‹ Les Livres d'Histoire Moderne UtilisésChapitre 18 sur 48 · LAEV; CH ENT NT · texte numérisé non relu

LAEV; CH ENT NT

Ils enferment leurs jardins & leurs terres d'un fillet de cotton, ou de bexuco seulement, & est grand peché d'entrer en telles elostures, & tiennent pour certain que celui la meurt incontinent, qui rompt un tel fil

(LITE ch° 80,1 20911}

Quezalconatl, Dieu de l'air...

lOUPAVOI CDSBIPDÉ 0 rer.

de purger ses fautes en tirant du sang de la langue et des oreilles.

(AL LL en 28/80);

(1) Divers autres passages seraient à rapprocher de celui-ci.

ol

Certaine nation a introduit que le prestre ouvre le pas à l’espousée, le jour de ses nopces, pour oster au marié le doubte et la curiosité de cercher en ce premier essay si elle vient à luy vierge ou blessée d'un’ amour estrangere.

(III, 5,t. V, p. 294.)

Le jardin de ce roy où tous les arbres, les fruicts et toutes les herbes, selon l’ordre et grandeur qu'ils sont en un jardin naturel, estoyent excellemment formez en or, comme en son cabinet tous les animaux qui naissoient en son Estat et en ses mers.

(IUL, 6, t. VI, p. 60).

Aucuns choisissaient plustost de se laisser defaillir par faim et par jeusne, estant pris, que d'accepter le vivre des mains de leursennemis.

(ILE, 6, t. VI, p. 62).

En costoyant la mer à la queste de leurs mines, aucuns Espagnols prindrent terre en une contrée fer-

Les prestres qu'ils appellent Piates. dorment avec les femmes légitimes, lesquelles on leurs baille à lespuceller suivant la coustume, laquelle ils estiment honneste, & louable... L'espoux par ce moien oste tout le soupçon qu'il pourrait avoir de sa femme s’il ne la trouvoit telle qu'il penseroit.

(F., 259, re.)

On dit en outre, que les Rois Yngas avaient un jardin en une isle NE IE là où toutes les choses qu'on scauroit mettre en un jardin estoient d'or et d'argent, comme herbes, fleurs, & arbres

Il avait en sa garderobbe des statues d’or en bosse si grandes qu’elles ressemblaient à des geans, et les figures estoient tirées au vif.

Il avoit aussi de pareille grandeur toutes sortes d'animaux de même matière, comme bestes terrestres, & oiseaux. Il avoit aussi les arbres & herbes que produisoit son pays, & tous les poissons quise procréaient, tant en la mer qu’és eaux douces de son Roiïaume.

(LV AChED 18 /0-0222v0)

Les Indiens moururent en peu de temps de mélancholie, & de faim, parce qu'ils ne vouloient en facon aucune manger de ce que les Espagnols leur présentoient, ainsi mangeoient plustost des chiens, des asnes, & autres bestes mortes qu’ils trouvoient le long des murailles.

(Trac 702)

En l'an 1509 le docteur Enciso. . .

eh

tile et plaisante, fort habitée, et firent à ce peuple leurs remonstrances accoustumées : Qu'ils estoient gens paisibles, venans de loingtains voyages, envoyez de la part du roy de Castille, le plus grand prince de la terre habitable, auquel le pape, representant Dieu en terre, avoit donné la principauté de toutes les Indes : Que, s'ils vouloient lui estre tributaires, ils seroient tres-benignement traictez : leur demandoient des vivres pour leur nourriture et de l'or pour le besoing de quelque medecine; leur remonstroient au demeurant la creance d'un seul Dieu et la verité de nostre religion, laquelle ils leur conseilloient d’accepter, y adjoustans quelques menasses. La responce fut telle : Que, quand à estre paisibles, ils n’en portoient pas la mine, s'ils l’estoient :

Quand à leur roy, puis qu'il demandoit, il devoit estre indigent et necessiteux, et celuy qui luy avoit faict cette distribution, homme aymant dissention d'aller donner à un tiers chose qui n'estoit pas sienne, pour le mettre en debat contre les anciens possesseurs

Quant aux vivres, qu'ils leur en four-niroient : D'or, ils en avoient peu, et que c’estoit chose qu'ils mettoient en peu d'estime, d'autant qu'elle estoit inutile au service de leur vie, là où tout leur soin regardoit seulement à la passer heureusement et plaisamment ; pourtant ce qu'ils en pourroient trouver, sauf ce qui estoit employé au service de leurs dieux, qu'ils le prinsent hardiment ; Quant à un seul Dieu, le discours leur en avoit pleu, mais qu'ils ne vouloient changer leur religion, s'en estans si ulilement servis si long-

