EN VENDÉE
« Saint-Sornin ou Sorlin.
« La pierre debout du champ de la Pierre ou de la Chenillée, à 2 kilomètres du clocher, proche la route impériale des Sables à Luçon, fut plantée, dit-on, par Gargantua. C'est un monolithe imposant qui a 4 mètres 75 centimètres de hauteur, 2 mètres 95 centimètres de largeur et une épaisseur de I mètre 10 centimètres.
« Canton de Montaigu. De Montravers (Deux- Sèvres) à Torfou (Maine-et-Loire), à Boussay et à Gétigné (Loire-Inférieure), on voit çà et là, sur la rive droite de la Sèvre nantaise, des pierres celtiques... A Gétigné, c'est le Rocher aux Ècuelles du village de l'Anerie, ècuelles dues à Gargantua, le granit ayant cédé sous la pression de ses genoux et de ses coudes. A l'heure du sabbat, la roche sonne comme la corde d'une lyre ; c'est le signal donné aux farfadets qui habitent au village de l'Anerie, de l'autre côté de la Sèvre. »
(F. Baudry, 3» Mémoire, p. 13).
Sur les empreintes laissées par Gargantua, voyez le commentaire du conte Ta9 II (Haute-Bretagne). Cette légende s'applique souvent aux pierres à ècuelles ; c'est tantôt le diable, untôt un saint, tantôt un héros qui prend la place de Gargantua. Cf. le ch. !«' du tome I de mes Traditions et Superstitions,
l84 GARGANTUA
« Canton de Mareuil. Rosnay-sur-Yon possède deux menhirs ; ils sont placés sur le terrier . de. Follet, de chaque côté du vieux chemin qui coor duisait à Mareuil. On les appelle les Pierres folks du Follet, Le plus petit, long de 3 mètres 50 ceatimètres, est renversé ; l'autre est debout, et messure : hauteur 3 mètres 66 centimètres, circonférence moyenne 3 mètres 25 centimètres. La légende en fait des minches de Gargantua, quand il s'amusait à manier les dolmens des cantons des Moutiers les Mauxfaits et de Talmond, qui lui servaient de palets.
« Un jour, poursuivi par les chiens d'un berger qui gardait son troupeau sur le coteau où est la grotte Saint-Yon, il les mit dans ses poches pour pouvoir les écraser comme de misérables fourmis; mais ces animaux, plus intelligents qu'il ne sup-/ posait, se blottirent impunément entre ses jambea colossales, et là, ils déchiquetaient à belles dents ses talons monstrueux, lorsque, pour leur échapper, il laissa choir les deux gros monolithes ; mettant ensuite le pied sur le plus élevé, il posa l'autre sur la flèche de Luçon, distante de 12 kilomètres» Craignant d'y retrouver ses adversaires, il atteignit d'une seconde enjambée la flèche de Fonte-
EN SAINTONGE - iSj
nay-le-Comte (28 kilomètres) et d'une troisième celle de Niort (32 kilomètres), où il prit un instant de repos. Depuis, on ne l'a plus revu à Rosnay. Il est permis de voir dans cette légende la victoire du christianisme sur la population riveraine de l'Yon. »
(Ihid., p. 30).
Une légende recueillie par Danjou de la Garenne (cf. Haute- Bretajne, p. 6) montre Gargantua prenant des cailloux pour se défendre des chiens.
Sur les enjambées gigantesques, cf. le commentaire du conte n^ II (Haute-Bretagne).
« On trouve dans la commune du Tablier, canton de la Roche-sur-Yon, les pierres folles et la pierre Nauline, ou Pierre de Gargantua, plantée verticalement dans le lit même de l'Yon. »
(Biémoires lus par l'abbé Ferdinand Baudry au Congrès archéologique de France, tenu à Fontenay-le-Comte en 1864. Momuments de l'âge de pierre en VeniU).