‹ Les littératures de l'Inde; sanscrit, pâli, prâcritChapitre 8 sur 130 · Les rei ueils \ édiqi es · texte numérisé non relu

Les rei ueils \ édiqi es

A ce panthéon l'Inde préhistorique ;i élevé le vaste monumenl qu'elle appelle le Véda. Ce mot (exactement vêda) ne signifie autre chose que (i science - ci implique un recueil encyclopédique d.- connaissances de l'époque. Encore que ses \ ues -nient courtes el surtout chimériques, le Véda ne dément pas -on titre; car il Eorme un amas de traités liturgiques, théologiques, philosophiques, dent j'es saierai plu- bas de donner quelque idée, et au dépouillement complel desquels une vie d'homme suffirait a peine. Au sens moins large, toutefois ou réserve le nom de Vedas,à quatre recueils poétiques relativement peu étendus, compilés, eux aussi, il va san> dire, pour le- besoins exclusifs de la liturgie, mais empreints d'un cachet littéraire plus eu moins accusé. Entre ceux-ci même, l'inégalité, sous tous les rapports, est flagrante. Le Sâma-Véda « livre ,1c- mélodie- o n'est qu'un livret de plain-chant, un petit extrait du Rig-Véda avec notation musicale, a l'usage des prêtres chantres. Le « livre des formules » (Yajur-Véda) contient bien de- stances étrangères aux trois autres, mais surtout des se quences de prose ou de brèves adjurations, que murmurent à mi-voix les servants du culte en vaquant à leur besogne minutieuse et compliquée.

LES RECUEILS VEDIQUES l!>

Restent donc, comme représentants de là produc tion vraiment littéraire de l'âge védique, le Eiig. Véda, « livre des vers >>' , et l'Atharva-Véda, nom me d'après ses auteurs mythiques.

Les hymnes du Rîg Véda n'étaient point chantés, mais récités sur un ton solennel et élevé, avec exacte observation de l'accent e! de la quantité des syllabes, par le principal officiant du sacrifice de sôma ou par l'un de ses acolytes II- sonl au nombre de 1017, très inégalement répartis entre dix livres : les doux livres les plus longs (IetX) en comptent chacun l'.U ; le plus couri (II), 43 seulement. Les hymnes, à leur tour, varient beaucoup en étendue, de 2 à ances jusqu'à 50 el davantage : soit en masse environ 10000 stances de trois ou quatre verscha cune. Pas n'est besoin d'insister sur ce qu'un pareil total suppose de Eatras, de redite- et de remplissage : même en écartant résolument tout souvenir du goût occidental et des chefs dH-m re classiques, il est difficile de pardonner à ces bardes sacrés l'ennui lourd qui se dégage de plus d'une de leurs pages; en particulier, le livre de Sôma (IX) n'est qu'une interminable enfilade de lieus communs, toujours les mêmes, \ éritable tour de force d'amplification banale, qu'il faut îvroiniuandiT aux jeunes

sanscritistes de fuir avec terreur, s'il- no veulent se

1. Exactement rgeêda, du mol /•'■ o stance»; mais [a [orme francisée du mot est trop bien passée en usage pour qu'on puisse sans pédanterie j rétablir 1'/" voyelle.

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dégoûtera toul jamais de la phraséologie védique. Mais, partoul ailleurs, el le lecteur a déjà pu s'en convaincre, — ils seronl bien payés de leur constance; car il- liront rarement dix à vingt stances sans rencontrer une perle isolée ou même, çà el là, tout un riche écrin.

La chronologie esl le fonds qui manque le plus à l'histoire littéraire comme à l'histoire politique de l'Inde : dans ses doux premiers millénaires, elle n'offre guère d'œuvre qu'on puisse dater autrement (|if;i une approximation de cinq à six siècles; à pins forte raison lorsqu'il s'agit de remonter aux origines. Le Etig-Véda est à coup sur le plus ancien des quatre; mais quel âge a-t il? Passons sur l'an tiquité fabuleuse que lui assignent les croyances locales : la mystique hindoue jongle avec les siècles eomme le pourrait l'aire l'Éternel en personne. Passons aussi sur celle qui ressortirait de calculs astronomiques, ingénieux et précis, à la vérité, mais qui ont le tort de ne point s'appliquer aux écrits eux-mêmes, de ne viser que telles ou telles traditions qui s'y sont survécu : il est clair que ces traditions peuvent être beaucoup plus anciennes que les documents qui s'y rapportent. Mais n'évitons pas moin- l'excès de scepticisme qui ferait descendre les Védas jusqu'au temps d'Alexandre le Grand, sous le prétexte que l'Inde n'aurait pas eu d'écriture avant cette époque : l'as>ertion est toute gratuite, et, se vérifiàt-elle, elle ne prouverait rien

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