LITTÉRATURE ÉPIQUE
La poésie épique de l'Inde est tout entière en sanscrit. Moins archaïque delangueque leVéda, elle l'est à peine plus que la littérature postérieure, et, par ses caractères généraux, tient à la fois de l'une et de l'autre. On a déjà vu que les Purânas font partie du canon sacré, et que le Mahâbhàrata passe pour' avoir été dicté par un dieu au propre compilateur des Védas, le légendaire Vyâsa. En revanche, ,1e Râmâyana est l'œuvre d'un simple mortel, dont la vie au surplus est aussi légendaire qu'historique, le poète Vâlmîki. De ce chef, exclusivement dominés par le point de \ ne religieux, les Hindou- établissent entre leurs épopées des distinc
tion- fort subtiles et leur imposent une rj mcla-
ture technique dont il nous est permis de n'avoir point cure : pour nous, qu'un poème de ce genre soit qualifié par eux purâjj.a, itihâ&a ou -impie kâoya, qu'il narre les aventure- des héros ou des
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dieux, il a'esl qu'une œuvre humaine, encore que l'auteur ou les auteurs qous en soient inconnus, el il rentre dans la définition large que nous nous sommes faite du poème épique d'après le modèle que nous donnenl l'Iliade et l'odyssée. Seules les dimensions diffèrenl : le Râmâyana n'enferme guère inoins de 24000 stances de 4 vers de 8 syllabes au moins chacun ; le Mahâbhârata, lui, en a 110000 ! Les deux épopées homériques tout entières se logeraient à l'aise, comme un simple épisode, dans les flancs de ce colosse.
Il est difficile de se faire une idée précise de la genèse de semblables poèmes : l'Inde, dans ses fêtes, en récitait de longs fragments, comme elle aime à y exhiber des idoles gigantesques et des éléphants caparaçonnés de pierreries ; il est probable que les stances ont foisonné sur les lèvres de ses rhapsodes, et que les passages qu'on goûtait le plus furent aussi ceux que l'interpolation respecta le moins. Il est des morceaux de grande étendue, et non toujours des moins remarquables, où elle se dénonce à première vue: telle cette admirable Bhagavad-Gitâ (p. 74 et 119), sur laquelle nous ne reviendrons plus ; tels les deux livres du Mahâbhârata, où Bhîsma agonisant, plus criblé de flèches qu'une pelote d'épingles, trouve encore le temps et la force de réciter à ses compagnons 20000 stances morales de teneur variée. Mais c'est affaire à la critique de texte, quand la publication des diverses recensions l'en aura mise en me-
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Mire de faire le * 1 «'* j >: 1 1- 1 de ces successives c ihe*
de rédaction. Notre tâche es! plus simple : nous a'avons qu'à les envisager d'ensemble. Aussi bien, — tant le pastiche el le cliché sont de l'essence de l'esthétique littéraire hindoue, le même espril el le même stj le ne cessent-ils de régner d'un bout ;ï l'autre de ces immenses compositfons.