S V. — GARGANTUA EN ORLÉANAIS
L existe près du bourg de Toury (Loiret), sur la grande route de Paris à Orléans, un dolmen dont Torigine est semblable à celle du gravier. Le géant s'y débarrassa, en passant, d'un petit caillou qu'il retira de son soulier, et ce caillou est l'énorme pierre qui a pris le nom de Pierre de Gargantua. »
« Il a laissé un palet et une drue à Saint-Sigismond (Loiret).
(Boarqnelot, p. 2).
« n s'est trouvé dans la même position près de Beaugency (dans l'attitude du colosse de Rhodes, debout sur deux rochers et se penchant pour boire d'un trait la rivière qui coule à leur base), et Ton prétend qu'il posait jadis l'un de ses pieds sur la Pierre Tournante, et l'autre sur la Pierre d'Orcières^ qui en est distante d'environ trois lieues.
ÇOnd., p. s).
(c Un jour, il voyageait en Beauce, portant sur le dos un fardeau de bois ; pris par la faim, il pria une vieille qui menait un troupeau de bœu& de lui donner à manger. La vieille lui oârit de se
rassasier sur le troupeau, et il le dévora tout entier. En récompense, il laissa à la bergère sa charge de bois avec laquelle elle se chauffa tout l'hiver. »
(Bourquelot, p. $).
« A Gallardon, non loin de Qiartres, un champ inondé de petits cailloux, tous de même forme et d'égale dimension, rappelle en miniature la fameuse plaine de la Crau, en Provence, où, selon la mythologie phénicienne, Jupiter envoya à Hercule une nue chargée de pierres, pour remplacer ses flèches épuisées contre les Ligures. Au milieu du champ de Gallardon, s'élève un menhir de même forme que les cailloux ; aussi la pierre druidique porte-t-elle le nom de Mère aux cailles (cailloux). Tout à côté une tour, dont il est difficile d'assigner la date, porte le nom de Tour de Gallardon ou (ï Épaule de Gargantua, La base écroulée ne supporte que par un pan l'énorme masse circulaire du reste de l'édifice. »
(L. Garraud, Origines littéraires de la France^ dans la Galette lie Hongrie^ 17 août 1882).
La tour de Gallardon est plus habituellement désignée sous le nom de VÈpaule de Gallardon.
A Ymeray (Eure-et-Loir), à trente mètres d'un dolmen, sont des roches éparses que les paysans appellent Palets de Gargantua,
(Communiqué par M. Minora),
« On voit ses palets à Changé, près Mainlenon (Eure-et-Loir). Cest un groupe de peulvans et de menhirs, dont un seul reste encore debout. Suivant la tradition, Gargantua s'amusait à lancer vers un but des pierres en guise de disques ; le but est le menhir qui a conservé sa position perpendiculaire; les palets sont les rochers épars lancés par le géant contre le but. »
(Bourquelot, p. 3).
« Alluyes, canton de Bonneval, arrondissement de Qiâteaudun (Eure-et-Loir).
« A deux cents mètres au sud des premières maisons du village, rive gauche du Loir, au lieu dit la Plaine d'Ambré, existe un demi-dolmen. U est connu sous le nom de PierrerCoupe ou PàUt de Gargantua, et se compose d'une grande taUe enfoncée dans la terre du côté nord et soutenue, à cf^*jo et oi°8o au-dessus du sol, du côté sud» par un pilier médian : longueur de la tatAÈ»
$ mètres; largeur, 3°^4$; épaisseur, o™8o. Ce dolmen, dit-on, n*a pas été fouillé. »
{Topographie des Gaules").
« A MembroUes (Loir-et-Cher), se voit une pierre de Gargantua. »
(Bourquelot, p. $).
« D*après M. Launay, qui les a dessinées, il y a à MembroUes, non pas une, mais deux pierres dites de Gargantua. Ce sont deux dolmens inclinés, à trente-cinq mètres l'un de l'autre.
« Le géant a laissé comme monument de ses jeux un palet et une drue, à Tripleville, canton d'Ouzouer-le-Marché. »
(Bourqudot, p. $).
M. Launay a dessiné ces monuments qui sont au nombre de trois ; ce sont : la Drue ou la quille de Gargantua, menhir important, mesurant 3°»8o de hauteur sur 2°i30 de largeur ;
Le Dolmen dit Palet de Gargantua ;
Le Menhir, dit Pierre de Gargantua, renversée sur le sol ; hauteur 4"a6o, largeur 2«70.
Au hameau du Temple, commune de Vendôme,
Pierre levée dite le Gravier de Gargantua, haute de 2™30, large de i^yo.
La légende dit que Gargantua en passant près du hameau du Temple, sur la route de Vendôme à Blois, sentit un gravois ou gravier qui le gêmdt dans sa chaussure, et qu'en cherchant à s'en débarrasser, il en fit sortir la susdite Pierre levée.
(Communtqui par M. G. Launay),
« A Verdes (Loir-et-Cher), on voit la Soupière de Gargantua \ c'est une grande excavation, évidemment faite de main d'homme, et près de laquelle se trouvent un tumulus et des" pierres posées, qui contribuent à lui donner une physionomie druidique. »
(Boorqnelot, p. a).
« Sur le même territoire se trouve une pierre longue d'environ dix pieds et échancrée par le milieu, que les gens du pays prennent pour les Lunettes de Gargantua» »
(Jhii.^ p. 2).
« Les nouvelles pierres druidiques que vient de décrire votre confirère , M. Pellieux l'aîné (Pissertation sur les pierres de Ver et de Feuhrde^ situées
dans la commune de Travers, près Beaugency, Orléans, 1822), sous les noms de Pierre de V«r, Pierre de Feularde qui tourne, Pierre de Feularde Vervalant, de Palet et de Drue de Gargantua, de Lunette de Gargantua. »
(Soc. des Antiquaires, t. V, p. vni-ix).
Dans la commune de Souday, canton de Montdoublon, arrondissement de Vendôme, se trouve le curieux château de Glatigny, que Rabelais a habité à plusieurs reprises. On voit encore dans la cuisine une immense cheminée à faire rôtir un bœuf. Elle continue à porter le nom de cheminée de Gargantua,
(Communiqui par M. G. Launay).
Cf. plus loin la cheminée de Gargantua en Gascogne. Le Dictionnaire tofx^aphique des Gaules mentionne sept pierres en Eure-et-Loir qui portent le nom de Gargantua ; Tune d^elIes est aussi Tobjet d'un pèlerinage à saint Christophe, dont la sutue est auprès.
« Palet de Gargantua, près du château de La Brosse (Eure-et-Loir). »
{Mémoires de la Société des Antiquaires, 1. 1, p. 25).