EN BERRY
raitre et se promener dan3 « les mauvaises nuits.- »
(MArtinet, p. 5 et 6).
« Les traditions et les légendes sont plus rares dans cette région pittoresque (la région de Tlndre qui touche à la Creuse) que dans nos plaines ; tnais elle sont généralement tristes, et, sauf ce qui se rapporte à Gargantua, je n'ai pas trouvé par là ce fond d'humour berrichonne qui mêle souvent l'ironie aux terreurs du monde fantastique.
<c En Berry, où aucune tradition historique n'est restée dans la mémoire des paysans, sinon à l'ïétat de mythe, on est très-surpris de retrouver une sorte d'histoire locale très-précise de Gargantua^ tout à fait en dehors du poème de Rabelais, bien que dans la même couleur. A Montlevic, une petite éminence isolée dans la plaine a été formée par le pied de Gargantua. Fourvoyé dans nos terres argileuses, le géant $ecoua fon sabot en ce lieu et y laissa une colline,
« Sur la Creuse, aux limites du Berry, on re^ tnnive Gargantua enjambant le vaste et magnifîque ravin où la rivière s'engoujSre, et^treledocher du Pin et celui de Ceaulmont, planté $ur le$ bords escarpés de l'abîme. Un b$ç rempU 4e inojiies
vint à passer entre les jambes du géant. Il crut voir filer une truite, se baissa, prit Tembarcation entre deux doigts, avala le tout, trouva les moines gros et gras, mais rejeta le bateau en se plaignant de Tarête du poisson.
« Ceux qui vous racontent ces choses n'ont certes jamais lu le livre, et pas plus qu'eux leurs aïeux n'ont su son existence. Le nom de Rabelais leur est aussi inconnu que celui de Pantagruel et de Panurge. Le frère Jean des Entomeures, ce type si populaire par sa nature et son langage, n'est pas arrivé davantage à la popularité de fait. Ces personnages sont l'œuvre du poète ; mais je croirais que Gargantua est l'œuvre du peuple, et que, comme tous les grands créateurs, Rabelais a pris son bien où il l'a trouvé. »
(G. Sand, Légendes rustiques, p. 56-59).
« Il y a tout lieu de penser que Rabelais, qui fut souvent par voies et par chemins, et qui se plaisait à visiter ses amis de jeunesse, au nombre desquels il comptait le savant gentilhomme berruyer Barthélemi Salignac et bon beuveur Antoine Tranchelion, abbé de Saint-Genou (Indre) fit plus d'un séjour dans l'ouest de l'arrondissement de