CHAPITRE XXI
Un groupe d'Américains, de Français et d'Anglais, qui sont au nombre des habitants les plus distingués de la capitale, ont entrepris une campagne en vue de doter Paris, à titre permanent, d'une bibliothèque publique américaine.
Voilà la preuve que l'esprit d'alUance entre l'Amérique, la France et l'Angleterre a survécu aux turbulences d'une année consacrée à l'œuvre de la paix — grâce à un projet auquel s'intéressent vivement M. Hugh Wallace, ambassadeur des États-Unis et Lord Derby, ambassadeur de Grande-Bretagne, ainsi que les consuls généraux de ces deux puissances ; projet auquel toute la colonie américaine et toute la colonie anglaise applaudissent avec enthousiasme, auquel Madame Poincaré a voué toute sa sollicitude et auquel coopèrent efficacement un certain nombre d'hommes de lettres français et de professeurs de la Sorbonne.
M. Seeger, président du Comité d'Organisation, est le père d'Alan Seeger, le poète-soldat américain, qui, en tant que membre de la Légion Étrangère, trouva la mort avant les milliers de ses compatriotes dont le
sang devait arroser le sol français. M. Seeger a fait à la bibliothèque de Paris un premier don de 50.000 francs, montant des droits d'auteur pour la vente des poèmes de son fils jusqu'à présent, et il a manifesté l'intention de consacrer à la bibliothèque les bénéfices qu'il retirera ultérieurement de la même source.
M, Seeger est retourné dernièrement aux États-Unis dans le but d'intéresser les Américains à son projet. Il est probable que beaucoup d'entre eux, trouvant dans cette bibliothèque la continuation de celle qui a rendu tant de services aux soldats américains pendant la guerre et leur a été d'un si grand réconfort, suivront l'exemple de M. Seeger en contribuant à la création d'un digne monument à la mémoire de leurs fils et de leurs frères qui sont tombés pour la grande cause de la liberté et de la démocratie.
Les événements qui ont rendu possible l'établissement d'une bibUothèque américaine permanente à Paris constituent pour ainsi dire le chapitre final d'une phase peu connue de l'effort militaire américain. Au cours des dernières années on avait déjà envisagé la création d'une bibliothèque qui, suivant les principes libéraux des bibhothèques américaines, ofïrii-ait au pubhc les ouvrages des peuples de langue anglaise. La colonie américaine, comme la colonie anglaise, se rendaient compte de l'utilité d'une semblable institution. Il appartenait à la guerre, qui devait conduire à Paris l'Association des Bibhothèques Américaines, de lui donner l'existence.
La première proposition tendant à l'étabUssement
LA BIBLIOTHÈQUE MIÉRICAINE 375
d'une bibliothèque publique américaine à Paris est probablement celle de M. Robert S. Mac Cormick, qui fut ambassadeur des États-Unis en France sous la présidence de Théodore Roosevelt. Eu 1905, M. Mac Cormick fît appel à un certain nombre de groupements civils et ecclésiastiques de Paris en vue de l'étabhssement d'une bibliothèque publique américaine. Pommettre son projet sur pied, il offrit de faire un don de cinq cents dollars, si l'on parvenait à créer un organisme sérieux ; mais il ne reçut pas de réponses suffisamment affirmatives et il dut renoncer à son projet.
Ce n'est que treize ans plus tard que la guerre dota Paris de cette institution. Sa sphère d'influence devait s'accroître rapidement, surtout au cours des derniers mois de la lutte. Les soldats .se rendaient rue de l'Elysée en nombre de plus en plus considérable ; on se donnait le mot qu'il existait en France un véritable coin d'Amérique — une bibhothèque publique. Quoique la viUe fût plongée dans une obscurité conplète, en raison des raids aériens, et qu'aucun rayon de lumière ne décelât à l'étranger l'existence d'une bibliothèque en cette maison emmitouflée, tous les soirs les saUes de lecture et de travail étaient pleines.
