V, III
Les Getes se tiennent immortels, et leur mourir n'est que s'acheminer vers leur dieu Zamolxis. De cinq en cinq ans ils depeschent vers luy quelqu'un d'entre eux pour le requérir des choses nécessaires.
Ce député est choisi au sort ; et la forme de le depescher, après l'avoir de bouche informé de sa charge, est que, de ceux qui l'assistent, trois tiennent debout autant de javelines sur lesquelles les autres le lancent à force de bras. S'il vient à s'en-
Les Gètes se cuident immortels.
Ils ont des opinions qu'ils ne meurent point, mais prennent chemin
vers Zamolxis De cinq en
cinq ans ils envoient pour messager vers lui l'un d'entre eux, tiré aux ballotes, et lui donnent charge de ce qui leur fait comnmnément besoin. Les aucuns d'eux sont ordonnés pour tenir trois javelines droites; autres prennent icelui messager aux pieds et aux mains, et le jettent en l'air sur les javelines.
ferrer en lieu mortel el qu'il trespasse soudain, ce leur est certain argument de faveur divine ; s'il en eschappe, il l'estiment meschant et exécrable, et en députent encore un autre de/nesmes.
(II, 12. t. IV. p. 20).
S'il meurt en cet état, ils ont opinion que le dieu leur est miséricordieux ; mais, si ne meurt point, ils lui disent injures et le blâment comme méchant. Enfin, après qu'ils l'ont liien injurié, ils y envoient un autre, et lui donnent celle charge, nonobstant qu'il soit encore plein de vie.
Les Argippees, voisins de la Scythie, vivent sans verge et sans baston à ofïenser ; non seulement nul n'entreprend d'aller les attaquer, mais quiconque s'y peut sauver, il est en franchise, à cause de leur vertu et saincteté de vie ; et n'est aucun si osé d'y toucher. On a recourt à eux pour appoincter les différents qui naissent entre les hommes d'ailleurs.
(II, 15, t. IV, p. 184.)
Nul homme vivant les outrages, car ils sont estimés pour sacrés :
aussi ne tiennent-ils chez eux aucunes armes ne bâtons offensibles.
Ils décident et appointent tous les différends de leurs voisins, et, si aucun se retire vers eux en franchise, nul est si osé de lui toucher.
Leur nom est Argippees.
.Les Lybiens, dit Hérodote, jouys sent populairement d'une rare santé par cette coustume qu'ils ont, après que leurs enfans ont atteint quatre ans, de leur causterizer et brusler les veines du chef et des temples, par où ils coupent chemin pour leur vie à toute defluxion de rheume.
(II. 37, t. V. p. 128)
Quand les enfants des Libyens sont parvenus en l'âge de quatre ans, ils leur brûlent les veines du sommet de la tête, aucuns celles des tempes, avec laine à tout le suif, afin que les catarrhes ne leur nuisent tant qu'ils vivront. Et dit-on que pour ce moyen ils se trouvent beaucoup plus sains.
Aux quarante-cinq emprunts à Hérodote déjà reconnus, il en faut joindre au moins cinq qui avaient écliappé aux commentateurs. Deux sont de simples allusions :
IL 12, t. IV, p. 27 III. [), t. VI, p. 121
.Sperme de couleur noire .
C'est alTaire aux Spartiates
lier. III. 101 Vil. 208
Les trois autres .sont plus précis
IVTontaigne
il esl, des peuples « ou ils nourrissent tout le poil du costé droit, tant qu'il peut croistre, et tiennent raz le poil de l'autre cousté.
ï4éPodote
Les Auses et les Libyens laboureurs laissent croître les cheveux du côté droit de la tête et rasent ceux du gauche.
En voisines provinces, celle icy nourrit le poil de devant, celle là le poil de derrière et rasent l'opposite.
Les Machlyes sont attenants les Auses, qui uns et autres hal)itent les environs du palus Tritonis ....
Les Machyles laissent croître
leurs cheveux de derrière et les Auses ceux de devant.
Il n'en doibt pas aller comme des officiers des roys de Sparte, tron)pettes, menestriers, cuisiniers, à qui en leurs chai'ges succedoient les enfants, pour ignorants qu'ils fussent, avant les mieu.x expérimentez du niestier.
(III, 5, t. V, p. :64.)
Les Lacedemoniens conviennent aussi avec les Egyptiens en ce que les enfants des trompettes, menestriers et cuisiniers des rois succèdent aux états de leurs pères, tellement que cuisinier engendre cuisinier, ménétrier ménétrier, et trompette trompette ; ni autres, pour excellents qu'ils soient en ces arts, peuvent envier sur eux, mais sont entretenus et continués es étals de leurs pères.
(VI, 60
Voici le tal)leau des cin(|iuiiite empriinls de Montaigne à Hérodote dan.s rédition de l.'iDo. La lelire A indique (|u'il .s'agit d'une simple allusion ou d'un récit peu |)récis ; 1 initiale Z marque qu'il s'agit d'une citation qui suit de très i)rès le te.xte de Saiiat et qu'on trouvera rejjioduite avec le passage de Saiiat dans le volume de M. de Zangroniz; l'initiale V marque une citation également assez précise et que j'ai citée dans les pages qui précèdent :