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générale des Indes, écrite en espagnol par Lopez de Gomara vers le milieu du siècle. Elle avait été traduite en français dès 1569 par Martin Fumée, et le succès de cette traduction fut grand. En 1584, elle en est déjà à sa cinquième édition, et, pour la donner de nouveau au public, Fumée l’augmente de toute l’histoire de la conquête du Mexique, qu'il avait jusqu'alors négligée. C’est cette cinquième édition de 158% que Montaigne eut entre les mains. ({) En effet, plusieurs des passages que nous citerons tout-à-l’heure comme inspirés de Gomara viennent de cette très importante partie, qui manquait dans les éditions précédentes. En voici un exemple à titre de preuve.
Montaigne Gomara
Les Indes la peignent noire et basanée, aux levres grosses et en-
Ces gens ici... estoient au reste forts laids aians ceste partie du nez,
flées, au nez plat et large, et chargent de gros anneaux d'or le cartilage d'entre les nazeaux pour le faire pendre jusques à la bouche ; comme aussi la balievre, de gros cercles enrichis de pierreries, si qu'elle leur tombe sur le menton, et est leur grace de montrer leurs dAnbSEACesCOUVEL Le ee ee
Les femmes mexicanes content entre les beautez la petitesse du front, et où elles se font le poil par tout le reste du corps, elles le nourrissent au front et peuplent par art; et ont en si grande recommendation la grandeur des tetins qu’elles affectent de pouvoir douner la mamelle à leurs enfans par dessus l’espaule.
(IL. 12. €. 3. pp. 248-249)
qui divise les deux narines, si longue qu'elle pendoit jusques à la bouche, & avoient en icelle certains anneaux pendans, qui estoient faits d'ambre taillé, ou d'autre chose semblable. Ils avoient aussi la levre de dessoubs percée, & en chaque trou des anneaux d'or et des turquoises qui n’estoient gueres fines, mais pesoient tant qu'elles faisoient pendre contre bas la levre de telle façon que leurs dents demeuroient toutes SATACOUVELINR RER Te de Livre II. chap. 20. f. 73 B.” Les femmes mexicaines se pelent et oignent toutes, afin de n'avoir aueun poil ailleurs que sur la teste, et aux sourcils. El pour cette cause elles estiment une chose belle d’avoir le front petit et plein de poil
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(4) Histoire generale des Indes occidentales, et terres neuves, qui jusqu'à present on este descouvertes. Augmentee en ceste cinquiesme édition cle la description de la nouvelle Espagne et de la grande ville de Mexique, autrement nommée Tenuctilan, Composée en espagnol par François Lopez de Gomara, £ traduite en François par le S. de Genille Mart. Fumée. Paris. M. D. LXXXIV.
si longues que par dessus leurs espaules elles donnent a teter à leurs enfans.
(Livre II. chap. 84. f. 170. v° 171.
Presque toutes les coutumes indiennes auxquelles Montaigne fait allusion dans l'édition de 1588 se retrouvent dans le livre de Gomara, et elles y sont exprimées à peu près dans les mêmes termes. Voici d'abord quelques passages caractéristiques qui se rencontrent disséminés à travers les Essais.
Montaigne
« Certains indiens portoient ainsin au combat contre les Espagnols les ossemens de l'un de leurs capitaines, en consideration de l'heur qu'il avait eu en vivant. Etd’autres peuples, en ce mesme monde, trainent à la guerre les corps des vaillans hommes qui sont morts en leurs batailles, pour leur servir de bonne fortune et d'encouragement.
(ACRNS ARMEND At )E
Certaine nation abomine la conjonction avec les femmes enceintes, comme elle faict aussi avec celles qui ont leurs flueurs.
Ces pauvres gens sacrifiables, vieillars, femmes, enfans, vont, quelques jours avant, questant euxmesmes Îles aumosnes pour l'offrande de leur sacrifice, et se presentent à la boucherie chantans et dançans avec les assistans.
Gomara
Ils portent à la guerre, les hommes morts, qui ont esté vaillans, pour rendre les soldats plus courageux, & pour leur donner exemple LINE A MORE ONE Ces corps sont sans chair, ils ont seulement les oz joints ensembles par les jointures.
(Livre IIT, chap. 22, f. 241 v°).
Ils [les Indiens de Darien] s’en abstiennent quand elles ont leurs mois et quand elles sont grosses.
{Livre III, chap. 18, f. 233, r°}.
Plusieurs d'iceux allans à la mort joyeusement, vont au lieu de leur sacrifice dansans, & demandant l'aumosne par les ruës pour leur sacrilice: & ce qu'ils obtenoient estoit pour des presires.
(LA eCh 7, 180):
En une nation indienne, il ya cette loüable observance : quand il leur me-sadvient en quelque rencontre ou bataille, ils en demandent publiquement pardon au soleil, qui est leur dieu, comme d’une action injuste.
(132,6. 2, p.149), Le roy de la Mexique changeoit quatre fois par jour d'accoustremens, jamais ne les reiteroit, employant sa desferre à ses continuelles liberalitez et recompenses:
comme aussi jamais ny pot, ny plat, ny utencile de sa cuisine et de se table, ne luy estoient servis à deux fois.