‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 25 sur 130 · ÉPOQUE ET ESPRIT DES CASTRAS · texte numérisé non relu

ÉPOQUE ET ESPRIT DES CASTRAS

veulent, eu s'exerçant sur un texte facile, -initier aux conditions politiques et sociales de l'Inde ancienne el moyenne; connaissance indispensable, il va sansdire, à la pleine intelligence de ses écrits sacrés ou profanes.

L'époque des Castras, en effet. sV>p;iee vraisemblablement sur une période de dix siècles environ, soit du V avant au Ve après .1. C. C'esl le moment où les vieille- institutions de l'Inde sont parvenues ;'i leur complel dé\ eloppement. Le régime des castes, déjà ébauché au temps du Véda, consolidé par le brahmanisme, a désormais atteint toute sa rigidité " le brahmane se consacre exclusivemenl à la science sainte, au\ pratiques magiques et médicales, au service divin ; le prince [kçatriya) cou\ re ses sujets delà protection de ses armées, et, entre temps, vit dans les délices de sa cour brillante el \ oluptueuse,

splendidement défrayées par le- tributs qu'ils lui doivent; le paysan (vaiçya) ne doit que son travail et une pari de ses produits, même en cas d'invasioa du territoire; c'est avec une admiration mêlée de stupeur que les Grecs d'Alexandre le virent continuer à labourer paisiblement son champ,

respect»'' dan- le choc de toutes les forces bel lige

rantes. Tous trois, prêtre, guerrier et manant, des cendants au moins présumés des anciens conque rants aryens, s,, ni dits « deux fois nés » [dvij'a), parce qu'ils reçoivent, à des âges variables de leur enfance, un sacrement d'initiation suivi d'une pé

:.4 LES 1.1 1 TÉRATl IRES DE L'INDE

riode d'instruction <-t de noviciat religieux ; mais

le drij,i par excellence esl le prêtre, et les deux ternies deviennent synonymes. Hors de toute caste est le çûdra\ issu des aborigènes soumis: il est vil

et méprisé, ce qu'il a touché est impur, et les occurrences sont fréquentes où il est interdit même de lui adresser la parole : il n'a aucun droit, non plus (lue l'animal, et le seul tempérament, d'ailleurs très réel, apporté à sa misérable condition, c'est l'extrême douceur des Hindous envers les animaux. Ce système, fort simple à l'origine, est allé se compliquant à l'infini de toute une hiérarchie de castes intermédiaires, plus ou moins dégradées, produits d'unions illicites entre membres de castes différentes. Nul ne sort de sa caste, par mariage ou autrement: un brahmane ignorant ou perdu de vices est un brahmane, un çùdra opulent n'est qu'un çûdra, et la vie matérielle et morale de chacun est enfermée dans un cercle de fer que lui ni ses enfants ne sauraient franchir.

Si les gens des trois hautes castes jouissent ainsi d'inestimables privilèges, il faut bien reconnaître qu'ils les justifient, du moins en théorie, par les strictes obligations qui leur incombent à eux seuls : c'est à eux que s'adressent les prescriptions des Castras, — car le bétail n'a ni droits ni devoirs, —

1. Le terme « paria », par lequel on l'a longtemps désigné en Europe, est étranger à la langue sanscrite; les Portugais I avaient emprunté au tamoul.

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