‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 45 sur 130 · ENSEIGNEMENT DU BUDDHA · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT DU BUDDHA

Le postulai du bouddhisme, on le voit, c'esl la doctrine de la métempsycose. Il ne l'a pas inventée, — il n'a presque rien inventé, d'ailleurs: elle

flottait dans l'air dès l'époque des Brâhmanas; clic u dû prendre corps, plus ou moins, dans telles ('•rôle- philosophiques, comme corollaire de la pro position que *< tout vivanl meurt, la. vie ne meurt pas i); mais nulle part elle n'est parvenue à. ce degré «le consistance et, si l'on peut dire, de matérialité. Lors de la conception de tout rtre.il faut qu'il y ait un défunt antérieur qui se tienne prêt à l'animer. Bien loin (pie le Buddha soit exempt de cette loi universelle, il eu esl le type le plu- achevé et la preuve tangible; car il a le privilège, entre tous, de se rappeler ses existences précédentes lui un nombre incalculable de vies, il a été Bôdhisattva, " étn- destiné à la connaissance suprême, futur Buddha^: dans chacune d'elles il a réalisé un progrès nouveau qui l'a lentement acheminé à sa perfection actuelle. Tout homme en peut faire autant, puisque le Buddha n'est qu'un homme : il ne -';ii:it que de suivre la voie qu'il a tracée.

Il >'ai:it surtout d'avoir foi en lui, foi absolue, et de ne rien lui demander de plus (pu- ce qu'il enseigne. Il n'esl et ne veul être qu un médecin, il -,-iit le remède unique <-t infaillible; tout le reste est oiseux. Ne cherchez pas à rien savoir au delà; m- lui demandez point, par exemple, si l'âme esl immortelle, s'il y ;i ou non une vie future : il ne

LKS UTTÉRATl'HES DE l.'IMH'.

vous répondrai! pas. Non qu'il l'ignore: le Buddha sait tout; mais cela est indifférent. Lorsqu'un homme esl blessé d'un trait empoisonné, s'inquièteton, avant d'appliquer l'antidote, de savoir si les pennes * 1 * * la flèche étaienl de Eaucon ou de ramier1? Ainsi le bouddhisme, qui devait finir par sombrer dans une métaphysique plus obscure que toutes celle- île >e< devanciers parée qu'elle est contradictoire à ses principes, débute par repousser dédaigneusement du pied toute métaphysique comme un tairas inutile : la grande affaire, c'esl la suppression de la douleur ; ce qui n'y mène pas ne sert de rien. On dirait un manuel pratique d'anesthésie morale. Mais alors qu'est-ce donc que ce uu-rùrut- qui vient naturellement à la pensée de tout homme instruit dès qu'on parle de bouddhisme, ce mot si célèbre et si incompris? Est-ce le néant? est ce la béatitude éternelle V Nul ne le sait: on ne l'atteint qu'en mourant au monde extérieur, voilà ce qui est sur, et dans des conditions telles que Ton n'y puisse renaître; et pourtant ce n'est pas non plus l'absorption dans le Grand Tout, puisque l'idée même du Grand Tout se trouve exclue par la proscription de la métaphysique. L'étymologie du mot ne l'éclaircit pas: il peut signifier « extinction » ; il peut signifier aussi (( état de ce qui n'est agité d'aucun souffle, calme absolu ». Nulle part le Buddha ne définit

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