avecques les habitans, que pour recognoistre leur langage, & emporter de là quelque montre de la richesse du pays. Aussi il se presenta grand nombre d'Indiens armez avecques deux Capitaines, faisant contenance de vouloir combattre, mais le docteur Enciso leur feit signe de paix, & par le moien d'un truchement que François Pizarre avoit amené d’'Uraba, leur feit remonstrer comme lui, & ces compagnons estoient chretiens Espagnols, gens pacifiques, comme ils avaient longuement floté sur la mer, & qu'ils avaient disette de vivres, & d'or, que pour cette cause il les prioit qu'ils lui en feissent part par eschange d'autres choses de grands prix qu'ils n’avoient point encore veuz. Ils respondirent qu'il pouvait bien estre qu'ils estoient gens de paix, mais qu'ils n'en avoient point la mine, que ils se retirassent incontinent de leurs pays, parce qu'ils ne pouvoient endurer d'estre moquez d'aucun, & moins supporter les prieres, & requestes, que les estrangers ont accoustumé de faire avecques leurs armes en pays estrange. Enciso repliqua derechef qu'il ne s'en pouvait aller, si lui-mesme ne parloit a eux.

Ce que lui estant accordé, il leur feit un long narré, lequel en somme ne tendoit qu'à leur conversion, et à l’exaltation de nostre foy, & pour leur faire recevoir le baptesme, leur donnant cognoissance, comme il n'y avoit qu'un Dieu seul createur du ciel, & de la terre, & des hommes:

en fin il leur recita comme le Pape, vicaire de Jesus-Christ en tout le monde, à qui estoient absoluëment recommandees les omes & la reli-

temps, et qu'ils n’avoient accoustumé prendre conseil que de leurs amis et connoissans : Quant aux menasses, c’estoit signe de faute de jugement d'aller menassant ceux desquels la nature et les moyens estoient inconneux : Ainsin qu'ils se despeschassent promptement de vuyder leur terre, car ils n’estoient pas accoustumez de prendre en bonne part les honnestetez et remontrances de gens armez et estrangers ; autrement, qu'on feroit d'eux comme de ces autres, leur monstrant les testes d'aucuns hommes justiciez autour de leur ville.

(LL. 6. t. VI. p. 63)

Ils mirent brusler pour un coup, en mesme feu, quatre cens soixante hommes tous vifs : les quatre cens du commun peuple, les soixante des principaux seigneurs d’une province, prisonniers de guerre simplement

(IL. 6. t. VI. p. 68)

gion, avoit donné ces pays à un Puissant Roy d'Espagne son Seigneur, & qu'il en estoit venu prendre possession, qu'ils ne les chasserait point toutefois de là s'ils vouloient se faire chrestiens, & vassaux d'un Prince si puissant, en paiant seulement quelque tribut d'or tous les ans: ils feirent response en riant, qu'ils trouvoient bon ce qu'il avoit dict touchant un seul Dieu, mais toutefois qu'ils ne vouloient point laisser leur religion, ni en disputer : que le Pape devoit estre moult liberal de ce qui appartenoit a autrui, ou que c’estoit une personne rioteuse qui ne demandoit que dissension, puisqu'il donnait ce qui n’estoit pas sien, & que le Roy estoit quelque pauvre homme puisqu'il demandoit : & quant à lui qu'il estoit bien hardi, puis qu'il menaçoit ceux qu'il ne congnoissoit point, & que si lui et les siens s’approchoient pour envahir leur pays, qu'ils mettroient leurs testes à un bois à la semblance de plusieurs autres leurs ennemis, lesquelles ils monstroient avec le doigt pres leur ville (1).

AAC M8 7708 5e)

Les Espagnols prinrent soixante Seigneurs qui avoient vassaux soub seux, & quatre cens autres hommes des principaux & plus riches du DANS NT RES . . |. . les quatre cens soixante prisonniers furent executez, suivant larrest.

M2 ACC 18308)

(1) Dans Gomara les Indiens qui répondent à Enciso n’affectent pas ce mépris de l'or que Montaigne leur prête. Peut-être y a-t-il confusion dans l'esprit de Montaigne avec d’autres peuplades indiennes qui font peu de cas de Por; peut-être encore a-t-il lu l’'anecdote dans un récit dérivé de celui de Gomara que je n’ai pas encore rencontré; mais cette seconde hypothèse me semble moins probable.

El

Ceux de Mexico jugeoient ainsi que nous, que l'univers fust proche de sa fin, et en prindrent pour signe la desolation que nous y apportasmes. Ils croyoyent que l'astre du monde se depart en cinq aages et en la vie de cinq soleils consecutifs, desquels les quatre avoient desjà fourny leur temps, et celuy qui leur esclairoit estoit le cinquiesme. Le pre:

mier perit avec toutes les autres creatures par universelle inondation d'eaux ; le second, par la cheute du ciel sur nous, qui estouffa toute choses vivantes, auquel aage ils assignent les geants, et en firent voir aux Espagnols des ossements à la proportion desquels la stature des hommes revenoit à vingt paumes de hauteur; le troisiesme, par feu qui embrasa et consuma tout ; le quatriesme, par une émotion d'air et de vent qui abbatit jusques à plusieurs montaignes: les hommesn'en moururent poinct, mais ils furent changez en magots. . . .. Après la mort de ce quatriesme soleil, le monde fut vingt-cinq ans en perpetuelles tenebres, au quinziesme desquels fut créé un homme et une femme qui refeirent l’'humaine race.