Ce n'est qu'après la signature de l'armistice que la bibliothèque rendit tous les services qu'on en pouvait attendre. Grâce aux hvres que le personnel désignait avec tact sur les rayons pour lutter contre la nostalgie et le mécontentement qu'ils trouvaient autour d'eux, les yeux de milliers d'hommes s'ouvrirent à la véritable beauté de Paris — à son arrière-plan historique, à son
art, à son architecture. Peu à peu ces suggestions répétées commencèrent à opérer et les lecteurs passèrent de romans superficiels à des ouvrages sur l'histoire de France, les voyages et la biographie. De nombreux soldats qui étaient venus à la bibliothèque en déclarant qu'il n'y avait rien à voir à Paris, s'en allèrent avec « A Wanderer in Paris » (Un promeneur à Paris) de Lucas sous le bras. Chaque jour on dévalisait les casiers qui contenaient les hvres d'histoire de France ; bien qu'on eût ajouté trois cents exemplaires à la collection, les demandes dépassaient les disponibiUtés. Il y avait en circulation constante plus de cent Baedekers de Paris. Les exemplaires des « Misérables » de Victor Hugo ne connaissaient pas, non plus, de repos. Les demandes d'ouvrages sur l'art et l'architecture augmentaient continuellement. La bibhothèque alimentait encore les guides de la Croix-Rouge et de l'Y. M. C. A. Il n'y avait guère à Paris de conférencier pour les soldats qui n'empruntât ses matériaux à la Bibhothèque de l'Association et ne compilât ses notes sur les tables des salles où étaient les ouvrages de documentation.
Un autre remède au mécontentement résultant de l'attente se trouvait sur les rayons consacrés aux ouvrages traitant des différents métiers et des différentes professions. Les demandes allaient de la plomberie à la médecine, et du droit à la peinture ; on pouvait satisfaire à presque toutes, grâce à la générosité du pubhc américain. Il n'y avait guère de soldat qui ne désirât avoir un livre sur la partie qu'il avait quittée pour entrer dans l'armée. Au bout d'une semaine les
deux mille étudiants américains mobilisés admis à la Sorbonne connaissaient tous pour ainsi dire le chemin de la bibliothèque et demandaient des ouvrages sur l'art et la littérature. Quand on faisait passer des examens diplomatiques, on demandait instantanément un nombre effrayant d'ouvrages sur le droit international, la géographie économique et l'histoire européenne.
Au cours de l'été de 1919, le retour rapide des troupes en Amérique fit décroître le chiffre des demandes ém.anant du corps expéditionnaire à Paris et l'on put ouvrir la bibliothèque à tout habitant de la capitale, ou à tout visitem", quelle que fût sa nationaUté. Pour la première fois les Américains de Paris, et en fait toutes les personnes de langue anglaise résidant dans cette ville, eurent à leur disposition une collection de premier ordre de Uvres américains et anglais, et l'administration leur vint en aide avec cette générosité qui caractérise les bibhothèques américaines.
L'aventure d'un membre de la Commission Américaine pour négocier la Paix montre par comparaison combien cette bibUothèque américaine transplantée en France sera chaleureusement accueilUe. Il s'était rendu dans une bibliothèque française de prêt sur place en vue de recherches spéciales. Étant arrivé peu avant midi, il apprit qu'on ne pouvait demander de Uvres qu'à partir d'une heure. Il attendit jusqu'au moment fixé et fit une demande pour le livre voulu. Après des heures d'attente on lui apporta un autre ouvrage que celui qu'il fallait. Il le renvoya et répéta sa première demande. Quand le hvre voulu arriva enfin, quatre heures ne
tardèrent pas à sonner et l'on donna le signal de la fermeture.
Grâce à la bibliothèque, les banques et les maisons de commerce américaines de Paris purent obtenir pour la pre ière fois les renseignements techniques que la section commerciale d'une bibhothèque pubhque américaine est à même de fournil' à l'industrie. Des hommes de lettres et des étudiants français se Kvrant à des recherches tirèrent également parti des. facihtés qu'elle offrait. Au début de l'automne on constata qu'on s'intéressait de plus en plus à la bibhothèque. Les prêts quotidiens étaient plus nombreux que jamais ; les salles de lecture et de renseignements étaient combles et il ne restait pas une chaise d'inoccupée. De nombreux sujets britanniques fréquentaient réguhèrement la bibliothèque et leur satisfaction était aussi totale et aussi évidente que celle des Américains.
