Article xxxii des extraits que j'ai publiés plus haut
%, Voy. l'article xvii des inventaires précédemment publiés.
en 617 feuillets de très fin parchemin, hauts de 235 millimètres et larges de 173. C'est un très ample bréviaire parisien, dont les rubriques sont en français, et qui est intitulé (fol. 7) : « Ci commence le bréviaire selonc l'usage de Paris. » On y doit distinguer six parties :
1** Cn calendrier (fol. 1-6);
2« Le propre du temps (fol. 7-206 v') ;
3** Le psautier et la lilanie des saints (fol. 207-283 v*) ;
4» Le propre des saints (fol. 285-582 v») ;
5*» Le conunun (fol. 585-605) ;
6*» Les rubriques ou le bref, en français (fol. 606-617).
La place du psautier au milieu du volume, la rédaction française du bref et la présence des [mots cognovît bos au haut du second feuillet du texte sont trois particularités qui nous autorisent à appliquer au ms. 1052 l'article suivant de l'inventaire du mobilier de Charles V : « Item ung autre grant bréviaire entier, très noblement escript et très noblement enlumyné et ystorié, et est le psaultier ou mylieu du bréviaire. Et se commance la seconde page cognovît bos.. Et sont les fermouers d'or, et est en l'un ung roi, et en l'auti'e ung y mage à genoulx. Et est la pipe ouvrée à une orbe voye. Et en est le brief en françoys*. »
Cette notice, combinée avec celles des deux derniers inventaires du ducdeBerry, nous révèle toute l'histoiie du livre pendant le premier siècle de son existence. Le volume, que les contemporains appelaient un très beau bréviaire, et qu'ils trouvaient très noblement écrit, et très noblement enluminé et historié, a dû être exécuté pour le roi Charles V, auquel il a certainement appartenu. Charles VI en fit cadeau à son oncle Louis, duc d'Orléans ; la veuve de celui-ci, Valentine de Milan, l'offrit à son beau-frère le duc de Berry, qui en fit changer la garniture en y mettant deux fermoirs d'or en forme de châteaux et une petite pipe d'or ornée de deux oursons. A la mort du duc, le livre fut estimé 200 livi*es tournois, et les exécuteurs testamentaires, pour se concilier les bonnes grâces du Dauphin, depuis Charles VII, le lui envoyèrent, sans fixer la somme moyennant laquelle il pourrait en devenir propriétaire. Le prince, après qu'il eut longuement vu et avisé le bréviaire, trouva bon de le garder par devers lui, en déclarant cependant qu'il n'avait point l'intention de rien payer à la succession de son grand-oncle.
Quand on a sous les yeux le ms. 1052, on comprend aisément que Charles YII ait éprouvé le désir de s'approprier un aussi beau livre. Le
4. Ms. français S705, fol. S79 v», article 3281. Voy. Inventaire du mobilier de Charles K, rot de France, publié par Jules Labarte, p. 336.
parchemin en est d'une finesse exquise; récriture, disposée sur deux colonnes, ne laisse rien à désirer soit pour l'élégance, soit pour la netteté et la régularité. C'est à bon escient que les clercs du xrv* siècle le déclaraient très noblement historié et enluminé. Sans parler des miniatures du calendrier, qui représentent les occupations de chaque mois et les signes du zodiaque, on y compte 59 tableaux, de ôO millimétrées de hauteur et de Aô millimètres de largeur, et 130 tableaux de moindres dimensions^ environ 30 millimètres sur 24. De plus, la marge inférieure de plusieurs pages du psautier (fol. 207, 217, 226, 232, 238, 2*5 v% 252 v» et 261) renferme huit délicieuses peintures assez semblables à celles du Bréviaire de Belleville.