Dix ans après, à certain de leurs jours, le soleil parut nouvellement creé ; et commence, depuis, le compte de leurs années par ce jour là. Le troisiesme jour de sa creation, moururent les dieux anciens ; les nouveaux sont nays depuis, du jour à la journée. Ce qu'ils estiment de la maniere que ce dernier soleil perira, mon autheur n'en a rien appris.

(ITA 6 ME AVIESDEATON

Par ces ans ils contoient leurs cinq Soleils que nous dirions cinq aages : & suivant leur calcul ils croient que depuis la creation du monde il y ait 4 Soleils passez sans cestuy. Ils disent que le premier Soleil se perdit par eau, durant lequel les hommes & toutes choses creées se noïerent : que le second perit en tombant le ciel sur la terre, par laquelle cheute tout le peuple, & toute chose vivante fut assommée, disans que durant cest aage vivoient les geans, amenans pour tesmoignage de grands ossemens que nos Espagnols trouvoient en la mesure et proportion desquels monstroit evidemment la hauteur de ces geans avoir été de vingt paulmes. Quant au tiers Soleil, ils disent icelui avoir esté consommé par le feu, ce monde bruslant par longues années, durant lesquelles tout le genre humain, & tous les animaux furent enflambez : & que le quatriesme print fin par l’air, estant le vent si fort et si violent, que tous les edifices, arbres et rochers tomberent par terre mais que les hommes ne moururent point, & qu'ils furent seulement convertis en cinges. Quant au cinquiesme Soleil, lequel a de present son cours, ils ne comptent point en quelles façons il doit perir, mais ils racomptent que lors que le quatriesme Soleil print fin, tout le monde fut obscurei, & demeura en telles tenebres, l’espace de vingt-cinq ans continuels,

MR

Quant à la pompe et magnificence, par où je suis entré en ce propos, ny Grœce, ny Romme, ny Ægypte, ne peut, soit en utilité, ou difficulté, ou noblesse, comparer aucun de ses ouvrages au chemin qui se voit au Peru, dressé par les roys du pays, depuis la ville de Quito jusques à celle de Cusco, (il y a trois cens lieuës), droict, uny, large de vingt-cinq pas, pavé, garny de costé et d'autre de belles et hautes murailles, et le long d'icelles, par le dedans, deux ruisseaux perennes bordez de beaux arbres qu'ils nomment molly. Où ils ont trouvé des moutaignes et rochers, il les ont taillez et applanis, et comblé les fondrieres de pierre et chaux. Au chef de chasque journée, il y a de beaux palais fournis de vivres, de vestements et d'armes, tant pour les voyageurs que pour les armées qui ont à y passer. En l'estimation de cet ouvrage, j'ay compté la difficulté, qui est particulierement con-

& qu’au cinquiesme d’iceux les Dieux

formerent un homme et une femme,

lesquels incontinent eurent des en-

fans, & que dix ans apres le Soleil

apparut freschement creé et formé

le jour qu'en leur langue ils sur-

nomment du Connil.

En memoire dequoi ils commen-

cent le compte de leurs ans par- COR OUTRE

Aussi disent-ils que trois jours apres que Ce cinquiesme Soleil apparut, les dieux qui estoient auparavant moururent, & que depuis ceux lesquels presentement ils adoroient, estoient nez.

VMC TE MEMES Er)

Il ÿ a en ce païs deux grands chemins royaux, depuis la ville de Quito jusques à celle de Cuzco, qui est un œuvre d'aussi grand coust commeil est remarquable. L'un est par les montagnes, & l’autre par les plaines, tous deux durent plus de 200 mil. Celuy qui est en la campagne est revestu de muraille des deux costez, & est large de vingt-cinq pieds : ilaen dedans des fossez, ou petits ruisseaux pleins d’eau coulante perpetuellement et dessus iceux ont esté plantez force arbres, qu'ils appellent Molli.

L'autre qui est en la montagne, est de mesme largeur, entaillé par dedans les rochers, & aux endroits où il y avoit des vallons trop creux, pour esgaller le chemin on les remplissoit de pierres massonnees avecques de la chaux. En somme, c’est un œuvre, qui mesme au dire de tous ceux qui ont veu l’un et l’autre surpasse les Pyramides d’Egypte, & les grands chemins pavez

LS

siderable en ce lieu là. Ils ne bastissoient poinct de moindres pierres que de dix pieds en carré ; ils 1’avoient autre moyen de charrier qu'à force de bras en trainant leur charge : et pas seulement l'art deschafauder, n’y scachant autre finesse que de hausser autant de terre contre leur bastiment, comme ils’esleve, pour l'oster aprés.

(LIT, 6, TV) paie To)

Le dernier roy du Peru, le jour qu'il fut pris, estloil ainsi porté sur des brancars d’or et assis dans une

cheze d’or uu milieu de sa bataille.’

