DEC
0,15 05 8710 0,2=€7T1/150 0,6 stade annulaire 0,25 1/20 0,7 hémolyse totale 0,3 4/10 0,8
La résistance globulaire à la saponine est done normale au cours des ictères hémolytiques ». Effectivement comme l’a étudié cet auteur dans le même travail, l’hémolyse initiale normale apparaît presque toujours dans les tubes qui contiennent 0 cc. 2 de la solution de saponine à 1/6250 ; elle est parfois retardée jusqu’au tube qui contient 0 cc. 25.
L’hémolyse totale oscille entre les tubes 0,6 et 1. Tous les cas dont nous parlons ont été étudiés au moyen d’hématies déplasmatisées et non lavées. II serait intéressant, nous semble-t-il d'étudier la résistance globulaire à la saponine dans les ictères hémolytiques non seulement sur cette variété d’hématies, mais encore sur les hématies déplasmatisées lavées et sur le sang total. Normalement déjà, comme le fait remarquer May, les
globules lavés sont beaucoup plus fragiles que les globules en présence de leur sérum.
Voilà un certain nombre de faits dont il convient de souligner l'importance, la saponine agit sur les globules des ictères hémolytiques comme sur les globules normaux. Les solutions salées hypotoniques au contraire les attaquent plus facilement que les globules normaux. Or, l’étude de l’hémolyse sur des globules rouges normaux de divers animaux nous a appris que les solutions hypotoniques et l’eau distillée détruisaient d’autant plus facilement les hématies que leur coefficient lipocytique était plus élevé, c'est-à-dire que le cholestérol était plus abondant par rapport aux acides gras. La diminution de la résistance des hématies déplasmatisées peut donc s'expliquer ou bien par l’augmentation du cholestérol globulaire, ou bien par la diminution du taux des acides gras dans le globule rouge, ce qui, dans l’un et l’autre cas, aboutit à l'augmentation du coefficient lipocytique.
Maïs comment expliquer que €es hématies fragiles aux solutions salines hypotoniques présentent une résistance mormale à la saponine; on sait, comme nous l'avons vu plus haut, que l’action hémolysante de la saponine est contrebalancée par l’action protectrice du cholestérol, probablement parce que le cholestérol se combine à la saponine pour former un complexe non hémolytique. Il faut donc admettre que le taux absolu du cholestérol dans les globules rouges des ictériques hémolytiques n’a pas varié, puisqu'il les protège contre la Saponine comme le taux mormal du cholestérol protège contre elle les hématies normales. Dans les globules rouges des ictères hémolytiques, fragiles aux solutions salées hypotoniques et normales dans leur résistance à la saponine, il faut donc admettre, du point de vue des
lipides, que ce qui a varié dans le globule rouge c’est le taux des acides gras, et que ce dernier à diminué. Ce problème est envisagé autrement par May (33). En interprétant les divers travaux qu’il expose dans son ouvrage, cet auteur, étudiant la résistance globulaire aux solutions salines et à la saponine, dans des maladies différentes, en classe les modifications pathologiques suivant deux catégories & la première catégorie, dit-il, comprend les faits où la résistance globulaire est modifiée à la fois vis-à-vis des solutions hypotoniques et vis-à-vis de la saponine : dans la deuxième catégorie au contraire, nous rangeroms les cas où la résistance globulaire n’est modifiée que vis-à-vis des solutions salines hypotoniques ».
Dans le premier groupe on trouve: les ictères d’origine hépatique, des formes de tuberculose en évolution, la fièvre typhoïde, enfin certains cas de saturnisme et de mal de Bright. Or, dans toutes ces affections, renarque l’auteur, il y à des modifications de la lipoïdémie. Par conséquent les globules subissent sans doute également des modifications dans leurs lipoïdes, et ces modifications troublent la résistance aux solutions hypotoniques comme à la saponine., Il rappelle aïnsi que la cholestérine globulaire augmente la résistance vis-àvis de la saponine et la diminue vis-à-vis des solutions hypotoniques, que les acides gras sont un élément d’hyper-résistance aux solutions salines; que la lécithine enfin, paraît être capable de fragiliser les globules visà-vis de la saponine, comme il ressort des travaux de Kurt Meyer, cité par lui, et pour qui la résistance des globules rouges à la saponine est proportionnelle au coefficient cholestérine.
lécithine.
Que se passe-t-il dans les affections qui s’accompa-
tj a
enent d'hypocholestérinémie comme la fièvre typhoïde et la tuberculose ? — May constate que, dans les cas oraves de fièvre typhoïde comme dans les formes en 6volution de tuberculose pulmonaire, on trouve ordinairement une diminution de la résistance à la saponine et une augmentation de la résistance aux solutions salines. Il admet donc que, chez les typhiques et les tuberculeux, le taux de la cholestérine a diminué dans les globules comme dans le sérum.
