Les livres cartonnés
Littré dans son magistral Dictionnaire de ta langue française, définit le carton : « feuillet supplémentaire d'impression qu'on est quelquefois obligé de faire pour remplacer quelques pages d'un livre lorsc^u'il s'y est glissé des fautes quon veut réparer. »
^ Nous pouvons ajouter : ou lorsqu'il existe quelque passage qu'on juge à propos de faire disparaître.
Les livres cartonnés se rattachent ainsi à la catégorie des livres condamnés ; grâce à quelques
suppressions opportunes, ils ont réussi à échapper à la proscription; c'est une portion curieuse de la bibliographie; jusqu'ici, à notre connaissance du moins, elle est restée négligée; nous espérons faire chose agréable à quelques bibliophiles en mettant au jour diverses notes que nous avons recueillies à cet égard, et en y comprenant des ouvrages dont le texte primitif a été sensiblement modifié dans des réimpressions ultérieures.
Mieux que personne, nous savons combien notre travail est imparfait; ce n'est qu'un essai destiné à provoquer les communications que les amis de la science des livres voudront bien adresser à notre éditeur; elles seront accueillies avec la plus vive reconnaissance.
Nous n'avons pas voulu nous borner à une sèche nomenclature de titres; nous sommes parfois entré dans quelques détails bibliographiques; nous avons indiqué, pour des livres précieux, des adjudications qui attestent combien le thermomètre de la bibliomanie s'est élevé depuis une douzaine d'années, c'est-k-dire depuis la publication de la cinquième édition du Mannei du Lif)raire; nous avons l'espoir que ces indications ne seront pas sans quelque intérêt pour les amis des livres.
ph. y.