Autant qu'on tuoit de ces porteurs pour le faire choir à bas, car on le vouloit prendre vif, autant d’autres, et à l’envy, prenoient la place des morts, de façon qu'on ne le peut onques abbatre, quelque meurtre qu'on fist de ces gens là, jusques à ce qu'un homme de cheval l'alla saisir au corps et le porta par lerre,

(TT 66 VIe p0079,

des anciens Romains, & tous les edifices anciens. . . . De journee en journee on void de beaux grands palais bastis, qu’ils appellent Tam bos, ou se logeait la cour, & les armées des Roys Yngas.

Ils trainent leurs pierres, ou les roulent à force de bras jusques au lieu, où ils veulent bastir : par ce qu'ils n’ont point de bestes pour s'ayder d'elles à tels œuvres.

Les pierres sont de dix pieds en quarrés & encore d'avantage : il les asseoient avecques de la chaux, & autre mortier. Or pour monter leurs pierres, ils apportent de la terre contre le mur, & autant que croist l’edifice, autant haussent-ils leur terre. Car ils n'ont point d’autres engins à bastir, & ainsi sont long temps devant qu'achever telles entreprises, & leur faut une infinité de personnes.

(L. 5, ch. 86, f. 439 ve et 410 ve).

Attabalipa se faisait porter en.

une litiere d'or, parée par dedans de plumes de perroquets de diverses couleurs, & estoil assis dedans une basse chaire toute d'or. =. .

. .Mais les Espagnols ne pouvoient le toucher, parce qu'il estoit élevé haut en sa litiere et pour cette cause luoient ceux, qui la soustenoient à fin de le faire tomber.

Mais aussilost qu'il y avoit un de ces porteurs mort, un autre prenoit sa place de peur que leur Seigneur ne tombast à terre. Pizarre voyant cela le Lira par sa robe et le feit choir en lerre, & par ce moyen print fin ceste meslée.

(L. 5, ch. 6, f. 312-313).

er g et DE

Ceux de Mexico, depuis que les ceremonies de son sacre sont parachevées, n'osent plus regarder le roy au visage; ains, Comme s'ils l'avoient deifié par sa royauté, entre les serements qu'ils luy font jurer de maintenir leur religion, leurs loix, leurs libertez, d'estre vaillant, juste et debonnaire, il jure aussi de faire marcher le soleil en sa lumiere accoustumée, d’esgouster les nuées en temps oportun, courir aux rivieres leurs cours et faire porter à la terre toutes choses necessaires à son peuple.

(IL, 8, t. VI, p. 104).

Peu regardoient le Roy au visage JODHSISONISACIE PEN RU

.....Le grand prestre s’approchant de lui le conjuroit, & lui faisoit faire serment qu'il garderoit la religion de leurs Dieux, qu'il observeroit, & feroit observer les loix & ordonnances de ses predecesseurs : qu'il maintiendroit par justice qu'aucun de ses vassaux ou amis ne fut outragé : qu'il se monstreroit vaillant à la guerre, qu'il feroit que le Soleil tousjours chemineroit avec sa clarté et lueur, qu'il feroit que les nuës pleuveroient selon la nécessité, & qu'il feroit que la terre fructifieroit abondamment.

[L. 2, ch. 77, f. 160 ve).

Ces rapprochements nous montrent assez que Montaigne à

goûté l’histoire de Gomara et qu’il y à fait son profit. A propos des croyances des Mexicains sur les destinées du monde, c’est tout un long morceau que nous avons vu passer presque intégralement de Gomara dans les Essais. Néanmoins nous n'avons pas encore le moyen de bien saisir l'intérêt que Montaigne a pris à le lire. Pour nous en rendre un compte plus exact, il faut le voir accumuler à plaisir, comme en tas, les coutumes les plus baroques et s'offrir ainsi le spectacle de la diversité de la nature humaine. « J’estime », nous dit il, «qu'il ne tombe en l'imagination humaine aucune fantasie si forcenée qui ne rencontre l'exemple de quelque usage public, et par conséquent que nostre raison n'estoie et ne fonde ». C’est bien, en effet, l'impression maitresse qui doit lui rester de Gomara. Qu'on en juge par cet extrait du chapitre intitulé « De la coustume, et de ne changer aisement une loy receue ». Lorsque le texte de Gomara sera trop long pour pouvoir être cité ici, je me contenterai d’y renvoyer.

Il est des peuples où on tourne Bogota estoit fort reveré : il fail-

le doz à celuy qu'on salue, et ne regarde l’on jamais celuy qu'on veut honorer.

loit, quand on parloit à luy, tourner les espaules de peur de le voir en la face (L. IIL. Ch. 22. f. 240 r°).

Il en est où, quand le roy crache, la plus favorie des dames de sa cour tend la main, et en autre nation les pius apparents qui sont autour de luy se baissent à terre pour amasser en du linge son ordure ;

où, sauf sa femme et ses enfants, aucun ne parle au roy que par sarbatane.

