépatique, où la résistance aux solutions salines est soit nomhale soit augmentée, qu'il

s'agisse du sang total ou des hématies déplasmatisées, la résistance globulaire est diminuée, pour la saponime. Voyons ce qu’écrit May à cet égard (33, p. 137).

« Nous avons cherché d'autre part si la dissociation qui existe dans les ictériques entre l’action des solutions salines et celle de la saponine se poursuivait sur le terrain de l’ictère hémolytique dont mous avons pu étudier trois cas.

Obs. LXXVIII. — Femme atteinte d’ictère hémolytique à poussées, paraissant liées au fonctionnement d’un anus iliaque. Au moment de l'examen, la malade ne présentait qu’un ictère léger.

Résistance globulaïre: solution de chlorure de sodium à 7 0/00.

54 1/250 (de l’héomlyse 44 4/10 de l’hémolyse

totale) totale) 52 1/180 — 42 8/10 — 50 1/120 — 38 48 1/50 — 35 stade annulaire 46 1/10 — 34 Résistance globulaire: solution de saponine à 1/6250. 0 ec. 1 0,35 8/10 0,15 1/180 de l’hém. tot. 0,4 0,22 111/50 0,5 0,25 2,5/10 0,6 0,3 6/10 0.7 stade annulaire Obs. LXXIX. -— Jeune garçon présentant un ictère

hémolytique avec splénomégalie et fragilité globulaire considérable aux solutions salines, puisqu'on pouvait encore constater un léger degré d’hémolyse dans les s0-

lutions chlorurées à 9 0/00.

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