MS. FRANÇAIS 4 3094 DR LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE
La forme primitive du livre d'offices destiné aux laïques était uq psautier, dans lequel le texte latin était parfois accompagné d'une version française. A ce type, dont peu d'exemples nous sont parvenus ^, appartient le volume qui forme le m 13091 du fonds français, et qui vient incontestablement du duc de Berry, puisque le prince a mis sa signature à la fin, et que Flamel a tracé ces mots sur la première page :
Ce psaultier, qui est en latin et en François, est à Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d^ Auvergne, conte de Poitou, d'Estampes, de Bouloingne et d'Auvergne. Flambl.
Il consiste en 272 feuillets de parchemin^ hauts de 250 millimètres et larges de 175. On y trouve, disposé sur deux colonnes, le texte latin et la version française des psaumes et des cantiques, avec les litanies des saints en latin.
Ce volume a dû être fait pour le duc de Berry. En effet, les litanies (fol. 270) mentionnent les saints propres à l'église de Bourges : « Sancte Guillerme, sancte Vursine, sancte Austregisile, sancte Sulpici... » — En tête sont les images des prophètes et des apôtres ; cette suite de vingtquatre tableaux, dont plusieurs sont inachevés, est considérée à bon droit comme un des chefs-d'œuvre de l'art français à la fin du xiv® siècle. Le psautier est, en outre, orné de huit peintures d'un tout autre style que celles du commencement. Cette différence de travail avait frappé les rédacteurs des anciens inventaires du duc de Berry, qui, en enregistrant le psautier latin-français, ne manquent pas de faire observer * qu'il y a, au commencement, plusieurs histoires de la main de maître André Beauneveu. Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit ' de ce grand artiste,
4. Samuel Berger, la Bible française au moyen âge, p. 3t^, 322, 342, 352, 374, 395, 396, 399, 402 et 432. Le dernier des psautiers en latin et en français que M. Berger ait décrits est un volume de la bibliothèque de Munich, dont il a bien déterminé Torigine, en l'attribuant à Isabelle de France, femme d'Edouard II, roi d'Angleterre; mais on ne saurait se prévaloir de ce que la fête de Pâques y est marquée au 27 mars dans le calendrier, pour rapporter l'exécution du manuscrit à Tannée 4323. Pâques est mentionné au 27 mars dans la plupart des calendriers du moyen âge.