‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 63 sur 130 · I.KS l.l ITKHATI IIKS DE l.'INUK · texte numérisé non relu

I.KS l.l ITKHATI IIKS DE l.'INUK

dhisthira : de \à\ u. Lihima ' le fougueux, dil Vrkô dara« Ventre-de loup i>;d'Indra, Arjunatt le brillani »; des deux Açvins, Màdri conçut les jumeaux Nakula et Sahadêva '. Du nom de leur père putatif , ils sont dits les cinq Pândavas. tandis que leurs cousins, fils de Dhrtarâstra portent d'un autre ancêtre 1«' patronymique de Kauravas. < !es noms désigneront désormais les partis rivaux.

Pându meurt, Mâdrî monte sur sou bûcher funèbre, Kuntî et-les Pândavas se rendentà Hastinâ pura, capitale du roi Dhrtarâstra. Là, ils sontélevés en toute science et courtoisie, tous ensemble, neveux et fils du roi, par le sage brahmane Drôna. Mais bientôl les Pândavas se montrent supérieurs aux Kauravas et provoquent leur envie. Dans un tournoi solennel Arjuna défait tous ses adversaires.

1. il est essentiel, pour De pas s'égarer dans ce résumé, de ne jamais confondre Bhima avec Bhisma : l'un et l'autre nom signifie « terrible »; mais les deux héros combattent dans les camps opposés. — Le nom «le Yudhisthirà signifie (i ferme an combat ». et toutes ces épithètes paraissent bien refléter les divers attributs du Soleil personnifié.

2. Ces «leux noms signifient respectivement « ichneumon » (symbole solaire, en tant nue cet animal, tout comme le Pégase hindou ou cheval solaire, est l'ennemi mortel des serpents), et « accompagné des dieux » [le soleil qu'environnent toutes les splendeurs célestes). 11 va sans dire, d'ailleurs, «pie le narrateur ignore absolument les origines mythiques des laides que la tradition lui a fournies et qu'il raconte telles quelles. Homère non plus ne se doute pas que smi Achille OU son Ulysse soit une vieille entité naturaliste.

MAHAM1ARATA — LE POÈME 133

A la lin se présente, pour le combattre, le guerrier Karna, lumineux et in\ incible.

Qui est Karna? Un frère utérin des trois Pân davas fils de Kuntî. Elle l'a conçu, avanl son ma riage, d'un rayon de soleil, et, pour cacher sa faute involontaire, l'a abandonné dan- une corbeille au lil d'une rivière, où l'a recueilli le cocher de Dhrta râslra. Il passe pour lil- de celui-ci : Arjuna ne se commettra point avec un champion d'aussi basse origine; Karna humilié quitte l'arène en se jurant de se venger.

Le mauvais vouloir croissanl de Duryôdhana force son père à exiler les Pândavas. A grand peine, el parmi stratagème qui l'ait croire à leur mort, ils échappenl à un attentai ourdi contre eux par leur cousin. Retirés dan- les bois, il-\ accom plissent nombre d'exploits prodigieux, de ceux dont le- dernier- échos \ dirent encore dan- les romans de chevalerie de notre moyen âge. Enfin, ilserendentà la cour de Drupada, roi de- Paîïcâlas, pour briguer la main de -;i fille, la belle Draupadi. 11 faut, pour l'obtenir, bander un are gigantesque;

\rjuna le bande eu un tour de main', et le- cinq

1. Le même fa.il d'armes, on le verra (p. 169), se raconte de K.iin.t et avec même issue : quand le soleil bande son arc puissant, il conquiert l'aurore. Comparer l'épreuve,

fatale aux prétendants (les démons de la nuit). ;i laquelle

j 'énélope r'<~' mnail l 'lj

I3f i ES LITTERATURES l»l". L'INDE

frères emmènent Draupadî, qui sera leur épouse commune.

