‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 13 sur 130 · l.ll II .11 \ Il RES DE L'INDE · texte numérisé non relu

l.ll II .11 \ Il RES DE L'INDE

rières où la contienl la métrique; o'esl surtoul la lyrique lesbienne, par l'agencemenl en stances <le trois, quatre ou cinq vers pareils ou différents ; et, naturellement, ce n'est rien de toul cela, mais la lyrique védique, merveille de souplesse el <l<' ma jesté. Le vers de jagati(12 syllabes), qui commence ei finit en ïambes, s'enlève en son milieu sur le grand coup d'aile d'un dactyle qui plane; celui de trisiulih, le même, sauf suppression de la syllabe finale, gagne en poids el en ampleur ce qu'il perd en élan1; i'anuçtubh, le mètre de la poésie calme el des sentiments moyens, déroule posémenl sa cadence iambique de huit syllabes, que contrarienl sans la rompre maints savants artifices; l'exquise dvipadâ virâj égrène ses seize mesures de valse lente, et les mètres simples, à leur tour, se combinenten entrelacements compliqués sans surcharge, dont l'oreille suit aisément le dessin.

Le style esl à l'avenant : la brièveté de la phrase, qui généralement comporte une demi-stance et jamais plus d"une stance entière, lui interdit les

1. A titre d'unique spécimen, je transcris ici la dernière stance citée de L'hymne traduit plus bas (à l'Aurore] :

syûmanâ vâca udiyarti vahni

stavânô rêbha usasô vibhâtîh !

adyâ tad uccha grnatê maghôni

asmê âyur nididîhi prajâvat|| Il me semble qu'en prononçant correctement les longues et Les brèves, on ne pourra manquer d'éprouver l'impression d'un rythme à la fois très net et très varié.

LE STYLE VEDIQUE 2!l

[ arges envolées ; mais, dans ces étroites limites, il n'esl pas rare que, par la vivacité de limage et l'heureux choix des mots, il atteigne la perfection. Si le poème piétine sur place, «''est d'un pas gracieux «ni superbe. Deux ou trois idées, toujours les mêmes, ramenées pêle-mêle, forment la trame des célèbres h\ innés a l'Aurore : quel barbare, pourtant, ue ferait écho au cri d'admiration qu'ils ont arraché aux plus blasés de beautés '.'

La voici venue, l'aînée des lueurs; il esl né, son avant-coureur brillant el épandu1 : à mesure qu'elle s'avance pour que Savitar fasse son œuvre*, la Nuit a cédéla place ;'i l'Aurore. — Elle est venue, la blanche, la radieuse au veau radieux, el la noire lui a cédé son siège : sœurs immortelles et successh es, l'Aurore et la Nuit marchent, et l'une efface l'autre. — Éternel est leur commun chemin : chacune le suit à -nu tour, instruite par les dieux; elles ne se le disputent i>as; bien fixées, jamais elles n'arrêtent, l'Auroreet la Nuit,d'accord ei disparates. - La Lumineuse qui conduit les jeunes vigueurs, elle a brillé, la brillante, et nous a ouverl les portes: elle a fait lever le monde mobile, elle a pour nous trouvé les richesses ; l'Aurore a éveillé tous les êtres. — Pour que marche celui qui gisait,Tun pour jouir de la fortune, l'autre pour la conquérir, pour ouvrir aux yeux voilés d'ombre un vaste horizon, la. généreuse Aurore a éveillé tous lesêtres. ■ ... Eilles'esl manifestée, la fille du ciel, rayonnante, jeune, brillam ment vêtue : toi qui règnes sur tous les trésors ,1,. l.-i

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