Mais, alors même que s'étendait le champ d'action de la bibliothèque, il devenait inquiétant de prévoir que, vu la clôture de l'œuvre de guerre de l'Association des Bibliothèques Américaines, il viendrait bientôt un moment où la bibhothèque devrait fermer ses portes.
On ressentit une véritable consternation à l'idée de voir la bibhothèque disparaître. La nouvelle qu'il faudrait probablement emballer de nouveau les hvres et les renvoyer en Amérique, pour tenu* compagnie à des millions d'autres qui étaient retournés dans leur pays natal, parvint aux oreilles d'amis de la bibhothèque de Paris aux États-Unis et ils se mirent à faire des démarches en sa faveur. Un habitant de Boston écrivait
avec raison : « Paris restera toujours le rendez- vous des nations, et il me semble qu'une bibliothèque de ce genre ne procurerait pas seulement beaucoup de plaisir, mais ferait encore beaucoup pour la compréhension mutuelle et l'amitié internationale. »
Heureusement la bibliothèque américaine n'était pas destinée à périr. L'Association des Bibliothèques Américaines était désireuse de la conserver à Paris, pourvu qu'on pût assurer son existence et sa bonne administration. On était d'avis qu'elle devait reposer solidement sur ses propres assises, comme les bibhothèques pubhques américaines, et recevoir l'aide financière indispensable du pubUc au service duquel elle était destinée. Plusieurs établissements parisiens d'enseignement furent pressentis en vue d'assurer l'existence de la bibliothèque, mais aucun d'eux ne put s'engager à assurer son avenir.
En désespoir de cause, M. Burton E. Stevenson, représentant en Europe de l'Association des Bibhothèques Américaines, résolut d'adi'esser un appel à la colonie américaine. S'il était favorablement accueilli, on pourrait faire une sorte de campagne financière générale en favem' de la bibhothèque, projet dont beaucoup avaient prédit l'insuccès.
En octobre, M. Stevenson prit la parole au Club Américain à l'une de ses réunions hebdomadaires. Après avoir esquissé les origines et l'œuvre de la bibliothèque, il amionça que, si l'on pouvait réunir 150.000 fr. pour le 15 novembre, afin d'assurer l'existence de la bibhothèque pendant 1920, l'Association des Bibho-
thèques Américaines s'en occuperait jusqu'au mois de janvier 1920, date fixée pour la clôture de son œuvre de guerre ; elle achèterait en outre avant cette date tous les livres voulus pour renforcer les diverses sections et procurerait un bibliothécaii'e pour une année.
Les efforts de M. Stevenson en vue d'intéresser les habitants de Paris au maintien de la bibhothèque aboutirent à la convocation d'une assemblée générale à la bibliothèque un dimanche après-midi. A cette réunion le premier étage se trouva comble à faire craquer les portes. Il y avait là des représentants de tous les milieux, y compris de nombreux Français et de nombreux Anglais. Il en résulta une véritable campagne à l'américaine, où se manifestèrent tout l'enthousiasme et tout le sens d'organisation qu'on trouve aux États- Unis en même temps que l'appui actif de Français et d'Anglais, ce qui lui donna une saveur internationale. La presse anglaise de Paris (les éditions parisiennes de la Chicago Tribune, du New-York Herald et du Daily Mail de Londres) prêta son concoui^s. Le Coun-ier Franco- Américain présenta le projet au public français.
Le comité d'organisation étabUt un plan qui prévoyait six classes de donateurs : des membres fondateurs faisant un don de 5,000 francs, des membres à vie en faisant un de 2.000, des membres payant un droit d'entrée de 100 francs et une cotisation annuelle de 100 francs, des souscripteurs à l'année pouvant emporter des livi'es à domicile pendant l'année de leur souscription à raison de 10 francs pour l'emprunt d'un Hvre et de 20 francs
pour l'emprunt de deux livres à la fois, des donateurs fournissant des fonds pour procurer des cartes d'entrée libre aux étudiants et enfin des donateurs versant quelque somme que ce fût.