En une mesme nation, et les vierges montrent à descouvert leurs parties honteuses, et les mariées les couvrent et cachent soigneusement ;

à quoy cette autre coustume, qui est

ailleurs, à quelque relation : la chas-

teté n'y est en prix que pour le service du mariage, car les filles se peuvent abandouner à leur poste et, engroissées se faire avorter par medicamens propres au veu d'un chacun.

Et ailleurs, si c'est un marchand qui se marie, conviez à la nopce couchent avec l'espouse avant luy ; et plus il y en

tous les marchans

à plus elle a d'honneur et de recommandation de fermeté et de capa cité. Si un officier se marie, ilen va de mesme ; de mesme si c'est un noble, et ainsi des autres, sauf si

Attabalipa ne crachaïit point en terre, mais une de ses plus favorites recevait en sa main la salive (L. V. ch. XI. f. 326 w°).

Quand Bogota crachait, les principaux de sa court, qui estoient à l’entour de lay, se jetoient à genoux pour recueillir sa salive en une toüaille de coton blanche, à fin qu’elle ne cheuft point en terre, qui est une ceremonie de grand Prince (L. IL ch. XXII. f. 240 r°).

personne ne parle au Roy de Borney, si ce n'est par Sarbatane, excepté sa femme & ses enfans (L. IV.

CH Ve E38250

Les femmes mariées (aux Iles Lucaies), & celles qui se sont esbattues avec les hommes, se couvrent les parties honteuses depuis la ceinture jusques au genoüil avec certains petits manteaux : mais les vierges ne portent qu'un petit rets de cotton, lequel a dedans la maille des feuilles d'herbe, encor ne portent-elles ce rets que quand elles ont leurs mois, autrement elles vont toutes nues (L. II. ch. 6. f. 50 v°).

Les filles qui font folie de leurs corps (chez les Dariens), & en deviennent grosses, se deschargent de leur fardeau avec une herbe qu'elles mangent, sans autre chastiement & sans honte aucune (L. III.

ch XVIII. f. 259.7).

Aux nopces un autre est l'es:

poux, & parainsi si l’espoux est Cacique, tous les Caciques, qui sont invitez à la feste, couchent avec:

ques l’espousée devant l'espoux, s'il est marchand, les marchands ÿ couchent, s'il est citadin, bourgeois, ou laboureur, le Seigneur couche le premier, où quelque prestre & après

rude. 1 S a

c'est un laboureur ou quelqu'un du bas peuple, car, lors, c'est au seigneur à faire ; et si on ne laisse pas d'y recommander estroitement la loyauté pendant le mariage.

Il en est où il se void des bordeaux publics de masles, voire et des mariages ;

où les femmes vont à la guerre quand et. leurs maris et ont rang non au combat seulement, mais aussi au commandement ;

où non seulement les bagues se portent au nez, aux levres, aux joues eb aux orteils des pieds, mais des verges d’or bien poisantes au travers des tetins et des fesses ;

où en mangeant on sessuye les doigts aux cuisses et à la bourse des genitoires et à la plante des pieds ;

où les enfans ne sont pas heritiers, ce sont les freres et nepveux seulement, sauf en la succession du prince ;...….

que tous y ont couché, l’espousée est réputée vaillante & courageuse. AT che PM TE Te)"

Ils ont des bordeaux publics de femmes,& mesme d'hommes. (L, III, ch. 18, f. 233). Ils marient un homme avec un autre quand ils sont impuissants ou eunuques. (L. II, ch. XI, f. 61 ve).

Les femmes vont souvent avec leurs maris à la guerre, & s'y employent à tirer de l'arc, aussi bien qu'eux. (L. III. ch. 18, f. 233}. On dit que il y a en ce quartier une contrée, où les femmes regnent & commandent. (L. III, ch. 22, f. 22, 249 ve).

Ils se percent une mâmelle & aucuns se les percent toutes deux, & traversent par les troux certaines petites cannes de la longueur d'une paulme et demie. Ils se persent aussi les fesses, & y pendent de semblables cannes qu'à leurs màmelles (L. [I. ch. XI. f. 59 v°).

(Pour les bagues au nez, aux lèvres, aux joues & aux orteils, on les trouve partout. c. f. en particulier f. 73 & 233.)

Ils ne s’aident point de tables, ni de nappes, ou serviettes pour manser et s'essuier, excepté le Roi, tous les autres s’essuient les doigts à la plante de leurs pieds, ou à leurs cuisses, voire aux bources de leurs tesmoings (L.3. ch. 15. f. 227. r').

Les nepveux succèdent à leurs oncles, & non les enfans, excepté entre les Roys Yngas, & les Seigneurs (1).