La puissance que ce mariage assure anx Pân davas donne à réfléchir aux Kauravas : sur les conseils de Drôna el de Bhîsma,et malgré l'opposition de Karna, ils se décident à la paix et au partage de l'empire: ils garderont Hastinâpura; leurs cousins s'établiront à Indraprastha, dont l'aîné Yudhisthira sera proclame roi. Sur ces entrefaites, Arjuna, pour se punir d'un manquement involontaire envers celui-ci. quitte la cour et va vivre douze ans dans la solitude: suit le long récit de la pénitence d'Arjuna, des aventures qu'il y traverse, et notamment le mythique épisode de l'incendie du bois Khândava, où Agni (le feu) furieux cède aux supplications de quatre oisillons encore sans plumes et incapables de se sauver.

II. Sabhâ-Parva « Livre du Palais ». — Son exil terminé, Arjuna rejoint ses frères. Le grand artisan Maya, sauvé par lui dans l'incendie, l'accompagne et construit pour Yudhisthira un magnifique palais dans lequel, après maints succès guerriers, on procède à son sacre solennel. Invités à cette fête, les Kauravas invitent à leur tour les Pàndavas à Hastinâpura. Un certain Çakuni, affidé de Duryôdhana, provoque Yudhisthira au jeu de dés : celuici met tour à tour en jeu tous ses trésors, son palais merveilleux, son royaume, ses frères, leur épouse; il perd tout. Duhçàsana le brutal se livre contre eux

MAII l BU A RATA - LE POEME 135

aux derniers outrages, et Bhîsma, leur oncle, ae peul ''ii retenir son indignation, bien que la fidélité familiale l'enchaîne auprès de lui. Ému des prières de Draupadî, le vieux Dhrtarâstra fait rendre à ses aeveux la liberté et tout ce qu'ils ont perdu; mais Yudhisthira recommence à jouer. Vaincu, le pacte qu'il a accepté les condamne tous cinq, avec leur épouse, à passer douze ans dans le désert de la Eorêt, h mu' treizième année dans un pays quelconque en y gardant l'incognito.

III. Yaiia l'arva « Livre du Bois >>. — Les Pandavas vivent précairement dan- la solitude. Pour les consoler, de saints ermites les viennent voir et leur content longuement de belles histoires : épisodes de Xal.i. de Rsyaçrnga. de Sukanyâ, d'Uçîuara Çibi, de l.'àiua. de Sâvitri. Entre temps, l'insolent roi Jayadratha, passant par le bois, y trouve Draupadi seule, s'éprend d'elle et l'enlève; les cinq frères l<- poursuivent, le vainquent, lui laissent la vie; mais, outré de leur générosité, il s'alliera à leurs ennemis. C'est le très bel épisode du rapl de Draupadî.

IV. Yin'ua Parva « Livre de Yiraia ». — Les Pândavas se rendent, -un- divers déguisements, à la roui' du roi \'iraia. pour y passer leur dernière année d'exil. Draupadî, camériste de la reine, poursuivie d'amour par 1'- généra] en chef, essaie • ■H \.iin de décourager ses instances, et finit, avec la complicité de Bhlma, paren tirer une vengeance

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éclatante. Les Pàndavas, menacés dé représailles, se tireni valeureusement d'affaire el bientôt se rendent nécessaires à leur hôte ; car un roi voisin esl venu l'attaquer, aidé tics Kauravas. Nouveaux combats, où joue un rôle décisif A rjuna déguisé en eunuque1. Le temps d'épreuve esl passé: les Pân davas révèlent leur secret, et Virâta ébloui donne sa fille Uttarâ en mariage à Abhimanyu, fils d'Ar juna.

