‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 26 sur 130 · ÉPOQUE KT ESPRIT DES CASTRAS · texte numérisé non relu

ÉPOQUE KT ESPRIT DES CASTRAS

et les plus sévères d'entre elles, obligatoires pour le brahmane, s'imposent moralement au respect de tout dvija pieux. Un peu avant l'âge de puberté, il entre à l'école, c'est ;ï-dire qu'il va demeurer auprès d'un maître en <eience sainte [âcârt/a, guru): il est alors novice [brahmacârin), étudie le Véda, rend à son précepteur toute sorte de services dômes tiques, vaque à l'entretien des feux sacrés et garde la chasteté; chaque jour, il fait sa ronde dans les villages d'alentour, mendiant les aliments et le combustible nécessaires à L'entretien de la maison. Sorti de l'école, il se marie et entre dans l'état de grhastha « maître de maison » : il doit le sacrifice aux Dieux et aux ancêtres défunts, l'aumône :mi\ religieux mendiants, L'hospitalité à quiconque p.i-se son seuil. Ses enfants devenus grands et capables de se suffire, il embrasse le troisième stade <lc sa carrière: il se fait ermite (vânaprastha), se retire dans un bois et y médite dans la solitude : les exemples ne manquent point, dans la légende épique, de rois âgés qui abdiquent en faveur d'un héritier et quittent une cour somptueuse, pour passer au désert leurs dernières années, y vivre de racines et d'eau. Enfin, dans son quatrième état de perfection, h' brahmane rst hhil.sii' « mendiant » : appuyant sur un bâton sa marche chancelante,

1. C'est le titre d'honneur que se décerneronl plus tard lea membres de la communauté bouddhique, à qui l'obli gation île mendier leur pain s'impose durant toute leur \i'-.

r,ii i l s LITTÉRATURES DE L'INDE

une sébile à la main, il recueille les rogatons de porte en porte, et jeûne s'il n'a rien recueilli . Ainsi il résout le difficile problème de faire sa rie aussi inoffensive que possible; car toute \ ie est coupable,

en ce qu'elle restreint laçons mation d'autrui, les

ressources d'autres vies; mais s'abstenir entière

ment, ce serait encore supprimer une vie.

Ce programme impérieux de piété, de charité et de renoncement n'est, bien entendu, qu'un idéal; mais il a été souvent réalisé, il l'est encore, dans l'Inde; et, — nel'eût-il été jamais. — ce n'est point une race vulgaire, celle <[iii a su se hausser à la conception d'un tel idéal.

Tel est l'esprit général des Castras. Quant au détail de leurs règles, nous n'en avons point affaire ici ; mais nous en pouvons prendre pour type le plus ancien d'entre eux, le plus complet et le plus justement célèbre.

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