Le comité croyait qu'il ne serait pas difficile de se procurer assez de dons pour pourvoir 1.500 étudiants de cartes à 20 francs l'une, ce qui, avec les versements des membres et des souscripteurs, constituerait le revenu de 150.000 francs nécessaire pour une amiée d'exercice. Cet arrangement aurait encore permis de consacrer les droits d'entrée des membres donateurs, des membres à vie et des membres fondateurs à l'établissement d'un capital. On estimait que ce plan prolongerait la période d'activité. Au lieu d'un moment d'enthousiasme bientôt suivi d'un retour à l'inaction, les membres s'obligeraient ainsi à continuer l'œuvre pendant les mois à venir, la liste des membres, des souscripteurs à 20 francs, et, à l'occasion, des membres donateurs et des membres à vie s'allongeant sans cesse.
On décida d'ouvrir librement à toute personne et tout le temps les salles de lecture et de recherches. L'obHgation où l'on était de trouver des moyens d'existence exigeait qu'on fît payer pour l'emprunt des livres à domicile, mais on escomptait que les cartes d'étudiants gratuites fournies par les souscriptions spéciales permettraient de ne pas refuser cette faveur à ceux qui ne pourraient payer.
Il faut dire que, dès le début, le caractère des personnaUtés qui avaient entrepris cette campagne en assu-
382 LES LIVPxES A LA GUERRE
rait le succès. En tête de la liste des membres à vie viennent les ambassadeurs des Etats-Unis et d'Angleterre. Quant aux consuls généraux de ces deux puissances, ils font partie en première ligne du comité permanent. Madame Poincaré est une bienfaitrice zélée. Parmi les personnalités et les institutions parisiennes qui ont apporté leur concours on remarque les Chevaliers de Colomb, la Croix-Rouge Américaine, le Comité Méthodiste de Reconstruction, le Comité du Livre, le Comité de Guerre Catholique National, l'Equitable Trust Company de New-York, la Farmers' Loan and Trust Company de New- York, la Lloyds' Bank, Morgan Harjes et Compagnie, la Duchesse de Talleyrand, née Anna Gould, MM. Frank Jay Gould, Walter V. R. Berry, M'^'^ Francis Wilson Huard, le Professeur et Mme j. Mark Baldwin, MM. James Hazen Hyde, Robert Goelet, l'éditeur du Temps, Lloyd Gibbons de la Chicago Tribune, Legouis et Cestre, professeurs à la Sorbonne, Sir Thomas Barclay et Maurice Bourgeois. Un souscomité français qui comprend trente membres des plus distingués et qui a pour président M. Salomon Reinach, l'historien bien connu, prend en mains les intérêts de la science et des lettres françaises. Chacune des quatre banques américaines a versé 2.000 francs, devenant de ce fait membre à vie.
Pour montrer l'attitude encourageante du commerce américain à ParivS, nous citerons la lettre suivante adi'essée à V American Library Fund par M. Bertram H. Grice, qui dkige la succursale de la Farmeis' Loan Trust Company à Paris :
« Nous estimons qu'il importe à quiconque s'intéresse à la Kttérature anglaise, aux manuels et aux livres de documentation en anglais, que cette bibliothèque soit établie à Paris, et nous pensons en outre que les maisons de commerce américaines et anglaises de Paris trouveront utile d'encourager leur personnel à la fréquenter. A ceux qui sont de nationalité américaine ou anglaise elle procurera la meilleure espèce d'occupation et de délassement, et à ceux qui sont d'autre nationalité elle fournira l'occasion de perfectionner leur connaissance de l'anglais et de se familiariser avec la pensée et les méthodes anglaises et américaines.
