‹ Les Lipides Et En Particulier Le Cholesterol Dans Les Ictères HémolytiquesChapitre 9 sur 40 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La notion d’ictère par hémolyse est suffisamment classique aujourd’hui pour que nous n’ayons pas à rappeler la définition d’une variété d’ictères qui s'opposent si franchement aux ictères d’origine hépatique ou mécanique. Nous mentionnerons seulement que ces ictères peuvent être congénitaux (Chauffard) ou acquis (Widal, Abrami, Brulé) et que l’individualité de ces ictères aussi bien congénitaux qu’acquis repose avant tout sur la fragilité des globules rouges à l'égard de diverses substances et en particulier à celui des solutions salines hypotoniques.

La raison de cette fragilité reste encore mystérieuse dans la majorité des cas d’ictères acquis et dans la plupart des cas d’ictères congénitaux. Certes on incrimine parfois à bon droit une substance hémolysante soit toxinique soit chimique qui par expérimentation in vitro où chez l’animal produit facilement l’hémolyse ou les divers degrés de l’ictère hémolytique. C’est ainsi qu’on a rencontré des ictères par fragilité globulaire au cours d'infections par microbes hémolysants tels que le bacille perfringens et qu'on provoque aisément chez le chien divers degrés d’hémolyse par injections de substances comme la toluylène-diamine (1). Mais le plus souvent on est obligé d’invoquer l’action d’hémolysines de nature inconnue dont on ne parvient d’ailleurs pas à démontrer l'existence et qui seraient de nature soit infectieuse, par exemple syphilitique, soit organique.

Suivant les cas, l'infection agirait soit directement par des toxines hémolysantes, soit indirectement en modifiant au préalable certains organes comme la rate ou

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même tout le système réticulo-endothélial. Le problème est d’ailleurs beaucoup plus complexe qu’il ne paraît au premier abord. La fragilité globulaire qui constitue la base fondamentale de la notion d'’ictère hémolytique présente différents aspects quand on l’étudie par rapport aux solutions salines hypotoniques.

Tantôt elle est manifeste, et très facile à mettre en évidence, comme dans tous les ictères hémolytiques congénitaux. Tantôt elle est masquée par des propriétés antihémolytiques du sérum dont il faut se débarrasser pour déceler la diminution de la résistance globulaire. Tantôt enfin, mais très rarement, la résistance globulaïre aux solutions salines hypotoniques est normale, mais il existe des hémolysines libres dans le plasma. Il s’agit alors d’ictères hémolysiniques (Chauffard et Troisier), ou ictères hémolytiques avec hémolysines libres et sans fragilité globulaire. Certains auteurs admettent d’ailleurs que ces différents faits ne s'opposent pas et que la fragilité globulaire résulte de la fixation d’une hémolysine sur les globules, alors que cette hémolysine n’est pas fixée dans les ictères hémolysiniques.

Quoi qu’il en soit on devait, d'autre part, constater que les hématies des ictères hémolytiques se montrent fragiles à l’égard de toutes les substances hémolysantes connues, sauf à celui de la saponine qui agit sur elles comme sur des hématies mormales. Enfin l’étude des courbes d’hémolyse montre deux faits : l'existence d’hématies fragiles, mais aussi la persistance d’hématies normalement résistantes. Ces différentes considérations ont permis d'envisager dans le mécanisme des phéomènes d’hémolyse deux facteurs essentiels en dernière analyse : un facteur sérique ou plasmatique, correspondant aux hémolysines hypothétiques ou mon, un facteur globulaire représenté par des modifications chi-

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miques ou autres. Ce facteur globulaire n’a, pour ainsi dire, jamais été étudié et nous n’apporterons pas non plus de documents à son sujet. Au contraire le facteur plasmatique à déjà suscité certaines recherches : les travaux biologiques sur l’hémolyse ont en effet montré le rôle que jouent dans ces phénomènes les corps gras et les lipoïdes, et tout spécialement le cholestérol sur l'action antihémolytique duquel on à attiré l'attention depuis de nombreuses années. Or, on devait s’apercevoir que les ictères hémolytiques, soit congénitaux, soit acquis, ne saccompagnent jamais d’hyper-cholestérolémie, à l'inverse de nombreux ictères par obstruction ou d’ictères d’origine hépatique, et que même le plus souvent le chiffre du cholestérol sanguin tombait framnchement au-dessous de la normale. Fallaït-il établir une relation de cause à effet entre les deux phénomènes ? Cette question à déjà été posée sans recevoir de solution et sans jamais donner lieu à un travail d'ensemble. Dans l'étude que nous présentons actuellement nous n’avons pas davantage la prétention de la résoudre d’une façon définitive ; nous nous bornons simplement à poser les bases d’un travail sur le rôle du cholestérol dans là résistance globulaïire au cours des ictères hémolytiques, car comme nous le verrons dans les pages qui suivent, ce problème demande encore de nombreuses recherches chimiques et biologiques avant de pouvoir être complètement éclairei. D’aïlleurs, dans ces dernières années, il s’est singulièrement élargi et il englobe non seulement le cholestérol sanguin mais encore les lipides totaux. De plus, il touche à un autre problème d’une importance encore plus vaste, celui de la régulation des graisses dans l’organisme qu'a remis en actualité la splénectomie, soit au cours des ictères hémolytiques, soit en dehors d’eux.

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Notre Maître M. le Professeur Agrégé M. Brulé qui nous à inspiré ce travail voudra bien nous permettre de lui exprimer ici toute notre profonde reconnaissance non seulement jour les conseils qu’il nous à donnés et pour les documents qu’il nous a fournis, mais encore pour la bienveillante attention qu’il n’a cessé de nous accorder au cours de nos études et de notre internat.

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