‹ Les Littératures populaires de toutes les nations (volume 3)Chapitre 66 sur 97 · I. — CHANSON DE MENSONGES · texte numérisé non relu

I. — CHANSON DE MENSONGES

Qu'as-tu vu, \ Compère, J (bis)

Qu'as-tu vu? ) J'ai vu une anguille Qui peignait sa fille Pour aller danser.

Compère, commère, Pour aller danser.

— Compère, vous mentez.

QjLi'as-tu vu ? etc.

J'ai vu un crapaud Qu'aiguisait sa faux Pour aller faucher.

Compère, commère, Pour aller faucher.

— Compère, vous mentez.

Qu*as-tu VU ? etc.

J'ai vu un lieuve Qui tremblait la fieuve Cont* un échalier, Compère, commère, Cont' un échalier.

— Compère, vous mentez.

Qu'as-tu vu ? etc.

J'ai vu une guernouille.

Qui filait sa quenouille Au coin d'un fossé, Compère, commère, Au coin d'un fossé.

— Compère, vous mentez.

Qu'as-tu vu? etc.

pai vu un cochon Qui jouait du violon Et savait valser.

Compère, commère.

Et savait valser.

— Compère, vous mentez.

Qu'as-tu vu ? etc.

J'ai vu un renard Qui cuisait du lard Dans un pot percé, Compère, commère.

Dans un pot percé.

— Compère,vous mentez.

Qji*as-tu vu? etc.

J*ai vu une cônille QjLii coiffait sa fille Pour aller s*marier, Compère, commère, Pour aller s'raarier.

— Compère, vous mentez.

{Matignon,')

Comparez une « chanson de mensonges d'Eure-et-Loir, » publiée dans Milusine, col. 314.

IL — LA BiaUE A JACaUES ANDRÉ.

Chansonnette paisante (i), Voul'ous la ouï chanter :

C'est d'une bique blanche, La bique à Jacques André.

Depès qu'elle est chez nous, La pauvre bique blanche, Depès qu'olle est sez nous, O n'a point zeu de chance.

Le pâtous qui la mène Se nomme Nicolas,

(x) PaisanU n'a que trois syllabes ; plusieurs poètes du seizième siècle ne comptaient que deux syllabes dans paysan.

La mène et la ramène Tout à Tentour du bois :

Tout à Tentour du bois, La pauvre bique blanche, Depès qu'olle est sez nous, O n'a point zeu de chance.

Quand c'fut au matin jour, Not* femme o s'y leva ; O mit son cotillon, A l'étab'e elle s'en va.

La pirouitte pirouinnée Est morte entre deux vaches ; Elle s'en va tout dret Conter ça à son Jacque.

— T'en souvient-i', mon Jacque, T'en souvient-i', qu'un saï, Not' chieuve était malade.

Tu t'y moquis de mai ? Olle est morte à matin Sur une poignée de fieurre :

Te v'ia bien couyonné Ta qu'aimas tant son bieurre.

— Va-t'en, ma pauvre femme.

Va-t'en chez l'écorchous ; Dis-li : Not' pauvre chieuve Est morte par malhoû,

Est morte par malhoû, La pauvre bique blanche; Depès qu'oUe est sez nous,

n'a point zeu de chance.

1 tirit de ses hannes (i) Un grand vilain coutiau, Li dit : Ma pauvre chieuve.

Il faut que j'aie ta piau.

Il faut que j'aie ta piau.

Ma pauvre bique blanche, Pour en faire un mantiau, A ma grand'tante Jeanne.

La chieuve dont je vous parle

Avait de bons parents ;

C'est la cousine germaine

Du bouc à Trémaudan (2).

Le d'funt Biquet

Était son feu grand-père ;

La chieuve Margot

Était sa d'funte grand'mère.

(JDinan, CombourgJ)

(i) Culottes.

(2) Il est plusieurs fois parlé dans les chansons galaises du bouc à Trémaudan. Cf. ci-aprés la Chieuve de Trémaudan. Je ne sais à quel fait local attribuer cette allusion : il y a aux environs de Lamballe une famille de Trémaudan.

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