« En conséquence, nous informons notre personnel que pour tout employé qui désirera verser une cotisation de 10 francs, nous verserons mie cotisation supplémentaii'e de même valeur, afin de lui procurer le droit d'emprunter deux livres à la fois. »
Non moins significative a été l'attitude du Comité du Livre qui a versé 5.000 francs et est devenu membre fondateur. Son secrétaire, M. de Dampierre, écrivait en informant de ce don :
« Le but pour lequel le Comité du Livre a été institué étant de défendre à l'étranger la connaissance de la. culture française et aussi de famihariser le peuple français avec les civilisations étrangères, nous nous intéressons vivemenl» à cette bibhothèque américaine où les Américains de Paris trouveront à la fois toutes les nouvelles de chez eux et tous les renseignements possibles sur notre pays, tandis que les Français s'y procureront la meilleure documentation sur la vie, les
ressources et l'opinion américaines. Espérons donc que nos efforts réunis nous permettront d'affermir de plus en plus l'ancienne et toujours vivace amitié qui existe entre nos deux pays. »
Le fonds de la bibliothèque américaine se monte maintenant à plus de 400.000 francs. En novembre l'Association des Bibliothèques Américaines put annoncer au comité que la continuation en Europe de l'œuvre qu'avaient commencée les bibliothèques de guerre lui permettrait de supporter une large part des frais nécessaires pour l'entretien de la bibliothèque américaine de Paris pendant l'année 1920. Le comité chargé de la campagne accueilht cette nouvelle avec joie, comme elle allait le mettre à même de consacrer à une fondation permanente la majeure partie des souscriptions destinées à couvrir les dépenses de l'année.
M. Seeger, président du comité d'organisation, envisage à présent une fondation de 500.000 dollars, dont le revenu, augmenté des souscriptions annuelles, assurerait définitivement l'avenir de l'institution.
La bibliothèque doit être reconnue par les États- Unis conformément aux lois de l'État de Delaware. •On l'appellera « la Bibhothèque Américaine de Paris ». On envisage la création de neuf directeurs dont trois seront laissés au choix de l'Association des BibUothèques Américaines et six à celui du comité permanent à Paris. Les directeurs devront être américains en majorité, ainsi l'administration et le contrôle de la bibliothèque par des Américains seront assurés à perpétuité.
La Bibhothèque Américaine de Paris compte à pré-
sent 25.000 volumes environ. Elle a sur la plupart des bibliothèques de cette classe l'avantage d'être un organe véritablement vivant. Aucun poids mort ne vient entraver son action. Ses ouvrages techniques ont été choisis par des experts et contiennent le dernier mot sur les différentes matières ; la section d'art, qui ne se composait primitivement que d'une brassée de livres, est devenue une collection étendue, qui couvre presque toutes les branches du sujet. Il n'y a guère de pays qui ne soit représenté par les meilleurs hvres de voyages. Grâce à la variété et à la multipUcité des demandes émanant des soldats américains, sur les désirs desquels elle a modelé son existence, la bibliothèque est aussi composite que le public international auquel elle est destinée.
Il est encourageant de penser qu'elle constituera à l'avenir une sorte d'avant-poste en Europe pour l'action des bibhothèques américaines. Les éducateurs européens se sont vivement intéressés au fonctionnement de celles que l'œuvre de guerre de l'Association leur a fait connaître. En 1918, il y eut une réunion de bibUothécaires français dans l'établissement ; depuis lors nombreux sont ceux qui y sont revenus pour étudier la classification décimale et le mode de rédaction des inventaires, et qui ont été émerveillés de voir le Ubre accès qu'on accorde aux rayons et le procédé si simple qu'on emploie pour l'em'egistrement des volumes prêtés.
Mais pendant la guerre Paris a été vraiment la capitale du monde, et l'exemple donné par l'Association
des Bibliothèques Américaines devait être suivi bien au delà des frontières de France. Les nouvelles républiques européennes se rendirent compte de l'influence des bibliothèques publiques sur l'évolution de la mentalité populane. L'année dernière on a reçu des demandes de renseignements techniques sur l'organisation des bibhothèques pubUques de tous les points du continent et même d'Egypte et de Syi'ie. La Pologne a envoyé une deputation à Paris pour étudir les méthodes employées et dresser le plan d'un système de bibliothèques pubUques avec l'aide du représentant de l'Association des Bibhothèques Américaines.
La sœur du président de la Tchéco-Slovaquie, M}^^ Ahce Masaryk, a invité M. Stevenson à se rendre dans ce pays, aux frais des répubhques, pour entreprendre la réorganisation et l'extension de ses bibliothèques.
L'Assemblée Nationale Tchéco-Slovaque vient de voter une loi imposant à chaque ville, bourg et village d'organiser une bibhothèque pubhque. Cet exemple venant d'une nation qui combat encore pour défendre ses frontières est un signe des temps et ne pourra qu'encourager les pays plus anciens à ne pas se montrer inférieurs.