(1) Voir la même idée exprimée page 327 v°.

où l'on pleure la mort des enfans, et festoye l'on celle des vieillards ;

où ils couchent en des licts dix ou douze ensemble avec leurs femmes ;

où les femmes qui perdent leurs maris par mort violente se peuvent remarier, les autres, non ;

où l'on estime si mal de la condition des femmes qu'on y tue les femelles qui y naissent, et achepte l’on des voisins des femmes pour le besoin£g ;

où les maris peuvent repudier sans alleguer aucune cause, les femmes, non pour cause quelconque ;

où les maris ont loy de les vendre, si elles sont steriles ;

où ils font cuire le corps du trespassé, et puis piler jusques à ce qu'il se forme comme en bouillie, laquelle ils meslent à leur vin et la boivent ;

où la plus désirable sepulture est d’estre mangé des chiens, üilleurs des oiseaux ; (2)

Quant à leurs enfans, ils les nourrissent avecques grandes mignotises, & si d'aventure ils viennent à mourir. ils entrent en grande cholere & fascherie, & les enterrent avec grandes plaintes. Ils ne pleurent point les vieillards quand ils meurat (Hs AT CM ES GDATAE

Ils couchent en leurs Hamacques {ainsi appellent-ils leurs lits) cinq à cinq, & mesme dix à dix, avec leurs femmes. (L. IV, ch.'2, f. 272 v°.)

Une veuve ne se peut remarier, si son mari est mort naturellement: mais elle peut se remarier s’il est défait par justice. (L. II, ch. 8, f. 54 v°.;

Ils achetent de leurs ennemis des femmes pour un are & deux fleches, ou pour un rets a pescher, & tuent les filles qu'ils font à fin de ne les donner à leurs parents, ni à leurs ennemis. (L. II, ch. 1, f. 69 v°.)

Ils repudient leurs femmes pour cause bien legere, & elles pour cause aucune ne peuvent abandonner leurs mariz. (L. 3, Ch. 1, p. 197 v}°.

Ils laissent, & changent, et mesme vendent leurs femmes si elles ne peuvent concevoir. (L 3, ch: 18,75 239 T4)

Si un de leurs seigneurs meurt.

LE .. ils rotissent le corps, le Metient en pièces, le pilent en telle façon qu'ils le font devenir comme en bouillie, & le jettent dedans un grand vase plein de vin, où ils le détrempent, & puis le boivent.

(L. III, ch. 28, f. 243 ve.)

A) Montaigne renchéril encore sur Le contraste établi par Gomara.

(2) Je ne trouve rien de pareil dans Gomara.

tarque qui se glisse parmi ces coutumes Indiennes :

C'est sans doute un souvenir de Plu- « Ce sont les plus heureuses

ns Dire

où l’on croit que les ames heureuses vivent en toute liberté en des champs plaisans fournis de toutes commoditez, et que ce sont elles qui font cet echo que nous ovons ;

où ils combatent en l’eau et tirent seurement de leurs ares en nageant;

où pour signe de subjection il faut hausser les espaules et baisser la teste, et deschausser ses souliers, quand on entre au logis du roy ;

où les eunuques qui ont les femmes religieuses en garde ont encore le nez et levres à dire, pour ne pouvoir estre ayinez;

où les prestres se crevent les yeux, pour accointer leurs demons, et prendre les oracles ;

où chacun faict un dieu de ce quiluy plaist, le chasseur d’un Ijon ou d'un renard, le pescheur de certain poisson, et des idoles de chaque nation ou passion humaine ;

{ls croient que l’âme soit immortelle & qu’elle se retire en une campage, où elle mange & boit, & que c'est l’'Echo, lequel respond à celui, qui parle, & crie. {L.3, ch. 33, f. 260 r°).

Ils se jettoient dans l’eau jusques à la ceinture, poursuivans les nostres, & plusieurs en nageant deschargeoient leurs trousses à force de tirer, tant estoit grand leur courage. (2.8; cn 21123700.)

Mais il falloit que quelque personne que ce fust qui vint à la Cour, qu'il se deschaussast avant qu'entrer dedans le Palais, & s'il voulait parler à Guainocapa il haussoit les espaules, & baïissoit la teste, qui est une cérémonie entr'eux, pour montrer qu'ils sont ses vas- SaUX AE V Ch AS; Le 228re;) les hommes qui sont commis pour les garder sont chastrez, & mesme on leur coupe le nez, & les lèvres pour en oster tout appelit aux femmes. (L. V, ch. 14, f. 324r°.)

Quand ils veulent parler au dia- Deer aucuns de leurs pretres se crevent les yeux, ce que je croi qu'ils font de peur : car tous se bouchent la veüe quand ils veulent parler à lui. (L. V, ch. 14, f. 323 v°.

UnechacunmadorencemaundTTr plaist : mais c’est l'ordinaire à un pescheur d'adorer une flammette, ou quelqu'autre poisson : à un chasseur de reverer un lion, ou bien un ours, ou un regnard, & semblables autres animaux, Comme oiseaux, & autres choses. (L. V, ch. 14, f. 323 r°.)

sepultures des Tartares et des Hyrcaniens, lestre mangé des chiens : ei entre les Batraniens, par les loix du païs ceux-là sont estimez avoir plus heureuse fin, quand les oiseaux les mangent après qu'ils sont morts.» Que le vice seul est suffisant pour rendre l'homme malheureux. Trad. Amyot, 1572, f. 138 r°.

