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« Le géant ayant eu grand soif, un jour qu'il s'était repu de cette bouillie, se fit conduire au bord de la mer et but longuement l'eau salée. La colique le prit aussitôt.
« / sais pas ce qu'i aiy dit-il, i crois quH ai avalé un musset (moucheron).
Cf. le commentaire da conte xï9 II, p. 34 et suiv.
« Un médecin appelé en toute hâte se transporta loco dolenti et découvrit dans Testomac un bateau chargé de poudre auquel il mit le feu.
« Gargantua fit alors un pet énorme et se sentit soulagé. »
(Desaivre, p. $. Il a recueilli cette légende de la bouche d'un domestique, qui la tenait d'an Gâtineau de la paroisse d'Alloués, canton de Secondigny.)
Une variante du repas à la bouillie : A un moment donné, la pelle qui verse la bouillie échappe au .pourvoyeur et Gargantua l'avale sans s'en apercevoir.
Cependant il éprouve bientôt une sensation désagréable dans l'estomac et se met à dire : « Brassez, brassez o l'ématonne, » c'est-à-dire la bouillie forme de gros grumeaux.
{Communiqué par M. L, Desaivre).
Cf. sur la pelle avalée le fragment v9 R (Haute-Bretagne).
« Gargantua, assis sur le clocher de Fontenay, un pied sur la flèche de Niort et Tautre sur celle de Luçon, compissait aigrement les gens de la Rochelle. »
{Légende recueillie à Fontenay par M. Fillon, citée par Desaivre, p. 5).
Cf. le commentaire du fi-agment n9 IV (Haute-Bretagne). § II. — GARGANTUA EN VENDÉE
iN antiquaire de TOuest, très honorablement connu par ses travaux archéologiques, M. Ferdinand Baudry, s'était attaché à relever dans le département de la Vendée les traces que Gargantua avait laissées dans les noms de pays et dans les légendes; je ne puis mieux faire que de citer les passages où il a traité cette question, et dont je dois la communication à M. Desaivre :
« Void ce que dit Cavoleau, Annuaire de Van XII, p. 287, et Description de la VtndUy p. 333, des peulvans de la commune d'Avrillé :
<c A im kilomètre à Test du bourg, sur la grande route des Sables à Fontenay, il y en a trois parfaitement alignées, et à peu près de la
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même hauteur; autrefois, il y en avait une quatrième plus élevée à l'extrémité septentrionale de la ligne... Elles attirèrent l'attention de M. Dorotte, ingénieur en chef des travaux maritimes du département, qui crut pouvoir les employer à la construction des jetées du port des Sables. II fit creuser autour de la base de celle qui était - la plus rapprochée de la route, et, à huit pouces de profondeur, il trouva qu'elle était entourée d'un pavé en blocage qu'il fit détruire et qui rendit à peu près deux mètres cubes de moellons. Ayant fait creuser ensuite à vingt pouces, en contre-bas, d'un seul côté, on put l'abattre sans la briser. Elle pesait, d'après l'estimation de ce même ingénieur, de 1$ à 18,000 kilogrammes. M. Léon Aude retrouvait, en 1840, les débris de cette pierre brisée en trois par la mine, et non encore utilisée. Les trois autres menhirs furent brisés en 1833 pour la construction d'un moulin.
« Un fermier du Bernard, qui avait passé sa journée à Saint-Benoît, nous disait dernièrement :
« Quand Gargantua était berger et devin dans « le pays, il s'amusait à jouer aux palets. Les trois « pierres d'Avrillé lui servaient de minches (but), « et la pierre couchée qui se voit encore dans I2
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« plaine de Saint-Benoît est l'un des palets qu'il « lançait vers ce but à trois lieues de distance. »
On retrouve un peu partout les palets de Gargantua.
« Ainsi le peuple croit encore de nos jours que Térection des dolmens et des menhirs est due à une puissance surhumaine. Ici ce sont les fées qui ont tout fait, là c'est l'œuvre de Gargantua, être imaginaire symbolique, en qui se résume la force et le pouvoir attribués à ceux qui ont des relations avec l'autre monde, aux prêtres et aux prêtresses des temps anciens, aux âradets et aux sorciers des temps modernes. »
(Antiquités celtiques de la Vendée, canton de Talnwnd, 2* Mt^ moirtf par l'abbé Ferd. Baudry, curé du Bernard. Extrait de V Annuaire de la Société d'Émulation de la Vendée^ 8* année, p. 4^. Napoléon- Vendée, J. Soiy, 1862).
« Belesbat est le nom que porte le territoire qui relie Jard à Saint- Vincent-sur-Jard. Non loin de Belesbat, à une faible distance du ruisseau du Goulet, commune de Saint-Vincent, se trouvent les pierres du haut desquelles, suivant la tradition, on condamnait autrefois les mauvais game» ments... Les pierres dont nous parlons sont deux dolmens : le plus considérable, appelé pierre du
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Grand Douillac, est maintenu debout par trois blocs ; ses autres supports sont renversés. Ce dolmen est en grès... La table a 3 mètres 80 centimètres de long sur 3 mètres 70 centimètres de largeur, son épaisseur est de 60 centimètres. Cette pierre est connue dans le pays sous le nom de Palet de Gargantua, Au sud et à l'est, à 40 ou 50 mètres, trois menhirs renversés semblent établir que le dolmen était entouré de monuments de cette espèce. »
(Ferd. Baudry, i" Mémoire, p. 19-ao).
« Canton de Challans. La l^ende de Gargantua, qui se relie souvent aux traditions antiques, fait passer ce géant par Bois de Céné et par un lieu appelé depuis Pau (Loire-Inférieure), parce qu'une malencontreuse indigestion le força de s'y arrêter un moment. »
(Ihid., 2« Mémoire, p. 13J.
« Saint-Benoît-sur-Mer (cf. Avrillé) a conservé de l'époque celtique une large table en granit; c'était un dolmen; aujourd'hui on l'appelle la Pierre couchée ou le Palet de Gargantua,
« On montrait jusqu'à ces dernières années, à la Bergerie, un énorme caillou que l'on a détruit
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pour le passage de la route; il en existe un autre à la Maratte. Ils portaient tous deux le nom de Cailhtix de Gargantua.,,
« Nous avons dit précédemment que le souvenir de Gargantua, qui est si vivant dans notre pays, pouvait rappeler celui des druides. On sait que Merlin, le plus illustre des enchanteurs, com^ posa avec un os de baleine et une fiole de sang la poudre d'où furent formés Grand-Gosier et Gargamelle, père et mère de Gargantua (Bibliothèque bleue); or, Merlin, dit la légende, naquit d'une druidesse et d'un démon. L'île dans laquelle quelques-uns le font naître n'est pas très éloignée de l'embouchure de la Loire. M. François Piet et M. Edouard Richer (Recherches sur Vile de Noirfnoutters) pensent que cette île est Noirmoutiers.
« Le Palet de Gargantua était autrefois le bot d'un pèlerinage superstitieux. Au printemps, le peuple allait déposer sur la pierre une poignée de trèfle pour se préserver du cJieval Malet, cheval blanc sellé et bridé, que les gens trouvent la nuit sur leur route et qui les sollicite à monter sur son dos, pour les jeter dans des précipices et surtout dans des fontaines... »
(F. Baudry, p. 13-14).