‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 18 sur 130 · LA RELIGION BRAHMANIQUE '.I · texte numérisé non relu

LA RELIGION BRAHMANIQUE '.I

-qui évolue es! rarement ce qu'il croit être; non- m avons ici la preuve palpable el éclatante.

La Façade est restée la même- Les Dieux du Véda sont aussi ceux du Brâhmana ; il les a recensés avec cette méticuleuse apparence dé précision qui le caractérise; .1 chacun el à chaque groupe de déités il a assigné son rôle et son lot dans le système compliqua des oblations. La religion, sans doute, a pris un aspect moins naturaliste et plus formaliste: les personnages franchement mythiques, comme l'Aurore et ses garçons d'honneur, les deux Cavaliers jumeaux (Açvins), ne figurent plus que dans les préliminaires du sacrifice; ceux au contraire où le mythe se voile jusqu'à cesser d'être intelligible, passent au premier plan, et Visnu, par exemple, sans prétendre au rang considérable qu'il occupera dans la suite, tient une place hors de toute propor tiou avec l'indigence de sa légende védique1. Mais ce -"ut là, somme toute, de simplos uuances : d'en semble, el à ue s'en rapporter qu'aux dehors, le brahmanisme ue fait qu'un avec la religion védique.

Regardons-y de plus près: tous les dieux, il est vrai, sont là, visibles et tangibles, et pourtant on saisit le travail de la réflexion spéculative qui bien

1. Il s'oppose immédiatement a Agni, en lanl qu il esl le plus élevé des dieux, Agni étant topogr&phiquemenl le plus bas puisqu'il habite sur terre; et ce seul trait de\ rail suffire ;i faire unanimement reconnaître en Visnu une des plus hautes incarnatii ms «lu soleil.

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lot les dissipera en fumée; il- rentrent à volonté 1rs uns dans les autres, il- ne sont guère plus que <lc- symboles. « Ceci esl la même chose que cela »: e'esl la formule qui revient à tout moment dans tous les Brâhmanas : tandis qu'ils accusent une tendance m\ stique à multiplier le nombre des dieux, en déifiant une foule d'entités qui dans le Véda ne paraissent avoir qu'une personnalité métaphorique, — le Sacrifice, l'Année, etc., — ils le réduisent indéfiniment, au contraire, en enseignant que toutes ces entités se confondent entre elles et avec les dieux en chair et en <»s que célèbrent les hymnes. Rien de tout cela, bien entendu, n'est systématisé: le théologien éparpille ses identifications arbitraires, tantôt l'une, tantôt l'autre, au gré d'une penséeaussi peu fixée que celle du rêve; mais, du jour où interviendra là dessus la puissante synthèse des Upanisads, toute cette grenaille fera balle, et le panthéon védique se trouvera, par une série indéfinie d'équations plus ou moins probantes, réduit tout entier, lui et l'univers, à l'unité pure. Les Brâhmanas, certes, n'en sont point encore là; mais il- s'y acheminent rapidement, et leurs chapitres le- plus récents y sont parvenus.

< et te unification ne s'opère point abstraitement, mais sous le couvert surtout d'un dieu nouveau que les Védas propres connaissent à peine : Prajâpati « le Maitre des créatures ». De ce nom, en quelque sorte commun, qui pourrait dans les Védas décorer

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