‹ Les Livres d'Histoire Moderne UtilisésChapitre 21 sur 48 · STE LE VA D. E · texte numérisé non relu

STE LE VA D. E

Les prisonniers Turcs aimans mieux mourir que vivre esclaves, firent tant avec des cloux de fer frottez l’un contre l’autre, que les estincelles en volèrent sur eertains caques de pouldre, laquelle brusla vaisseau Portugallois, prisonniers & tout.

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Les Baneanes ne mangent chair ny poisson.

BAT voulant prendre terre fut assailly de trente Mores qui avoyent la teste & la barbe rase, qui estoit un signe de certain vœu, par lequel ils $estoyent condamnez avec horribles exécrations à mourir plustost que de quitter la place.

(AN ARCh RER E NET

Celui qui desfie un autre combat à outrance demande place au Roy en laquelle il puisse seurement combattre son adversaire. Si c'est quelque homme de marque, le Roy se trouve là en personre et donne une petite chaine d'or au vainqueur qui la doit garder tout le temps de sa vie, autrement il perd tout l'honneur qu'il avait acquis. Et est loisible a tout homme de lever les armes contre luy seul à seul, pour essayer qui emportera la chaine, laquelle au plus fort, & lui est ostée s'il se laisse vaincre puis

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Ceux de Callicut font des nobles une espece par dessus l’'humaine. Le mariage leur est interdit et toute autre vacation que bellique. De concubines, ils en peuvent avoir leur saoul, et les femmes autant de ruffiens, sans jalousie les uns des autres; mais c'est un crime capital et irremissible do s’accoupler à personne d'autre condition que la leur ; et se tiennent pollus, s'ils en sont seulement touchez en passant, et comme leur noblesse en estant merveilleusement injuriée et intéressée tuent ceux qui seulement ont approché un peu trop près d'eux: de manière que les ignobles sont tenus de crier en marchant, comme les gondoliers de Venise au contour des ruës pour ne s'entreheurter, et les nobles leur commandent de se jetter au quartier qu'ils veulent.

Ceux-cy evitent par là cette ignominie qu'ils estiment perpetuelle, ceux là une mort certaine. Nulle durée de temps, nulle faveur de prince, nul office ou vertu ou ripeut faire qu'un roturier devienne noble, A quoy ayde cette cousltume que les mariages sont défendus de l'un mestier à l'autre :

ne peul une de race cordonnière espouser un charpentier; eb sont les parents obligez de dresser les enfants à Ja vacalion des pères, précisément et non à autre vacation,

chesse

après un encores plus vaillant que lus. Et non seulement les gens de guerre, mais aussi les artisans vuident à coups d'espée les débats survenans entr'eux pour savoir qui est le plus excellent ouvrier.

(L. IV, ch. 12, f. 419.)

Il est defendu aux gentils-hommes de se marier, afin que rien ne les empesche de s'exercer continuellement aux armes. Mais un chacun a plusieurs Damoiselles à son commandement: & estime-on qu'ils ayent commis un crime horrible entre les autres, s'ils ont la compagnie d’une femme qui ne soit point Damoiselle. Ces Damoiselles ont aussi autant de rufiens qu'il leur plait pourveu que ce soyent Naires, c’est-à-dire Gentils-hommes.

Les uns ne sont point jaloux des

roturiere, ses compagnons le hachent en pieces. Les femmes nobles aussi qui ont affaire avec autres que Naires, sonttrailtées de mesme.

Si quelque roturier les touche, ils estiment que cela souille leur noblesse : & ne trouvent meilleur expedient de venger ceste grande injure, que de tuer ces misérables qui se sont approchez un peu trop près d'eux. Voilà pourquoy quand ceux qui ne sont pas nobles marchent çà ou là, ils sont contraints de crier à haute voix, comme pour dire qu'ils sont en chemin. Quand les Naires entendent à ces cris que les autres s'approchent, ils leur commandent de se tirer à quartier, & par ce moyen les ignobles évitent la mort, & les nobles l'ignominie

par où se maintient la distinction perpetuelle, En ce lieu la noblesse et continuation de leur fortune. ne s'obscurcit pour mechanceté que (LL, 5, t, V, p. 264). le noble commette, & ne faut pas qu'un roturier pense jamais estre autre, fut-il le plus sage & vertueux de tous les hommes du monde: il faut necessairement que chacun demeure en la condition en laquelle ont esté ses prédécesseurs. Les mestiers sont tellement distingué, que ceux de l’un ne peuvent marier leurs filles à ceux de l’autre, Comme pour exemple les fils d'un cousturier ne peuvent espouser les filles d'un cordonnier, n’y apprendre autre mestier que celuy de leur père :

& font de mesme es autres mestiers par une coustume observée entre eux de tout temps.