VT. Udyôga-Parva « Livre des Armements ». — Krsna, protecteur divin des Pàndavas (|). 119), adresse aux Kauravas l'invitation de leur restituer, conformément au pacte, la moitié du royaume. Longue discussion : discours pour et contre ; le sage Vidura s'efforce d'amener à composition l'obstiné Duryôdhana. Étonnés de ce manque de parole, désolés de devoir recourir à la force contre leurs parents, les Pàndavas lui dépêchent encore une fois Krsna avec des paroles de paix; Bhîsma et Drôna y joignent leurs instances; Dhrtaràsira supplie son fils, qui demeure inflexible. La guerre est déclarée : Krsna embrasse la cause des Pàndavas et se fait cocher d'Arjuna; Bhîsma accepte le commande-

1. Ces divers épisodes, tous de fomls m\ thique, tournent aisément ;i la facétie et même à la charge, par la façon dont ils sont contés : c'est ainsi que la fable de Polyphème, qui déjà dans Homère se nuance île bouffonnerie, est devenue le Cyclope d'Euripide. Ce chant a été certainement l'un des plus goûtés en récitation publique.

M Ml Alill Ai; \ I A — LE POEME I :;7

nient de l'armée des Kauravas, à condition de n'être obligé de tuer aucun des Pândavas, ni le guerrier Çikhandin. Il motive cette dernière resfriction en contanl ane longue histoire, d'où il ap pert qu'il a fail vœu de ne jamais tuer de femme, et que Çikhandin est la réincarnation i\'u[\i- femme, (pii s'est suicidée pour renaître en homme et venger sur lui d'anciens griefs.

VI. Bhîsma-Parva c< Livre de Bhîsma ». — Les deux armées sonl en présence dans la plaine de Kuruksêtra. Ici s'insère la Bhagavad-Gîtâ p. 71). La grande bataille dure dix jours: 1" succès des Kauravas, mais Krsna relève les esprits des vaincus ; 2° duel de Bhîsma el d'Arjuna, sans résultat^ nouveau succès de Bhîsma et des Kau ravas; 4° Bhîma tue à lui seul huit frères de Duryôdhana, la victoire revient aux Pânda\ as; 5° dans la mêlée sanglante, Bhîsma épargne Çikhandin, et Arjuna laisse la vie au fils de Drôna, son précep tci i r ; < ;■ 7 continuation du massacre, succès balanci B Duryôdhana furieux somme Bhîsma d'en finir ou d'abandonner le commandement à Karna : !) Bhisma et Drôna, d'une part, Bhîma et Arjuna, de l'autre, redoublent d'efforts, toujours sans issue; mais, à la fin du jour, Bhîsma apprend lui même ;'i Yudhislhira que jamais il ne se défendra contre Çikhandin; 10" le lendemain, on oppose celui-ci ;i Bhîsma, et, posté derrière lui, Arjuna fail pleuvoir

sur le vieux guerrier un déluge de flèches. Bhisma tombe percé <!<• coups.

VII. Drôna-Parva << Livre de Drôna >». — Drôna remplace Bhisma à la tête de ses troupes. Le combal continue, acharné, impitoyable. I-'' 13 jour, les Pândavas sonl près d'être cernés; mais Abhimanyu, fils d'Arjuna, fait des prodiges de valeur, abat Duhçâsana, tue un fil> de Duryôdhana, puis succombe sous les coups de Jayadratha, l'ancien ravisseur de Draupadî. Le 14e jour, Arjuna le venge en tuant Jayadratha. Karna, alors, s'avance contre Arjuna : Karna, antérieurement, a cédé à Indra sa cuirasse invulnérable, et reçu en échange un javelot qui jamais ne manque le but: Krsna, aux aguets, interpose le géant Ghatôtkaca; c'est lui que le trait atteint, Arjuna est sauvé, et Karna privé de son arme infaillible. Le 15e jour voit la mort de Drôna, tué par la fausse nouvelle de la mort de son fils, que lui a criée Yudhisthira.

VIII. Karna Parva « Livre de Karna ». — Karna hérite du commandement. Le 16e jour, il cherche en vain à joindre Arjuna, occupé ailleurs. Le 17e est plein d'événements : retraite de Yudhisthira devant Karna; duel de Bhîma et de Karna ; querelle entre Yudhisthira et Arjuna; mort de Duhçâsana, tué en duel par Bhîma; enfin, duel formidable de Karna et d'Arjuna ; mort de Karna.

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