Unie

le soleil, la lune et la terre sont les dieux principaux ;

la forme de jurer, c'est toucher la terre, regardant le soleil ;

et y mange l'on la chair et le pois- SONICLU EEE

où les femmes s'accouchent sans plaincte et sans effroy ; : =

ou les hommes portent les charges sur la teste, les femmes sur les espaules ; elles pissent debout, les hommes eroupis (2);

et encensent comme les dieux les hommes qu'ils veulent honnorer . .

ou l’on mange toute sorte d’herbes, sans autre discretion que de refuser celles qui leur semblent avoir mauvaise senteur ;

ou tout est ouvert, et les maisons, pour belles et riches qu'elles soyent, sans porte, sans fenestre, sans coffre qui ferme, et sont les larrons doublement punis qu'ailleurs ;

ou ils tuent les pouils avec les dents, comme les magots, et trouvent horrible de les voir escacher soubs les ongles,

(1) Voir encore la

Il est bien vrai que tous generalement adorent pour leurs Dieux principaux le Soleil, la Lune, & la Terre. (L. V, ch. 14, f. 323, r°.)

Aussi quand ils jurent ils touchent la terre, & regardent le soleil.

(EAVeNLE, Co re)

Ils mangent leur chair et le poisson-crad {1}: {L-WS CH LAN 34207)

Quand elles accouchent elles ne se tourmentent ni ne se passionnent tant que les autres. (L. III,-ch. 29, f 252v°.)

Les hommes pissent accroupis comme font noz femmes par decà, & les femmes de ce païs pissent tout debout. (L. VI. ch. 10, £. 455 r°).

De ces encensoirs ils encensoient aussi leurs seigneurs, comme ils feirent Cortes, & autres Espagnols, quand il entra au temple {(L.II.ch.89.

Ils mangent toutes sortes d’herbes, lesquelles n’ont point mauvaise odeur (L. II. ch. 85 f. 172. r°).

Leurs logis n’ont portes, ni fenestres fermantes, tout est ouvert: & pour ceste cause on chastie fort severement les adulteres, & larrons (LIEN; S02 MATTER

ils mangent neantmoins fort bien toutes autres bestes vivantes, jusqu'à leurs propres poulx, alleguans quelques uns d’entre eux qu'ils les mangent pour leur santé, disans

même coutume, page 438 v’'.

(2) La secoude de ces deux particularités seule se rencontre chez Gomara: mais

toutes deux étaient chez Hérodote, et c'est un souvenir d'Hérodote qui se glisse ici dans l'énumération de Montaigne, ef, la traduction de Saliat, p. 42 ve. « Les hommes portent leurs fardeaux sur leurs testes et les femmes sur leurs espaules. Elles s2 tiennent debout quand elles urinent, mais les hommes s'accroupissent., »

OS

d'avantage, qu'il est plus honneste de les manger, que de les tuer entre les ongles. (L. II, ch. 85.f. 172 r°.)

Aïlleurs encore, Montaigne s'amuse à ce jeu d’accumuler des coutumes étranges. Dans l’Apologie de Raimond Sebonde, à nouveau, il veut montrer la vanité de nos opinions et illustrer cette pensée d'Epicure que (en mesme temps qu'elles sonticy, elles sont toutes pareilles et en mesme façon en plusieurs autres mondes ». Combien l’eût-il dit « plus asseurément », s’ecrie Montaigne, s’il eût connu tout ce que nous révèle le nouveau monde des Indes ! Et là-dessus, il amasse une collection de croyances religieuses et de coutumes qui rappellent celles de l'ancien monde et qui avaient germé dans des nations ( n’ayans, comme l’on estime, jamais ouy des nouvelles de nous ». On a pu, par l'exemple précédent, se convaincre que Gomara est bien la source principale des Essais pour ces usages indiens, et on y à trouvé les moyens de contrôler l'exactitude de Montaigne. Pour éviter les longueurs je me contenterai, pour ce second exemple, au lieu d'établir un parallèle, de reproduire le passage de Montaigne, en indiquant en note les reférences à Gomara.

On trouve, au Nouveau-Monde des nations n’ayans, comme l’on estime, jamais ouy nouvelles de nous, où la circoncision estoit en credit ; où il y avoit des estats et grandes polices maintenuës par des femmes (1), sans hommes; où nos jeusnes et nostre caresme estoit representé, y adjoustant l’abstinence des femmes (2); où nos croix estoient en diverses façons en credit : icy on en honoroit les sepultures (3) ; on les appliquoit là, et mesmes celle de S. André, à se deffendre des visions nocturnes et à les mettre sur les couches des enfans contre les enchantements (#4) ; ailleurs ils en rencontrerent une de bois, de grande hauteur, adorée pour dieu de la pluye (5), et celle là bien fort avant dans la terre ferme : on

(4) ef. Gomana, trad. Fumée, ed. 4584, [. 242-264 r°. (2) cf. f. 240 et en divers autres endroits,

(3) cf. 1. 199 r°.

