‹ Les Littératures populaires de toutes les nationsChapitre 15 sur 32 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

vcns, — même en faisant abstraction de l'intérêt scientifique, — Jes aimer, les respecter et nous bâter de les recueillir, au moment où Us sont tnenacês de disparaître pour toujours,

Cest ce ^ue fai essayé de faire pour la Basse- Brett^ne.

fai été le premier à donner des versions exactes et parfaitement authentiques de nos contes populaires bas-bretons; fai beaucoup cherché et beaucoup trouvé; fnais, il restera encore, après moi, bien des découvertes intéressantes à faire sur le sujet, et je ne puis qu'engager et encourager les jeunes folMoristes bretons à en tenter l'épreuve, en les assurant que leur peine ne sera pas perdue.

La fànte est un pays plein àe terres âèsertes;

Tous les jours, les cfaercheors jfofit des ièeouverla,

F. M. LuzEL.

Quimpcr, fc 2$ janvier 1887.

LA FILLE dUI SE MARIA A UN MORT

Be:(a iço hrema pell-amier' jyar e'haulx m'ho devoa dennt ar ier.

II y a d« cela bien longtemps, Quand les poules avaient des dents.

îN jour, un mendiant arriva chez un roi, et demanda l'aumône, au nom de Dieu. La fille du roi le remarqua, et elle dit à son père qu'elle voulait avoir ce mendiant-là pour mari. Le roi pensa d'abord que c'était pour plaisanter que sa fille parlait de la sorte. Mais, quand il vit qu'il n'en était rien et qu'elle parlait pour de bon et sérieusement, il lui dit :

— Il faut que vous ayez perdu la raison, ma fille, pour vouloir vous marier à un mendiant, la fille d'un roi comme vous l'êtes !

— Il n'y a pas à dire, mon père, il faut que je l'aie pour mari, ou je mourrai de douleur.

Le roi aimait sa fille par-dessus tout et faisait tout ce qu'elle voulait. Il lui dit donc qu*il la laisserait prendre le mendiant pour mari. Mais, le mendiant demanda que la princesse, ainsi que son père, sa mère et ses deux frères fussent baptisés, avant le mariage, car ils étaient tous payens. Ils furent tous baptisés, et le mendiant servit de parrain au prince aîné. On célébra alors les noces, et il y eut un grand festin.

Quand les noces furent terminées, le mari dit :

— Je vais, à présent, retourner chez moi, avec ma femme.

Et il prit congé de son beau-père, de sa bellemère et de tous les gens de la noce. Avant de partir, il dit encore aux deux jeunes princes ses beaux- frères :

— (iuand vous voudrez faire visite à votre sœur, rendez- vous auprès d'un grand rocher qui se trouve dans le bois voisin, frappez dessus deux coups en croix avec cette baguette, et je viendrai à votre rencontre.

Et il leur donna une baguette blanche, et parlit aussitôt avec sa femme, sans que personne sût où ils étaient allés.

Quelque temps après ceci, le plus jeune des deux princes dit, un jour :

— Il faut que j'aille voir ma sœur, afin de savoir comment elle se trouve là où elle est.

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