INDEX
Abélard et HÉLOïSE, 114.
Afrique, 187, 189, 276.
Agriculture, 103, 114, 351.
Aisne, 269.
Aix-les-Bains, 97.
Albums, 174, 189-190.
Alger, 16.^
Alle^nagné, 29, 97, 204, 219, 228,
Alle77iands (Les), 63, 118, 260,
Allerey, 181.
AU-Sfcory Weekly, 107.
Altdamm, 278, 279.
Américanisation, 359-369.
Amérique, 67, 75, 141, 175, 176,
Amérique du Sud, 26, 170-171.
Amicis (De), « Cuore », 363. Amirauté, 187, 290.
Anatomie, 346.
Andes, 170.
Angers, 181.
Anglais (les), 199, 229, 267, 274,
Anglais (l'étude de F), 56, 67, 261,
Angleterre, 35, 60, 71, 75, 83, 97,
Annapolis, 89.
Anxunzio (Gabriele d'), 309.
Anstruther (M"«), 187, 199.
Aquarelle, 113.
Architecture, 114, 182, 255, 354. Ardennes (Gazette des), 272.
Argonne, 106, 108.
Ariostis (L'), 6.
Arizona, 103.
Arkansas, 58.
Arkhangel, 97.
Armée du Salut, 22, 93, 97, 98.
Armistice, 113, 195, 352.
Armstrong College, 216.
Arthur (T. S.), 3.
Association Chrétienne de Jeunes Filles, 30, 41, 97, 98.
Association Chrétienne de Jeunes Gens (Y. M. C. A.) américaine, 14, 18, 22, 25, 30, 37, 38, 41, 43, 56, 57, 68, 74, 88, 90-93, 95, 97, 98, 110, 128, 131, 135, 144, 147, 259, 260, 318, 321, 324, 360, 376.
— britannique, 210-218, 296-
Association des Bibliothèques Américaines, 1-23, 24, 41, 42, 44, 62, 72, 77-80, 85, 88-111, 116, 127, 129, 132, 135, 139, 140, 144, 148, 149, 173, 175, 178, 195, 259, 350, 352, 353, 368, 374, 378, 379, 384, 385.
Association Hébraïque de Jemies Gens, 324.
Association Valentin Haily, 341-
Astronomie, 115, 258.
Atlantic Monthly, 176.
Atlas, 36.
AusTEN (Jane), 73, 240.
Austin (J. L.), 268-269.
Australiens (les), 200, 252.
Automobiles, 175.
Autriche, 207, 220, 260, 279.
Aveugles, 330-349.
INDEX
Bahel (Tour de), 63.
Baedeker (guides), 35, 191, 376.
Bailey (L. H.), Agriculture, 351.
Baker (Ray Stannard), « David Grayson «, 48.
Baltimore, 344.
Baldwin (le professeur et M"»" J.
Balzac, 84.
Barbusse (Henri), 348.
Barclay, « Géographie», 6.
Barclay (M»*^), « Rosary », 31.
Battersea (Lady), 185, 193.
Beach (Rex), 31, 147, 154.
Beaune, 181, 354, 355.
Belgique, 35, 64, 275.
Bennett (Arnold), 295.
Benson (A. C.). 295.
Bergson, 30, 102, 232.
Berlin, 18, 219, 220, 265, 290, 317.
Berliner lUustrierte Zeitung, 233.
Berliner Tageblatt, 233, 270.
Berliner Zeitung am Mittag, 232.
Berne, 220.
Berry (Walter V. R.), 382.
Bihle, 47, 194, 217, 237, 315-329.
Bibliothèque américaine de Paris, 373-386.
Bibliothèque Centrale des Etudiants, 233-234, 359.
Bibliothèque de Guerre britannique, 185-198, 202, 236, 237, 238, 243.
Bibliothèque du Congrès, 7-8, 13,
Bibliothèque Nationale pour les Aveugles, 334.
Bibliothèques de Camp britanniques, 199-209.
Bibliothèques des hôpitaux militaires américains, 150-184.
— britanniques, 235-256.
Bibliothèques régionales, 99-111.
Birmingham (George), 366.
