‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 121 sur 130 · II. DRAME HÉROÏQI l · texte numérisé non relu

II. DRAME HÉROÏQI l

amusant dans sa folle invraisemblance : pour apaiser Râvana, qui réclame en furieux le bonheur de voir Sîtâ, on lui exhibe des marionnettes qui la représentent, elle et sa compagne, el dans la bouche desquelles on a caché des perruches bien stylées, qui répètenl leurs rôles.

\ la même époque appartient le drame de Muràri, Anargharâghavau Râma l'Inestimable », en sept actes. Peut-être, malgré le mauvais goûl de décadencequi l'entache largement, est-il même antérieur au précédent : mais 1rs deux auteurs ue se sont point copiés, ni probablement connus. Beaucoup de hauts faits, et uotammenl la défaite décisivede Râvana, s'y passent en trop longs récits '.

Le Praxannarâghava « Apaisement de Râma», de Jayadêva, en sepl actes, paraît être du XIIIe siècle : c'esl encore et toujours leRâmâyana découpé en scènes, avec une prédilection marquée pour les mélancoliques épanchements de l'amant en détresse.

De Râma à Krsna, il n'j a qu'un pas : mais le héros des Yadus a été, à tous égards, moins heureux que son Erère et rival en incarnation visnuite. La scènene l'a entrevu que lentement, tardivement, :, Qotre connaissance du moins, et fort peu à son

1 \,n rigoureuse du théâtre hindou : ne jamais

ensanglanter la 9Cène. Les commentateurs discutent gra veraenl la question de savoir Bi elle es) violée lorsqu'un person i pour morl ou fait le mort.

avantage. Le Lalitamâdhavau les Jeux de Mâdha\ :i u (nuire nom de Krsna), par Etûpa (iosvâmin

i XVe siècle), est une plate paraphrase en sept actes du Gîta-Gôvinda, et il faut que les lettrés de ce temps soient devenus même incapables de goûter les chefs-d'œuvre de leur passé, pour leur faire subir

pareil traitement.

D'une façon générale, d'ailleurs, le cycle du Mahâbhârata, qui prêtait bien autant au théâtre que celui du Râmâyana, ne lui a pourtant fourni que des épisodes, dont Çakuntalâ est le plus brillant. Toutefois un poète du IX" siècle, Bhatta Nârâyana, a emprunté à la lutte même des Pândavas et des Kauravas le sujet de son beau drame Vêwsatyhâra « le Renouement de la Tresse ». C'est de la tresse de Draupadi qu'il s'agit : le cas n'est pas rare, dans la légende, de personnages de l'un et de l'autre sexe, qui jurent de ne point rassembler leur chevelure, que leur vengeance ne soit accomplie ; et l'on sait la sanglante injure qui fut infligée à l'épouse des cinq héros '. Les caractères sont ceux du Mahâbhârata ; les incidents, nombreux, il va sans dire, et même multipliés à plaisir, en telle sorte que l'épopée se substitue trop souvent au drame. Le fameux songe de la tragédie classique fait ici son apparition : la femme de Duryôdhana rêve d'un ichneumon qui dévore cent serpents ;

1. Le roi Jayadrâtha, qui jadis l'avait enlevée (p. 135). combat dans l'armée opposée aux Pàndavas (p. 136).

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