(EN Che 3 MES Er)

Lopez de Gastaneda

De l'ouvrage d’Osorio nous ne pouvons détacher celui de Lopez de Castaneda « Histoire de la découverte ‘et de la conquête des Indes par les Portugais. » Montaigne l’a lu, en effet, vers la même époque et probablement dans le même volume. Nous savions déjà que sa bibliothèque contenait une traduction en Castillan du premier des huit livres de Castaneda ; mais il ne lisait pas l'Espagnol. C'est donc très probablement dans l’abrégé français que Goulard donna à la suite de sa traduction d’Osorio que Montaigne a pu connaitre l’histoire de Castaneda (1). Voici trois coutumes et une anecdote qui me paraissent en venir :

(4) La traduction de Goulard est intitulée : « Histoire de Portugal contenant les entreprises, naviguations et gestes memorables ces Portugallois, tant en lù conqueste des Indes Orientales par eux descouvertes, qu'es guerres d'Afrique £ autres exploits, depuis l'an mil quatre cens nonante siæ, sous Emmanuel premier. Jean troisiesme £ Sebastian premier du nom. Comgrises en vingt Livres, dont les douse premiers sont traduits eu Latin de Jerome Osorius, Evesque de Sylves A lgarve, les huit suivant prins de Lopez de Castagnede & d'autres historiens ». Noici comment il s'exprime au sujet des 8 derniers hvres qui font suite aux douze livres d'Osorio : « Jai avancé outre mon esperance,

Montaigne

Au royaume de Ternate,.-, la coustume porte qu'ils n'entreprennent guerre sans l'avoir denoncée, y adjoustans ample declaralion des moiens qu'ils ont à y emploier, quels, combien d'hommes, quelles munitions, quelles armes, offensives et defensives. Mais aussi, cela faict, ils se donnent loy de se servir à leur guerres, sans reproche, de tout ce qui aide à vaincre.

LR LCD.)

Et au quartier par où les Portugaiz escornerent les Indes, ils trouverent des estats avec cette loy universelle et inviolable, que tout ennem y vaincu par le roy en presence ou par son lieutenant est hors de composition de rançon et de mercy.

(En une nation), le soldat qui, en un ou divers combats, est arrivé a

Castaneda

La coustume du pays porte, que quand les Insulaires veulent faire la guerre à quelques autres, afin que les assaillis ne se plaignent d'avoir esté surprins, ils les envoyent desfier premierement, & les avertissent des gens qu'iis meinent, descrivant les armes defensives & offensives qu'ils portent : si les autres se rendent on ne leur ïait aucun desplaisir : mais s'ils font les asseurez, disans n'avoir peur & estre prest à se defendre, de là en avant ils peuvent s’entrecourir sus, & se faire la guerre par tous les moyens de finesse & de trahison dont ils se peuvent aviser, sans en encourir blasme.

(L. XIV, ch. 16.)

Cachil disoit la coustume inviolable estre qu'en toutes les batailles esquelles les Roys ou leurs lieutenans se trouvoyent, on faisoit mourir sans aucune remission tous les ennemis qui avoyent attendu le combat ou l'assaut,

(L. 44, eh. 15, f. 416.)

Correa sçeut que quiconque en ces isles peut porter à son Roy à

ajoustant, pour le parachevement de l'histoire, ce qui est avenu de plus memorables

es Indes, sous le regne de Jean troisieme dont Osorius ne fait aucune mention, ayant coupé le fil de son histoire à la mort d'Emmanuel: & ai suivi entierement Lopez de Castagnede historien Portugallois. . Quant à la guerre de Diu contenue au 19° livre Damian de Géën gentil horaime de Portugal m'a conduit es traitez latins qu'il en à faicts, EC pour le regard du dernier les écrits de plusieurs historiens modernes m'y ont aidé, comme la lecture en fera foy, n'ayant rien mis du mien qu'en la translation & disposition, avee la plus soigneuse fidelité que j'ai peu, laissant (en Castagnede el Goes nommément)quelques repelitions et discours ennuyeux qui weussent servis que de remplage, et qui estans obmis n'ostent rien du lustre de l'histoire entière, (Edition de 1581, préface),

Gé

presenter à son roy sept testes d’ennemis est faict noble.

(LPS PAIE D 158 |

Les presents qu'on offrit de la part de l'empereur Solyman à l’empereur de Calieut le mirent en si orand despit que non seulement il les refusa durement, disant que ny luy ny ses predecesseurs n’avoient accoustumé de prendre, et que c'estoit leur office de donner, mais en outre feit mettre en un cul de fosse les ambassadeurs envoyez à cet effect.

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