BischoJNWc.rdi, 280.
Blackmore, « Lorna Doone », 73,
Blackstone, « Commentaires »,
Blackwood's Magazine, 260.
Blessés (les), 170-184.
Bombay, 189, 195.
Bordeaux, 99, 181.
Borrow (George), 73.
Boston, 28, 49, 69, 96, 143, 144,
Boswell, 26, 30.
Bower (B. M.), 147.
Box and Cox, 121.
Boy scouts, 212.
Braille (système), 332-336, 341-
Brainerd (Miss Eveline W.), 74-
Bramshott, 244.
Brasse Y (Lady), 235-237.
Brest, 41, 99, 124.
Brett (W. H.), 24.
Brieux (Eugène), 83, 348-349.
British Prisoners of War Book
Scheme, 258-259.
Brooke (Rupert), 312, 313.
Brooklyn, 143.
Brown (Charles H.), 133.
Browning (Robert), 249, 262,
Bruxelles, 275.
Bryce (Lord), 114, 341, Bulgarie, 207, 208, 220.
Bulwer-Lytton, 73.
BuNYAN ,« Pilgrim's Progress »,
BuRDiCK, <( Real Property », 107. Burey, 117.
Burg, 281.
Burns (Robert), 249.
Bury (l'évêque), 231.
Butler (l'évêque), 196.
Butler (Nicholas Murray), 359.
Butler (Samuel), 295.
Bystander, 293.
Caine (Hall), 74.
Caire (le), 207.
Californie, 47, 68.
Callahan, « George Washington »,
Cambridge (université), 258.
Camouflage, 34.
INDEX
Camp Beaurega-d, 14, 37, 367.
— Bowie, 38.
— Custer, 27, 47. 48, 54.
— Devens, 9, 18, 25, 34, 41, 45, 59, 298, 360, 364, 365.
— Dix, 30, 39, 40, 119, 168, 364, 365, 366, 367,
— Dodge, 13, 351.
— Doniphan, 311.
— Funston, 37.
— Gordon, 26, 32, 57, 363.
— Greene, 45, 49.
— Hancock, 51, 363.
— ■ Humphreys, 28, 46.
— Jackson, 18, 55, 120.
— Lee, 39, 47, 54, 5-5, 362.
— Lewns, 308.
— Mac Arthur, 19, 47, 63, 174, 363, 367.
— Meade, 53.
— Merritt, 28, 365.
— Pike, 51.
— Sevier, 19, 120.
— Sherman, 20, 24, 35.
— Upton, 34, 154, 158.
— Wadsworth, 162, 310.
— Zachary Taylor, 27, 31, 119, 152, 159, 159, 160, 310.
— Walter, 51.
Camps de prisonniers, 257-281.
Canadian Pacific Railroad, 247.
Canadiens (les), 60-61.
Cannes, 108.
Cardiff, 137.
Caeey (Miriam), 157.
Cablyxk (Thomas), 242, 327.
Carnegie (Corporation), 7. Carnegie (Fondation), 359.
Caroline du Sud, 165.
Carter (Nick), 194, 242.
Cartes, 36, 182.
Cartwright (Miss), (t Béatrice
d'Esté », 192.
Castle (Agnes et Egerton), 74.
Caunter (J. A. L.), 273.
Cazaux, 67.
Cervantes, 266.
CÉSAR (Jules), 45.
Cestre (le profess. Charles), 382.
Chambers (R. W.), 31.
Chamonix, 108.
Chapin (Harold), 292.
Chapman (Victor), 287-289.
Charles XII, 6.
Charlemlle, 272.
Charleston, 143.
Château-Thierry, 103, 106.
Châtillon-sur-Seine, 101.
Chauniont, 99.
Chelsea (Londres), 236.
Chelsea (Mass.), 167, 351.
Chemins de fer, 115.
Chevaliers de Colomb, 14, 22, 30, 38, 93, 97, 98, 110, 134, 135, 324, 382.
Chicago Daily Ne-ws, 174.
Chicago Tribune, 380.
Chickamauga Park, 48.
Chimie, 114, 255.
Cinématographe, 252.
Clayden, « Etudes sur les nuages »,
Clemons (Harry), 77-82.
