‹ Les Livres d'Histoire Moderne UtilisésChapitre 37 sur 48 · II · texte numérisé non relu

II

Mais voici maintenant quelques exemples qui n'étaient pas amorcés par les textes de 1580 et de 1588, et qui pénètrent pour

la première fois dans les Essais :

Montaigne

Artabanus surprint Xerxes, son nepveu, et le tança de la mutation soudaine de sa contenance. Il estoit

Hérodote

Quand Xerxes regarda que tout l'Hellespont estoit couvert de vaisseaux, et que tous les rivages, en-

à considerer la grandeur desme-

surée de ses forces au passage de l'Hellespont pour l'entreprinse de la Grece : il luy print premierement un tressaillement d'aise à veoir tant de milliers d'hommes à son service et le tesmoigna par l'allegresse et feste de son visage; et tout soudain, en mesme instant, sa pensée luy suggerant comme tant de vies avoient à defaillir au plus loing dans un siecle, il renfroigna son front et s'attrista jusques aux larmes.

(X, 38, €. II, p. 175.)

Il mesprint lourdement à Artibius, general de l’armée de Perse, combattant contre Onesilus, roy de Salamine, de personne à personne, d’estre monté sur un cheval façonné en cette escole, car il fut cause de sa mort, le coustillier d'Onesilus l'ayant accueilly d’une faulx entre les deux espaules, comme il s’estoit cabré sur son maistre.

(L, 48, t. II, p. 249.)

Les Getes se tiennent immortels, et leur mourir n’est que s’acheminer vers leur dieu Zamolxis. De cinq en cinq ans ils depeschent vers luy quelqu'un d'entre eux pour le requerir des choses necessaires.

Ce deputé est choisi au sort; et la forme dele depescher, aprés l'avoir de bouche informé de sa charge, est que, de ceux qui l'assistent,. trois tiennent debout autant de javelines sur lesquelles les autres le lancent

à force de bras. S'il vient à s'en-

semble les champs des Abydénois estoient remplis d'hommes, adone il se reputa heureux; toutefois il changea soudain et se prit à larmoyer. Ce voyant Artabanus, son Oncle +. lui dit ainsi: « Comment, Sire, en peu de temps vous faites deux choses qui sont fort éloignées l’une de l’autre : car apres que vous êtes estimé heureux, maintenant vous pleurez.» Xerxes lui répondit : « Considérant que la vie des hommes est si courte, j'ai pris pitié de ce grand nombre d'hommes dont nul sera vivant d'ici à cent ans. »

(VII, 45 et 46.)

Fortune voulut qu'Artybie avec son cheval rencontra Onésile, lequel, selon qu'il avoit esté dit, fut secouru par son coustiller, qui ne faillit d'atteinte. Le cheval leva les deux pieds sur l'écu d'Onésile, mais le coustiller les lui sépara d'une faux d'avec le corps, tellement qu'Artybie chef des Perses, et son cheval, tomberent en la place sans aller plus loin.

(V, IIL.)

Les Gètes se cuident immortels.

Ils ont des opinions qu'ils ne meurent point, mais prennent chemin vers Zamolxis .. De cinq en cinq ans ils envoient pour messager vers lui l’un d'entre eux, tiré aux ballotes, et lui donnent charge de ce qui leur fait communément besoin. Les aucuns d'eux sont ordonnés pour tenir trois javelines droites; autres prennent icelui messager aux pieds et aux mains, et le jettent en l'air sur les javelines.

ferrer en lieu mortel et qu'il trespasse soudain, ce leur est certain argument de faveur divine; s'il en eschappe, il l'estiment meschant et execrable, et en deputent encore un autre de mesmes.

TEA ACID 00)

Les Argippees, voisins de la Seythie, vivent sans verge et sans bas.

ton à offenser; non seulement nul n'entreprend d'aller les attaquer, mais quiconque s'y peut sauver, il est en franchise, à cause de leur vertu et saincteté de vie; et n’est aucun si osé d'y toucher. On a recourt à eux pour appoincter les differents qui naissent entre les hommes d’ailleurs.

LI, 15, t. IV, p. 184.)

Les Lybiens, dit Herodote, jouys sent populairement d’une rare santé par cette coustume qu'ils ont, après que leurs enfans ont atteint quatre ans, de leur causterizer et brusler les veines du chef et des temples, par où ils coupent chemin pour leur vie à toute defluxion de rheume.

(TESTÉ Von 128)

S'il meurt en cet état, ils ont opinion que le dieu leur est miséricordieux ; mais, si ne meurt point, ils lui disent injures et le blament comme méchant. Enfin, après qu'ils l'ont bien injurié, ils y envoient un autre, et lui donnent celle charge, nonobstant qu'il soit encore plein de vie.

Nul homme vivant les outrages, car ils sont estimés pour sacrés :

aussi ne tiennent-ils chez eux aucunes armes ne batons offensibles.

Ils décident et appointent tous les différends de leurs voisins, et, si aueun se retire vers eux en franchise, nul est si osé de lui toucher.

Leur nom est Argippées.

Quand les enfants des Libyens:

sont parvenus en l'âge de quatre ans, ils leur brulent les veines du sommet de la têté, aucuns celles des tempes, avec laine à tout le suif, afin que les catarrhes ne leur nuisent tant qu'ils vivront. Et dit-on que pour ce moyen ils se trouvent beaucoup plus sains.

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