Le Poème
En dépit « l * ^ son extrême longueur, le Mahâbhâ rata ue comprend que IN livres (parcdçt), subdivisés ;i leur tour en un nombre variable de se
quenees C> ;i :!()(>) d'un nombre également variable de stann^ soigneusement cotées, Qu'on ne s '(; pouvante pas trop à rentrée de ce dédale: une brève analyse suffira pour en donner le iil et en signaler les impasses, souvent aussi curieuses à visiter que les grandes avenues.
I. Àdi-Parva « Livre du Début ». — On nous apprend que le poème a été récité par le sage Vaiçampàyana, disciple de Vyàsa, au sacrifice célébré en l'honneur des dieux-serpents par le roi Janamêjaya ' ; et en conséquence on nous raconte di-
1. Je n'ai rien dit, dans la Ir" partie, du culte des ser pents, par la raison que, bien que non inconnu des Védas, il ne saurait que difficilement passer pour un produit authentique de l'esprit religieux des \.ryas: il est probable que ceux-ci l'ont emprunté tout fait aux tribus indigènes qu'ils avaient soumises; mais, par cette raison même, il avait jeté de très profondes racines dans les couches populaires, où il subsiste à l'état de superstition tenace. C'est uu culte de terreur implorante pareil ;i celui qu'on rend aux démons et à Çiva; car le serpent, c'est la bête mystérieuse, insaisissable, dont la piqûre presque invisible est presque sûrement mortelle : on le conjure, on le prie, et. si l'on s'efforce à le bannir, ce n'est jamais sans le combler de dons et d'hommages.
MAHABH Mt \ 1 \ — LE POEME Ol
verses histoires préliminaires à ce sacrifice, mais sans aucun rapport avec la fable du Mahâbhârata. Suiventle récit de la naissance de Vyâsa, auteur du poème, et, à ce propos, la description de l'âge d'or, la genèse des dieux, des demi-dieux, des gé nies, des serpents, des géants, des démons, des animaux, des hommes enfin et du héros Bharata. Nous touchons aux abords du sujet ; mais tout n'est pas dit.
Bharata est fils du roi Dusyanta et de l'exquise Çakuntalâ, la jeune anachorète née des amours illicites d'un brahmane et d'une nymphe céleste. Nous retrouverons parmi les chefs d'oeuvre du théâtre ce mythe de l'union et delà séparation du soleil et de l'aurore, que l'épopée et le drame se sont ingéniés à l'envi à parer de leurs accents les plus touchants et de leurs plus riantes couleurs. Bharata Eut père d'une longue lignée de héros. jnsques et y compris les deux frères, Dhrtarâstra l'aveugle ei Pându «le pâle », fils de Vyâsa, mais de deux mères différentes, et élevés par leur oncle Bhisma, sage et valeureux guerrier.
Dhrtarâstra eut de -a femme Gândhâri cent fils et une fille : les deux aînesse nommaient Duryôdhana et Duhçâsana, tous deux ambitieux, l'un vaillant e1 rusé, l'autre \ iolent et cruel.
Pându eut deux épouses, Kunti et Madrî, mais n'eu put avoir d'enfants que par l'opération des dieux:de Dharma < le Droit », Kunti conçut Vu-