POÈMES LYRIQUES
basse continue dans l'accompagnemenl voilé que t'ait à cette brillante mélodie la mélancolie tendre du r\ thme el du chois des mots. Sans doute aussi, le poète de cour se décèle aus images favorites de luxe et d'opulence mondaine que lui suggèrent les spectacles évoqués par son héros: un Ariel a-t-il tant à l'aire d'ornements terrestres ? mais il faut convenir qu'il les enchâsse avec nue étonnante dextérité et les rajeunit des plus heureuses trou- \ aille-. Si l'aurore a des perles, ne croyez pas que ce soit elle qui les sème: pourquoi lescieux brillent d'un si vif éelut, <■ est que la nuit Eut l'heure des rende/ von- d'amour des fées et des génies.
Elle a laissé tomber lea lotus de sa tressé, Goutte à goutte égrené son collier de pubis : Au jour naissant on lit la trace enchanteresse I tes nocturnes senl iers que l'amante a suivis.
[lest moins sur que le Rtusamîiàra « Ensemble des Saisons » soit <\>' Kâlidâsa* : encore lui ferait
il b leur, c'est une courte géorgique, telle qu'on
la doit attendre i\^ Virgile d'une région où la puissommeil, reste auprès d elle le tiers d'une nuit sans faire innerton tonnerre; car il se pourrait qu'un vague songe la berçât de ma présence aimée, el le réveil dénouerai! soudain l'étroite étreinte des lianes de ses bras enla»
m, >n col. » Mais c il- h i pendre la langueurde la phrase
musicale et l'élégance précieuse des longs tuots i iposés?
l , « Les seules œuvres vraiment authentiques de Kàlidasa paraissent être le Etaghuvaraça, le Kumârasambhava, untalâ, Vikramôrvaçi, Mâlavikâgnimitra, le Môghadûta. o S. Lévi, le Théâtre Indien, 11, p. 34
ïis LES LITTÉRAT1 RES DE L'INDE
sance créatrice de la nature l'emporte infiniment sur celle du travail humain- Elle se divise en six chants, autanl que l'Inde tropicale compte de sai sons, de deux mois chacune; l'été, avec sa lumière aveuglante et sa meurtrière sécheresse ; la période des pluies, sa buée chaude parfois plus intolérable encore, ses lourdes nuées sillonnées d'éclairs el son déluge croupissant ; l'automne, la saison exquise, quand les eaux en excès ont passé dans la sève des plantes, et que les frais vents du nord commencent :i souffler. amenant les journées douces et les nuits sereines : l'hiver, temps de repos où les frimas font plus intimes les .joies de l'amour dans les retraits clos et parfumés1 ; l'avant-printemps, avec ses retours impré\ us de bisesaigreset de courtes ondées ; le printemps enfin, la renaissance universelle, — la Fâque bénie que toute- les générations ont fêtée et fêteront du même langage ému dans la suite des siècles, tant qu'il y aura des hommes pour communier avec Dieu dans son œuvre mystérieuse et peut-
être consciente.
Le Gîta-Govinda, littéralement « le Bergerlyrique » ou « le Chant de Gôvinda » (autre nom de Krsna), ressemble par le fond au Cantique des Cantiques, et il a eu la même fortune : Krsna est dieu, et il n'en fallait pas davantage pour que ses lascives amours avec Râdhà parussent symboliser l'union,
1. Comparer le finale des Fantaisies d'hicer de Th. Gautier (Émaux et ('mures).