‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 76 sur 130 · Le Poème · texte numérisé non relu

Le Poème

Le Râmâyana se compose de sepl livres, de longueur sensiblemenl inégale : de cinq seulement, en réalité, ainsi qu'on vient de le voir; mais il com ient ici d'envisager l'œuvre telle que le temps l'a faite.

Ks LES LITTERATI HES DE L'INDE

Chaque livre à son tour se subdivise en séquences de stances dont le nombre oscille entre 67 et 128 par livre, soil donc : moyenne de 10 stances par séquence. Le contour de la Cable, esquissé plus haut, doit paraître bien léger pour une telle étendue: voyons en sommairement les péripéties.

I. Bâla-Kânda' " Livrede l'Enfance ». - Daça ratha, roi de Kôsala, est sans postérité: il s'apprèteà offrir, dans sa capitale Ayôdhyâ, le sacrifice solennel du cheval (cf. p. 140). afin d'obtenir un fils ; longues descriptions. — Entre temps, les dieux, en butte aux assauts des démons commandés par Etâvana, apprennent de la bouche de Brahmâ que ce monstre ne peut être tué que par un homme: ils adjurent donc Visnu de s'incarner en forme humaine ; Visnu y consent, il naîtra fils de Daçaratha. — Quatre fils naissentà ce prince, de ses trois épouses: Râma, deKausalyâ; Bharata, de Kaikèyî; Laksmana et Çatrughna, de Sumitrâ. 11- grandissent ensemble dans le palais. — A peine Râma a-t-il seize ans, que déjà le sage ermite Viçvâmitra* requiert son père

1. Ni- ]>;i- s'étonner de cette appellation, en contraste avec celle qui est en usage dans le Mahâbhârata (p. 130) ou ailleurs : le sanscrit, pour désigner ce que nous appelons un livre ou chapitre d'ouvrage, dispose d'une infinité desynon y i :

2. Beaucoup de ces noms si. m déjà familiers au lecteur, notamment celui de Bharata, vieux héros de la conquête aryenne, où le sage prêtre Viçvâmitra [p. 21-24) joue aussi un rôle considérable.

liAMAYANA - LE POEME Ifl9

de l'envoyer à la rescousse des démons qui troublent les exercices des pieux solitaires. Ils partent ensemble, lui et Laksmana, et L'ascète charme par ses récits la longueur du voyairc : épisodes de Çiva et l'Amour (p. 1 13), de Visnu et Bali (p. 116), etc. En chemin Râma rencontre et tue la femelle cannibale Tâtakâ. Parvenu à destination, il protège le sacrifice des ermites, et, quand luit la Qamme de leur autel. perce de ses flèches les Râksasas quile menacent. — Le lendemain, Viçvâmitra lui apprend que Janaka, roi de Mithilâ, possède, de la main des dieux, un arc merveilleux qu'aucun guerrier n'a jamais su bander : à ce propos, longs récits d'autre^ légendes héroïques ou divines, sans rapport direct avec le sujet. Ils se rendent à Mithilâ, demandenl à voir l'arc : on le leur amène, porté par 150 hommes sur un char à huit mues; Râma, d'un coup de main, le soulève, le bande, le brise, et Janaka émerveillé lui donne en mariage sa fille Sîtâ. Retour accidenté à Ayôdhyâ.

II. Ayôdhyâ Kânda « Livre d'Ayôdhyâ ». — Au bout de plusieurs années, Daçaratha vieilli songe au repos : il va proclamer roi son Bis Râma; mais, à l'instigation d'une vile esclave, sa deux ici ne épouse Kaikèyl se meta la traverse. Elle a barres sur lui: il lui a promis jadis de lui accorder un vœu quelconque à son choix. Elle choisil aujourd'hui qu'il couronne son autre in- Bharata : et, comme le mal heureux père hésite cuire deux devoirs, elle lui fait

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mander Râma lui même, Râma déjà splendide menl paré pour le sacre. « Le roi », lui dil elle, « m'a fait une promesse dont il m1 repent: je te la dirai, -i tu me promets de l'accomplir, d Râma pro met. a Eh bien, tu t'exileras pendanl quatorze au-, ci Bharata sera sacréà ta place. » Râma s'incline, prend congé de sou père, puis de sa mère Kausalyâ, et part avec Sitâ et Laksmana, que ses installée- n'ont pu décider à le quitter. Douleur de Daçaratha et de ses sujets. Pénible voyage des trois exilés. Resté seul avec Kausalyâ, le vieux roi lui révèle que tous ses malheurs lui viennent d'une malédiction encourue en ».-i folle jeunesse, et meurt de chagrin entre ses bras. Bharata, mande par messagers, apprend avec indignation qu'il hérite du trône, invective sa mère Kaikéyi, console Kausalyâ. et jure de ramener et restaurer Rama,. Il part à la tête d'une nombreuse armée, trouve les exilés dans leur pauvre ermitage, adjure son frère de revenir et d'assumer la royauté. Râma pleure son père mort, mai- -e refuse à reprendre la parole par lui donnée. Longue lutte de dévouement fraternel, d'où Râma sort vainqueur: il restera en exil, mais pour autant Bharata ne régnera point; il s'exile, lui aussi, en installant sur le tronc vacant les sandales de Rama. — Les ascètes chez qui Râma a trouvé asile lui annoncent que les importunités du démon Khara, frère de Râvana, les contraignent ;'i

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