Dans les affections qui s’accompagnent d’hypercholestérolémie l’interprétation pour ce même auteur est plus délicate: on trouve ordinairement une augmentation de la résistance aux solutions salines hypotoniques et une diminution de la résistance aux solutions de saponine, qu’il s'agisse d’ictériques de brightiques, de cholestériniques simples. Ce paradoxe ne peut s’expliquer que s’il existe dans l’hémolyse un facteur autre que le cholestérol globulaire. Or, pour May dans l’hémolyse par les solutions salines, comme il le dit plus haut, le rôle protecteur des acides gras totaux est inverse de celui du cholestérol. Dans l’hémolyse par la saponine, les variations de la résistance globulaire ne seraïent pas parallèles aux variations de la cholestérine et à côté de l’action protectrice de cette dernière substance, il faudrait invoquer l’action activante de la lécithine. Ainsi, pour cet auteur, l’hyperrésistance aux solutions salines avec fragilité à la saponine chez les hypercholestérolémiques, s'explique par l’abaissement dans les hématies
des deux rapports cholestérine — cholestérine. acide gras lécithine
En ce qui concerne les affections du deuxième groupe, où la résistance globulaire est abaïissée, vis-à-vis des solutions salines hypotoniques et normale vis-à-vis de la saponine et où la cholestérolémie est diminuée, comme
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dans les ictères hémolytiques congénitaux ou acquis, les modifications de la résistance ne peuvent plus s’expliquer seulement par des modifications chimiques de la constitution globulaire, mais par une altération dans l’état physique des colloïdes globulaires. Or, il nous semble au contraire comme nous le disions tout à l'heure, qu’une explication chimique est encore valable pour ces faits: la résistance normale des globules à la saponine tient probablement à ce que le taux du cholestérol globulaire est lui-même normal, sans qu'il soit nécessaire d’invoquer des modifications dans le taux de la lécithine globulaire ; la diminution de la résistance que tout le monde est d'accord pour attribuer à une augmentation du coefficient lipocytique est en relation avec une diminution du taux des acides gras globulaires.
Le deuxième point qu’il nous paraît important de souligner, c’est l’action protectrice du plasma à l’égard des solutions hypotoniques: cette action, on le sait, s'exerce aussi bien dans les ictères hémolytiques congénitaux que dans les ictères acquis. Comment l’expliquer au point de vue des lipoïdes ?
Le coefficient lipocytique doit être considéré dans ce cas, pour le complexe formé par le plasma et les globules. Rappelons-nous, en effet, comment Jolly (43) explique l’hémolyse des sérums hémolytiques en fonction des lipoïdes plasmatiques et globulaires: «Le pouvoir hémolytique du sérum, écrit-il, varie comme le taux de la cholestérine: la résistance des globules varie comme le taux d'acides gras, non volatils. L’augmentation de la cholestérine dans le sérum. La diminution des acides gras dans le globule augmentent le coefficient lipocytique du complexe sérumglobule et favorise l’hémolyse ». Pour comprendre l’action protectrice du sérum dans les ictères hémolytiques en fonction des.
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lipoïdes il faudrait l'expliquer par une diminution du coefficient cholestérol du plasma par rapport au coefacides gras des globules ficient cholestérol des globules dont nous avons admis acides gras des globules plus haut l’augmentation aux dépens des acides gras globulaires. Or nous savons également que le cholestérol plasmatique est diminué et nous connaissons le taux précis de cette diminution. Ce que nous ignorons par contre c’est le chiffre précis de la diminution des acides gras globulaires. Ce chiffre doit donc être mesuré pour vérifier notre deuxième hypothèse. D’autre part, pour se rapprocher davantage de la réalité et pour mieux comprendre au point de vue de l’hémolyse les interactions plasmo-globulaires, il nous semblerait plus juste d'étudier non pas seulement le coefficient cholestérol du plasma acides gras globulaires mais encore le coefficient plus complexe :
cholestérol du plasma + cholestérol globulaire acides gras du plasma + acides gras globulaires
Que retiendrons-nous de cette brève étude ?
1° — les hématies des ictères hémolytiques, congénitaux ou acquis, sont fragiles aux solutions chlorurées sodiques hypotoniques et à de nombreuses substances hémolysantes. La diminution de la résistance globulaire aux solutions salines hypotoniques peut s'expliquer par une augmentation du coefficient lipocytique globulaire.
2° — les hématies des ictères hémolytiques congénitaux ou acquis ont une résistance normale à la saponine, ce qui prouve probablement que le chiffre du cholestérol globulaire est normal et que, pour expliquer
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l’augmentation du coefficient lipocytique globulaire cholestérol il existe une diminution de la quantité des acides gras acides gras globulaires.
3° — le plasma du sang des ictères hémolytiques, en particulier des ictères hémolytiques acquis, possède un pouvoir protecteur des hématies contre les solutions salines hypotoniques. Ce pouvoir protecteur, pour s’expliquer par les variations des lipoïdes sanguins doit dépendre d’une diminution du coefficient
cholestérol plasmatique + cholestérol globulaïre
acides gras plasmatiques + acides gras globulaires.
Nous allons passer en revue, dans les chapitres suivants, ce que nous savons actuellement du cholestérol et des lipides dans les ictères hémolytiques.