‹ Les Lipomes RétropéritonéauxChapitre 6 sur 38 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans l’espace rétropéritonéal se développent des tumeurs malignes et des tumeurs bénignes. Les tumeurs malignes — cancers et sarcomes — sont assez rares. Les tumeurs bénignes sont beaucoup plus fréquentes, encore qu'elles ne se rencontrent que rarement. Ces tumeurs bénignes sont exceptionnellement des fbromes (1), ou des fibromyomes {2) dans la très grande majorité des cas des lipomes, lipomes purs ou lipomyxomes ou lipo-myxofibromes. C’est à ce dernier groupe de tumeurs que nous bornerons notre étude. Les lipomes rétropéritonéaux constituent une ques- . tion toute récente en chirurgie, puisque le premier cas dont l’histoire nous ait été transmise est de la fin du xvrrr: siècle. Il est curieux à ce sujet dè constater que tous les auteurs accordent invariablement à Morgagni la paternité de cette première observation. Or le cas que rapporte Morgagni a été observé par Valsalva, et Morgagni le dit lui-même très explicitément, Morgagni a cependant lui aussi personnellement observé une tameur du mésentère, dont il relate d’ailleurs l’observation avec force détails à la suite du cas de Valsalva, mais il l’a rencontrée.chez « une

(1) PÉAN. — Diagnostic el traitement des tumeurs de l'abdomen et du bassin 6. II, p. 1135.

(2) Morrow: The Lancer, 1908, LE, P- 520.

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très petite poule (1) » et non chez l’homme. Nous ne pouvons en faire état 101.

Donc Valsalva et non Morgagni a observé le premier lipome rétropéritonéal dont l’histoire clinique et anatomique nous soit parvenue. Après lui, quelques auteurs (Broca, Moynier) constatent des lipomes au cours d’autopsies et les décrivent. Ce n’est que dans ‘a seconde moitié du xrx: siècle que l’on commence à opérer ces énormes tumeurs abdominales, bien faites pour déconcerter les plus entreprenants chirurgiens d’une époque où la chirurgie naïissait seulement. Aussi les premières tentatives d’extirpation furentelles presque toutes suivies d’insuccès ; la péritonite suraiguë, une grosse faute de techniqne, la durée excessive de lopération furent les causes habituelles de mort. Péan, qui était le meilleur tempérament chirurgical de l’époque, mettait trois heures (Obs. 10) et quatre heures (Obs. 11) à extirper un lipome chez des sujets presque cachectiques.

À mesure que la chirurgie se développe sous le manteau de l’antisepsie et de l’asepsie, on voit naître et se préciser la technique de l’extirpation des lipomes rétropéritonéaux et les succès opératoires se multiplier. Toutes les exérèses pratiquées en bonnes conditions au cours de ces dernières années furent suivies

(1) Nam etskhominum cadavera incidere non consueverant (veteri autores); at brutarum animantium haud raro solebant, in quorum aliqua non id: oftendisse incredibile est, quod ego vel in parvula gallina vidi. Erat ea non minus macra quam vorax ; ventrem œque tumidum gerebat, ac si ovum, quod per aetatem necdum poterat, mox esset editura..……. » Morgagni, de sedibus et causis morborum per anatomen indigatis, epist. XXXIX, 1779.

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