‹ Les Livres d'heures du Duc de BerryChapitre 29 sur 32 · Première partie, t. 1*', p · texte numérisé non relu

Première partie, t. 1*', p

t. L'éditeur anglais, sir Frédéric Madden, a entrevu la méprise de Champoliion. Voy. Universal palœography (London, 4850, in-S**), t. II, p. 529 et 534. — Le docteur Woltmann a encore tout récemment attribué à Louis, duc d'Anjou, le ms. 48014 ; voy. Geschichte der Malerei, I, 365.

Le ms. 18014 est donc incontestablement un livre de Jean, duc de Berry. Voici maintenant les raisons qui me font croire qu'il doit être identifié avec l'article XXVI des inventaires.

Les très belles heures y richement historiées ^ auxquelles est consacré l'article XXVI des inventaires, doivent se reconnaître aux traits suivants ;

l*' On y voyait en tète un « kalendrier très richement historié des epistres de saint Pol, de l'ancien et nouvel Testament » ;

T A la suite du calendrier venaient « pluseurs enseignemens escripz en françois de bien et honnestement vivre selon Dieu »;

y Le commencement des Heures de Notre-Dame était décoré « d'une anonciacion et de pluseurs appostres àl'entour »;

i*' A la fin du volume se lisait a une oroison escripte en latin qui se commence Sancta crux »•

Or, si nous ouvrons le ms. 1801A, nous y trouverons :

1"" Sur les six premiers feuillets, un calendrier dont chaque page nous oflre trois petits sujets inspirés Tun par un texte de saint Paul, les deux autres par des textes attribués à un prophète ou à un apôtre. Ainsi, au haut de la page du mois de janvier, saint Paul est figuré prononçant ces paroles de l'épître aux Hébreux : « Qui omnia creavit Deus est. » Au bas de la même page, Jérémie et saint Pierre déroulent des banderoles sur lesquelles on lit : « Patrem invocabitis qui terram fecit et condidit celos », et : c( Credo in Deum, patrem omnipotentem, creatorem celi et terre ».

2*" Immédiatement après le calendrier, une pièce en français, intitulée : (( Ci après s'ensuit l'estimeur du monde qui enseigne et entroduit tout homme à bien et honnestement vivre selon Dieu. »

3** Au commencement des Heures de Notre-Dame, sur le fol. 22 recto, rimage de l'Annonciation, avec une bordure dont les différents compartiments sont remplis par les figures des apôtres.

Pour ces trois particularités il existe donc une parfaite concordance entre le ms. ISOIA et l'article XXVI des inventaires.

Pour que l'identité fût absolument démontrée, il faudrait rencontrer à la fin du ms. 1801Â une oraison latine commençant par les mots Sancta crux. C'est en vain qu'on Ty chercherait : mais rien n'empêche de supposer qu'il manque à la fin du ms. 1801& un cahier sur lequel commençait en belle feuille l'oraison Sancta crux. Les trois autres particularités me semblent assez caractéristiques pour rendre mon hypothèse très vraisemblable, et pour faire considérer le volume comme répondant à l'article XXVI des inventaires. Puisque cet article se trouve sur l'inventaire de l'année I/I1O2, il en faudrait conclure que le ms. 1801& était exécuté à cette date. Je dois faire observer que nulle part on n'y trouve les ours et les cygnes,

le chiffre VE et la devise LE TEMPS VENDRA, que nous offrent à profusion les bordures de certains manuscrits du duc de Berry.

Le rédacteur du catalogue de La Yalliëre n'a point commis d'exagération en disant que les 113 miniatures de cet élégant volume sont « d'une beauté parfaite ». On peut voir le jugement que le docteur Waagen* a porté sur plusieurs d'entre elles. Celle qui représente saint Louis sur son lit de mort (fol. 16) a été reproduite dans la Paléographie universelle^ planche 191 .

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