Close (Percy L.), 276.
Club des soldats et des matelots américains, 90, 97.
CoBB (Irvin), 46).
Coblence, 99, 100, 101.
Cohen (Israel), 225, 232, 274.
Collège kaki canadien, 60.
Comité du Livre, 382, 383.
Cojnmerce (le), 26.
Commission Chrétienne des Etats- Unis, 3-4.
Commissions des Camps d'Entrainement des Ministères de la Guerre et de la Marine, 6, 21, 128, 139.
Connecticut, 2-3.
Connor (Ralph), 32, 89, 259, 260.
Conrad (Joseph), 31, 89, 252, 285.
Constantinople, 220, 228, 291, 317.
Continental Times, 267, 271-275.
CoNWTiLL (Russell H.), 4.
CooK, « Voyages », 6.
CooKE (Marjorie Benton), 162.
Copenhague, 220.
Coppée (François), 341.
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COEÏTErLLE, 74.
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Courrier des Etats-Unis, 40.
Cramb, 286.
Craxe (Stephen), 29.
Crawford (F. Marion), 162.
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Crefeld, 273.
Crimée, 291.
Croisades, 207.
C-roix Rouge (américaine), 15, 19, 29, 68, 69-72, 90, 91, 92, 96, 97, 98, 125, 135, 146, 154, 157, 158, 160, 161, 176, 177, 179, 180, 310, 324, 376, 382.
Croix Rouge (britannique), 188, 195, 202, 242.
Croix Rouge (canadienne), 247.
Cromwell, 327-328.
Cuba, 139.
Cuisine, 48, 114.
Dakota, 150.
Dante, 145, 160.
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Daily Telegraph (Londres), 274.
Danemark, 247.
Dante, 265, 287.
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Darwin (Charles), 113, 198.
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Domrémy, 117.
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Douglas (J. H.), 266-267.
DoYLE (Conan), 31, 32, 96, 191,
Drinkwater (John), 313.
Droit, 346, 354.
DxjittAS (Alexandre), 31, 191, 193,
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Ecole militaire de Langres, 99.
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Ecosse, 264-265.
Edgewoeth (Miss), 3.
Egypte, 5, 188, 189, 190, 192, 195,
Electricité, 75, 114, 255, 257, 365, Eliot (George), 73, 147, 160.
Ellison (Wallace), 262-265.
Ely (Dinsmore), 66, 84-85.
Emerson (R. W.), 145.
Empey, 89 ; « First Call s 53 ;
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Etidell Street (l'hôpital militaire),
Erskine (D>- John), 355.
Espagnol (étude de 1'), 260-261,
Este (Béatrice d'), 192.
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Etudiants en kaki, 43-63.
Euripide, 293.
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Farnsworth (H. W.), 285-287.
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Findlay (professeur), 216.
FiSHER (H. A. L.), 230.
INDEX
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FocH (le Maréchal), 319.
Fondation Carnegie, 359.
FORBES-MlTCHELL, 291.
Fort des Moines, 177.
Fort Leavenworth, 351.
Fort Oglethorpe, 157.
Fort Sam Houston, 58, 361.
FoSDiCK (Raymond B.), 4, 22, 44.
Fox (John ), 31 ; •< The Little
Shepherd of Kingdom Come »,
Français (les), 57, 274, 286, 290.
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France, 21, 22, 35, 60, 62, 64,
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Galsworthy (John), 66.
Garcia, 31.
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Garnett (Richard), 285.
Gabrett (Mme T. Harrison), 344.
GABV^CE (Charles), 251.
Gaskell (M-^e H. M.), 185, 188,
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Glenn (Major-Général), 20-21, 24.
GoTJLD (Frank Jay), 382.
Godey's Ladies' Bool\, 177.
Goelet (Robert), 382.
Gœthe, 25, 26.
Gogol, 371.
Gordon (Général), 75, 266.
Gorki, 371.
Gosse (Edmund), 192.
Gould (Nat.), 193, 235, 237, 248, 249, 251.
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Graphie, 251.
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Guerre civile (américaine), 1-4, 17,
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Hadow (Sir Hem-y), 216.
Haggard (H. Rider), 31, 191, 249,
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Hôpitaux militaires américains,