I.oais, duc de Guyeooe, mort en
a Jean II, roi de Castille.
4. c Item uDg petit livret courert de drap d'or, A deux fermoert det armes monseigneur de Berry, très p&rfaittemeut bien ystorié, où sont plusieurs oroisons en framçoys et en latin, s Inventaire dumobUier de Charlet Y, roi de France, publié par Jules Labarte, p. 318, article 8062.
manuscrits de cette espèce que nous pouvons encore admirer dans les collections publiques ou privées. La liste que j'en ai provisoirement arrêtée comprend douze articles, dont chacun répond à une œuvre d'art vraiment remarquable. Je m'attacherai à en donner un signalement exact, sans avoir la prétention d'épuiser un sujet aussi vaste que difficile à traiter. Les livres que nous avons à passer en revue n'ont pas tous la même origine : les uns venaient des collections de Charles V, et le duc deBerry se les était fait céder par son neveu Charles VI ou par des personnages à qui Charles VI les avait donnés ; les autres avaient été exécutés pour le duc de Berry, ou acquis par lui des marchands qui connaissaient la passion du prince pour les objets d'art et de luxe. Je commencerai par les manuscrits qui venaient de Charles V et qui avaient excité la convoitise du duc de Berry.
L Le Bréviaire de Belleville.
Mss. LATINS 40483 ET 40484 de la bibliothèque nationale.
Le premier livre dont je dois parler est un bréviaire en deux volumes conservé à la Bibliothèque nationale et connu, depuis la fin du xiv* siècle, sous le titre de Bréviaire de Belleville. Selon toute apparence, il était ainsi dénommé parce qu'il avait été fait pour Jeanne de Belleville, femme du malheureux Olivier de Clisson, exécuté aux halles de Paris en 1343, et mère du connétable Olivier de Clisson, mort en 1407. Le plus ancien texte relatif au Bréviaire de Belleville qui nous soit parvenu est l'article suivant de l'inventaire du mobilier de Charles V * :
Premièrement ung très beau bréviaire, très parfait, bien escript, très noblement enluminé et très richement ystorié, lequel est en deux volumes, et est à l'usai ge des Frères Prescheurs, et est appelle le Bréviaire de Belleville ; et se commance le second fueillet du premier volume Et scilote, et du second volume Juslicie, Et en sont les fueillez par dehors ysloriez à ymages. Et sont les fermouers d'argent doré esmailiez des armes de Belleville. Et sont en deux estuiz de cuir bouilly ferrez.
Le second feuillet du texte du ms. 10483 commence par les mots Et scitote, et celui du ms. 10484 par le mot Justkie. Le bréviaire à l'usage des Frères Prêcheurs contenu dans les mss. 10483 et 10484 est donc bien celui qu'on appelait le Bréviaire de Belleville. A la mort de Charles V, en 1380, il échut à Charles VI, qui Toffrit à Richard II, roi d'Angleterre.
4 . Ms. français 2705, fol. 284 . Voy. Inventaire du mobilier de Charles V, roi de France, publié par Jules Labarte, p. 338.
Henri IV, successeur de Richard, le renvoya en France et en fit cadeau au duc de Berry. C'est ce qu'attestent deux notes de Jean Flamel, tracées sur les gardes du Bréviaire :
Cest bréviaire est à Tusaige des Jacobins, et est en deux volumes, dont c'est ci le premier. Et est nommé le Bréviaire de Bellevilie. Et le donna le roy Charles le sixiesme au roy Ricbart d'Angleterre. E( quand il fut mort, le roy Henry, son successeur, renvoya à son oncle le duc de Berry, auquel il est à présent. FLAMEL K
C'est le second volume des livres appeliez les Bréviaires de Bellevilie, à Tusaige des Jacobins, lequel est à Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou, d'Estampes, de Bouloingne et d'Auvergne. Et lui furent envoyez de Angleterre. FLAMEL «.
Les inventaires du duc de Berry que j'ai précédemment publiés' nous apprennent que le duc de Berry se dépouilla du Bréviaire de Bellevilie, le 7 octobre 1413, en faveur de sa nièce, Marie de France, religieuse à Poissy, particularité qui nous est d'ailleurs attestée par deux notes de Jean Flamel*. Le livre resta longtemps au couvent de Poissy, où il passa successivement entre les mains de plusieurs filles de la famille Jouvenel des Ursins, dont les armes furent peintes au xv* siècle sur les tranches des deux volumes.
Les matières sont ainsi disposées dans le Bréviaire de Bellevilie, dont les feuillets, en parchemin très fin, sont hauts de 2à0 millimètres et larges de 170.
Le tome P'^ (ms. 10483), qui consiste en 446 feuillets, contient : ITexplication de plusieure des peintures du livre (fol. 2) ; — 2* un calendrier, dont il ne reste que les mois de novembre et de décembre (fol. 6) ;
— 3° le psautier (fol. 7) ; — 4° un avertissement sur la composition du Bréviaire, sur la récitation des offices et la célébration des fêtes (fol. 88);
— 5<» le propre des saints, depuis la Saint-André jusqu'à la Saint-Barnabe (fol. 96) ; — 6** le commun (fol. 189 v**); — 7** la partie d'hiver du propre du temps (fol. 213).
Dans le tome II (ms. 10484), composé de 432 feuillets, nous avons : 1*» le calendrier, dont il ne subsiste que les mois de janvier et de février (fol. 2) ; — 2** le psautier (fol. 3), dont le premier feuillet a été arraché ;
— 3® le propre du temps (fol. 81), à partir de la Trinité, avec une lacune au commencement; — 4° le propre des saints, à partir de la translation de saint Dominique (fol. 218) ; — S"" le commun (fol. 398).