Le$ ducs de Bourgogne, I, cxxi, noie
9^ Une prière aux anges.
Le calendrier renferme une dizaine de notes nécrologiques, qui suffisent pour établir que le livre vient bien du duc de Berry et qui peuvent servir à en fixer exactement la date. 11 n'est donc pas inutile de les donner ici :
II kal. februarii.ObîtusdomiDe Johanne de ÂrmegDiaco, ducbisse Bitarie. — (4387.)
V idu8apriU9. Obitus Johannis, régis Prancie, anno LXIIII. -~ (4364.)
V kal. maii. Obitus Pbilippi, ducis Burgundie. ~ (U04.)
II non. maii. Obitus Ludovic!, comitis Stamparnro, anno IIII*. — (4400.)
X kal. septembris. Obitus Philippi de Valesio, rex {sic) Franconim, anno L. —
m idus septemoris. Obitus domine Bone, duchisse Normannie. — (4 349.) XVI kai. octobris. Obitus Karoli quinti, anno 1111% régis Fraocorum. — (4380.) XII kal. octobris. Obitus Ludovici, régis Cecilie. — (1384.) II idus decembris. Obiit Jobanna, regioa Francie, uxor régis Philippi de Valesio.
La mort la plus récente qui soit mentionnée dans ces notes est celle de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, arrivée le 27 avril liOi. Ainsi les Belles heures du duc de Berry, dont toutes les parties sont parfaitement homogènes et qui ont été par conséquent achevées du vivant du prince, appartiennent à la période comprise entre les années iàOh et lil6. Je n'y ai remarqué les armes du duc de Berry qu'à un seul endroit : elles sont peintes six fois sur un catafalque dans la miniature qui est en tète de l'office des morts.
Dans la quatrième des peintures qui ornent l'office du Saint-Esprit (page 173), on doit, selon toute apparence, reconnaître une représentation du duc et de la duchesse en prières. Hais je n'ose pas affirmer qu'il faille considérer comme des portraits de la duchesse les figures d'une dame à genoux, qu'on voit sous le tableau de V Annonciation y en tète de l'office de la Vierge, et sous le tableau de Y Homme de douleur»^ en tète des oraisons de la Passion. 11 serait possible que ces deux figures eussent été ajoutées après coup, en m/^me temps que les armes peintes à côté (fascé de... et de..., à 6 merlettes de...)
D'ordinaire, les grandes peintures occupent la meilleure partie d'une page, dont le reste est occupé par trois ou quatre lignes de texte. Un petit tableau remplit l'intérieur de l'initiale du texte. La marge inférieure de la page a été mise à profit pour peindre de petites scènes fort élégamment composées. C'est ainsi que les sacrements de l'Église sont représentés au bas des feuillets sur lesquels commencent les diiïérentes parties de l'office du Saint-Esprit.
VL DÉCOUPURES d'un livre d'Heures du duc de Berry.
Un livre d'heures tout à fait analogue à celui de M. le baron Adolphe de Rothschild a dû subir le même sort que les célèbres Heures d'Etienne Chevalier. Des mains barbares l'ont dépecé, de telle façon qu'il en subsiste à peine quelques feuillets, aujourd'hui dispersés dans différentes collections. Nous en connaissons cinq par des chromolithographies insérées dans les Évangiles de Curmer. Voici les sujets représentés sur ces cinq feuillets :
1° Le Père éternel. — Au bas de la page, des anges jouent de différents instruments de musique. — Page 100 des Évangiles de Curmer.
2^ La Vierge et saint Jean. — Au bas de la page, le duc Jean^ à genoux, est présenté à Notre-Seigneur par saint Jean, son patron. — Page 3&5 des Évangiles.
3^ Le Père éternel, au pied duquel intercèdent Jésus-Christ et la sainte Vierge. — Au bas de la page, Salomon reçoit la reine de Saba. — Page 3A6 des Évangiles.
h? Massacre des dix mille martyrs. — Au bas de la page, le massacre des Innocents. — Page 353 des Évangiles.
5** Groupe de confesseurs. — Au bas de la page, paysage au premier plan duquel sont trois moines. — Page 35Â des Évangiles.
Le premier de ces feuillets avait été communiqué à Curmer par VL^ de Falloux, et les quatre autres par M. Schnetz, directeur de l'Académie de France à Rome^
Je serais assez enclin à rapporter au même manuscrit une page dont il y a une épreuve inachevée parmi les planches laissées en préparation par M. le comte Auguste de Bastard. On y voit un seigneur qui se met en voyage, accompagné d'une suite nombreuse ; une procession sort d'une poïte fortifiée pour bénir les voyageurs; au fond du tableau, deux hauteurs couronnées de châteaux. Cette miniature est à rapprocher de celle qui est au folio 288 v'des Petites heures du duc de Berry (ms. latin 18014 de la Bibliothèque nationale). Elle sert de frontispice à la prière qui est ordinairement intitulée : « Ad accipiendam viam suam in exitu domus, villae, vel castri, vel loci officium ».
4. Appendice aux Évangiles, 4864. Description des ornements, p. 79, 244, 2S0 et 223.
Vil. Psautier latin-français du duc de Berry.