(4) cf. 1. 258 r°:

(HNCREL GORE

AOL Es

y trouva une bien expresse image de nos penitentiers ; l'usage des mitres, le cœlibat des prestres, l'art de diviner par les entrailles des animaux sacrifiez; la façon au prestres d'user en ofliciant de langue particuliere et non vulgaire; et cette fantasie, que le premier dieu fût chassé par un second, son frere puisné; qu'ils furent creés avec toutes commoditez, lesquelles on leur à depuis retranchées pour leur peché, changé leur territoire et empiré leur condition naturelle (1); qu'autrefois ils ont esté submergez par l'innondation des eaux celestes; qu'il ne s'en sauva que peu de familles, qui se jetterent dans les hauts creux des montaignes, lesquels creux ils boucherent, si que l'eau n'y entra poinet, ayant enfermé là dedans plusieurs sortes d'animaux ; que, quand ils sentirent la pluye cesser, ils mirent hors des chiens, lesquels estans revenus nets et mouillez, ils jugerent l'eau n’estre encore guiere abaissée ; depuis, en ayant fait sortir d'autres et les voyans revenir bourbeux, ils sortirent repeupler le monde, qu'ils trouverent plain seulement de serpens (2). On rencontra en quelque endroit la persuasion du jour du jugement, si qu'ils s'offencoient merveilleusement contre les Espaignols, qui espendoient les os des trespassez en fouillant les richesses des sepultures, disant que ces os escartez ne se pourroient rassembler audit jour (3) ; la trafique par eschange, et non autres, foires et marchez pour cet effect ; des nains et personnes monstrueuses pour l'ornement des tables

(4) Tout ceci est pris aux coutumes du Pérou, ef, p' les mitres, f. 323 r; p' le célibat des pretres, f. 323 ve; pour la consultation des entrailles, f 32% r°: pour la langue spéciale de la religion, f. 323 v°: pour les dieux frères dont le puisné chasse l'aîné, f. 32% ve: p' la chutte des premiers hommes, f. 324 v°.

(2) cf. f. 325 toujours dans les coutumes du Pérou : «Ils racomptent en outre comme en un certain temps il cheut tant d'eau du ciel que toutes les campagnes furent submergees, & toutes les personnes noïees, exceptees celles qui se sauverent dedans des creux, & cavernes des hautes montagnes, l’'entree desquelles ils boucherent si bien que l'eau n'y pouvoit entrer, s'estans premierement garnis de bonnes provisions, & de grande quantité de bestail : & quand ils sentirent qu'ils ne plouvoit plus, ils firent sortir dehors deux chiens, & voains qu'ils estoient retournez nets % moüillez, congneurent par là que les eaux n'estoient point abbaissées, Mais apres en firent encor’ sortir d'avantage, & lors aucuns revindrent soüillez et pleins de fange, par là is jugerent que l'eau estoit abbaissée, & à lors sortirent de leurs creux pour repeupler la terre, (L V. ch. 145,1 395 r°).

(3) « Quand les Espagnols ouvroient ces sepulchres, & jettoient les ossements deçà delà, les Indiens les prioient de ne faire pas ainsi, de peur qu'estant ainsi escartez ils ne peussent resusciter. (L. V, ch. 47, f. 327 vo)

Pro

des princes (1); l’usage de la fauconnerie selon la nature de leurs oiseaux ; subsides tyranniques, delicatesses de jardinage, dances, sauts bateleresques, musique d’instrumens, armoiries, jeux de paume (2, jeu de dez (3) et de sort auquel ils s'eschauffent souvent jusques à s'y jouer eux-mesmes et leur liberté; medecine non autre que de charmes (4); la forme d’escrire par figures (5) ; creance d'un seul premier homme pere de tous les peuples (6); adoration d'un dieu qui vesquit autrefois homme en parfaite virginité, jeusne et pœnitence, preschant la loy de nature et des cerimonies de la religion, et qui disparut du monde sans mort naturelle (7); l’opinion des geants (8); l'usage de s’enyvrer de leurs brevages et de boire d'autant (9); ornemens religieux peints d’ossements et testes de morts, surplys, eau-beniste, aspergez (10), femmes et serviteurs qui se presentent à l’envy à se brusler et enterrer avec le mary ou maistre trespassé ; loy que les aisnez succedent à tout le bien, et n’est reservé aucune part au puisné que d’obeissance (11; coustume, à la promotion de certain office de grande authorité, que celuy qui est promeu prend un nouveau nom et quitte le sien; de verser de la chaux sur le genou de l'enfant freschement nay, en luy disant : (« Tu es venu de poudre et retourneras en poudre »; l’art des augures.

On y trouva aussi la creance du purgatoire, mais d’une forme nou velle: ce que nous donnons au feu, ils le donnent au froid, etimaginent les ames et purgées et punies par la rigueur d’une extreme

(4) cf. f.92 r° & ailleurs

(2) La plupart de ces coutumes se rencontrent au Mexique selon Gomara. Pour la fauconnerie, cf. f. 95 r’; la danse, la paume, la musique, cf. f. 9%; pour le Jardinage, f298 me

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