EU L DES
Autopsie. — A l'ouverture du ventre, on retrouva la cavité rétropéritonéale presque entièrement comblée par acecolement de ses parois. La partie inférieure où se trouvaient les draïns est encore ouverte et tapissée de fausses membranes. Quelques fausses membranes aussi sur les anses grêles qui avoisinent la cavité drainée. Pas de pus dans l'abdomen. L’intestin grêle et le colon ont repris léur place habituelle. Les reins sont extraits et paraissent sains à la coupe. Le rein gauche est tout à fait sous le diaphragme plus haut qu’à l'ordinaire.
Les organes thoraciques sont sains. En somme, la malade semble avoir succombé à l'infection de son escarre sacrée.
Examen histologique (1). — L’'énorme masse, pesant 26 kilogrammes, est largement lobée et lobulée. Elle présente, d’une façon générale, l'aspect d'un volumineux lipome, jaunâtre et assez consistant. Lorsque on l’incise, la coupe porte tantôt sur un tissu franchement lipomateux et la surface de section est uniformément jaunâtre, tantôt elle intéresse un tissu gélatineux, tremblotant, rosé, plus.ou moins translucide et donnant l'impression du myxome. Zones myxomateuses et zones lipomateuses se pénètrent réciproquement. Là le myxome l'emporte sur le lipome, ailleurs c'est l'inverse. Çà êt là, on note quelques îlots d’un tissu opaque, d’un blane mat, à surface de section plus sèche ; ils correspondent, ainsi que le montre l'examen microscopique, à des zones mortifiées.
Différents fragments furent recueillis pour l'examen histologique. Is furent fixés au liquide de Dominici et inclus à la paraffine. Les coupes furent colorées de manières diverses, notamment certaines à l’écsine orange et au bleu de toluidine, d’autres à l'hématéine concentrée acide de Dominiei et au liquide de Van Gieson.
À un faible grossissement, les coupes présentent un aspect aréolaire, dû aux très nombreuses vésicules adipeuses, qui ont été vidées de leur graisse par suite des techniques employées. Entre les groupes de cellules adipeuses se voient des bandes ou des nappes, d’étendue variable, de tissu conjonctif, formé d’une substance fondamentale muqueuse très abondante, dans laquelle les cellules conjonctives sont très espacées et où serpentent de grêles faisceaux conjonctiis écartés les ans des autres. D’assez nombreux vaisseaux sanguins, à parois minces, parcourent ce tissu conjonctif que nous pouvons, dès maintenant, qualifier de tissu muqueux. Les fibres
(1) Note due à notre ami Rubens-Duval, à qui nous adressons nos meilleurs remerciements.