Ce nom déjà, à lui seul, parait entaché de mythologie
cf. i). 75.
2. Des documents tardifs du bouddhisme septentrional lui en assignent un : mais ils sont probablement sans aucune valeur historique. Il se serait nomme Râhula ou Lâghula.
3. On sait que cette légende, lentement charriée vers l'Occident, y est devenue le roman pieux de Barlaam et Joasaph, et, bien des siècles avant que le bouddhisme y fut connu en tant (pie tel, y a édifié les Chrétiens, qui sans s'en douter ont ainsi compté le Buddha au nombre de leurs saints.
VIE l»l M IDDHA B3
Il quitta son palais et sa ville natale. Il s'enfonça dans la solitude el se plongea dans la méditation. Il châtia duremenl -«on corps, et dut reconnaître que l'ascétisme ne lui servait de rien, l'éloignait même de son but, car la faiblesse de ses organes nuisait à l'intégrité de sa pensée. Enfin, au bout de sept longues années, un jour qu'il était assis au pied d'un figuier gigantesque, lesarbres jouent dans l.i légende bouddhique un rôle de premier ordre, — il se sentit soudain illuminé de la Bôdhi « l'inspi ration », qui lui valut son nom et resta on surnom ;'i cet arbre béni . Il vit clairement l'éternelle vérité et se leva pour la prêcher aux hommes.
Ses premiers pas dans la carrière furent autant de triomphe- : ton- les démons ligués contre lui essayèrent en vain de l'entraver, et les dieux en chœur, admirant ce mortel plus puissant qu'eux, chantèrent ses louanges. En vain, Màra « la Mort » (masculin), entité qui répond au diable chrétien, soûles a contre lui tous ses fléaux : ses ouragans les plus destructeurs n'agitèrent pas un pan de la robe du Bienheureux. En vain, ne le pouvant vaincre,
il s'efforça de le tenter: il n'eut d'autre réponse qu'un vade rétro dédaigneux. Entouré de quelques disciples, Gôtama allait prêchant la douleur de
\ ivre, ci qu'elle procède de l'attachement aux objets
de- sens, (pli procède de l'ignorance, et que bien
connaître est la condition nécessaire du détachement absolu ; el c'était la son unique doctrine, faite de la
Kl LES UTTERATI RI - Dl L'INDE
logique des anciens sages el du renoncement des anciens dévots1. Il groupa autour de lui une com munauté de moines, qu'il dirigea dans l'obéissance, la chasteté, la pauvretéel la contemplation : meE dier humblement sa nourriture, chaque jour, de porte en porte du village ; passer le restedu tempsen méditations el en œuvres pies ; se confesser publiquement deses moindres fautes, à époques régulières, et subir les pénitences graduées par un code minutieux: telles -ont les observances qui distinguent le clergé du Sangha, de l'Église bouddhique. Au tour de lui se groupent les laïques pieux, à qui l'on ne prescrit guère autre chose qu'une morale très pure et l'obligation d'entretenir par leurs dons le couvent qui leur dispense les grâces de la parole di\ ine.
Toute cette organisation, bien entendu, est censée remonter au Buddha lui-même; il est trop clair, pourtant, que dans sa vie, quoique longue, il n'a eu le temps que d'en esquisser les premiers rudiments. Ce qui relève de lui incontestablement, c'est cette religion sans rites, sans sacrements, presque sans Dieu, — encore que tous les dieux du brahmanisme
1. Le premier commandement du bouddhisme est de « n'attenter à aucune vie ». Il doit être entendu dans le sens absolument strict : le lièvre qui va se, jeter au [eu pour s'immoler à autrui, dans la fable bouddhique, commence par se secouer trois l'ois, pour se défaire de sa vermine, de peur de la brûler (Jâtaka 316).
ENSEIGNEMENT Ml BUDDHA BS
figurent dans ses légendes, mais pour n'\ rien faire, — ce mélange naïf et contradictoire de dialectique tendue et de rêve extatique, ce positivisme radical, hypnotisé sur la notion de la souffrance humaine, et qui ne veut rien savoir au delà du moyen d'en guérir.
Sa tache accomplie, le Buddha, vieux et las, se coucha, el mourut comme on s'endort. 11 avait dit à ses disciples : « Ne dites jamais: le Maître est mort- La Doctrine que je vous lai-^e, voilà votre Maître, quand je n'y serai plus. » Quelle est cette doctrine V