‹ Les Littératures populaires de toutes les nations (volume 3)Chapitre 94 sur 97 · PROPOS DE CATECHISME · texte numérisé non relu

PROPOS DE CATECHISME

— Le Père est-il Dieu ?

— Oui.

— Le Fils est-il Dieu ?

— Vère, quand son père sera mort. (E.)

— Combien y art-il de Dieux ?

— Il y en a trois.

— Trois ?

— Vère, celui de Liffré, celui de Gosné et c^ lui d'Ercé.

. Céuient les trois bourgs que Tenfant connaissait.

— Êtes-vous chrétien ?

— Vère, je sommes tous chrétiens à la maison ; i* n'y a que ma mère qu*est une Jagueu. (M.)

Aimerais -tu mieux, demandait un prêtre à un enfant du catéchisme, être en paradis qu'en enfer ?

— J'aimerais mieux être en enfer, parce qu'on s'y chauffe, répondit l'enfant qui avait très-froid.

Un prêtre faisait le catéchisme.

— Combien y a-t-il de Dieux ? demanda-t-il à un enfant.

— Il n'y en a pas tant comme de prêtres ; ils ne s'entre-dureraient pas, répondit-il.

— Qjiel âge as-tu, petit gars, qui parles si bien?

— L'âge d'un bon veau : tous l's ans douze mois. (E.)

5 n. — PROPOS RUSTIQUES.

Jean Duchêne était un bon buveur de cidre, qui, non content de celui de son cellier, allait volontiers en ville pour établir des comparaisons entre les différents pommages.

Un jour que, vers le soir, il sortait de l'auberge de Dubois, il fut rencontré par un de ses compères qui lui dit :

— Eh bien, Duchêne, le cidre de Dubois est-il bon?

— Ma foi, mon gars, je n'en sais rien.

— Comment, tu n'en sais rien ?

— Vère, je suis allé à l'auberge de Gjusin^ et le cidre y était de bonne qualité ; chez Lemercier, j'ai bu deux bolées qui m'ont fait plai^ sir; chez Ange Lorant, le piot était ben cœuru, et j'en ai bu trois bolées ; chez Jacques Ma Tante, il n'était pas mauvais. Je suis entré chez Dubois ; mais là le goût des divers cidres s'est mêlé à celui du sien, de sorte que je ne peux vous dire s'il est vraiment bon ou mauvais. (Matignon.)

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Une fille avait deux galants : un jour qu'elle était enfermée avec l'un d'eux, l'autre passa par là en portant à la forge un soc qui avait besoin d'être raccommodé.

En arrivant à la porte de sa bonne amie, il lui demanda à entrer pour causer ; elle refusa.

— Puisque tu ne veux pas, mets ta joue à côté du trou au chat ; je vais t'embrasser.

La fille fit ôter les culottes à l'autre galant, et le fit présenter au trou du chat ses fesses bien charnues et bien dodues.

— Comme tu as de bonnes joues, dit le galant : tu voudras encore bien que je t'embrasse en revenant.

— Oui, répondit la fille.

Arrivé à la forge, le garçon fit chauffer son soc jusqu'à ce qu'il fût rouge, et comme l'autre amoureux lui présentait encore ses prétendues joues, il le brûla avec son soc. (E.)

Jean Ménar monta un jour sur son âne, et il tenait à la main un fagot. L'âne se trouvait chargé et se plaignait à sa façon :

— Gîmment! lui dit son maître, tu geins, bougresse, et c'est moi qui porte tout !

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