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(1) Pour cet exemple, il faut voir surtout le traité de Plutarque « De la malignité d'Herodote », traduction Amyot 1572, p. 651 c. C’est d'Amyot que Montaigne se souvient beaucoup plus que de Saliat.
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Pour Plutarque, j'étudierai aussi bien les Opuscules, où les exemples historiques sont très nombreux, que les Vies qui traitent l'histoire à la manière des moralistes.
Coste avait déjà remarqué que Montaigne lisait Plutarque dans les traductions de Jacques Amiot (2). Au moins pour les Œuvres morales, on peut préciser davantage. On peut démontrer que, suivant toute vraisemblance, c’est l'édition de 1572, la première, qu'il avait entre les mains. En effet, dans l'édition de 1572, Amyot avait écrit (fo 172 vo): « Sylla aiant pris la ville de Peruse condamna tous les habitans à mourir, excepté son hoste, auquel il pardonna pour l’anciene alliance d’hospitalité qu'il avoit avec luy; mais son hoste luy respondit qu’il ne vouloit point estre tenu de sa vie au meurtrier de son pais, & se jetta parmy la trouppe de ces citoiens que l’on massacroit où il fut meurtry quant & eulx. » Dès la seconde édition, en 1574, il corrige Peruse et rétablit à la place Preneste qui subsiste dans les éditions suivantes. Or, Montaigne a fait allusion à cette anecdote au premier Essai du premier livre, et il place l'aventure, lui, non à Preneste, mais à Peruse. Puisque seule la première édition donne Peruse, c’est bien probablement la première édition que Montaigne avait (3). Cette conclusion ne
(4) Jai élagué de cette liste un où deux passages qui ne peuvent certainement pas venir d'Hérodote, Par exemple, dans l'essai 1-21 « La bru de Pythagoras » (Et. 1, p. 439), il est manifeste que la source est dans Diogène et non dans Hérodote. Il est possible d'ailleurs que plusieurs des allusions que j'ai maintenues viennent de sources de seconde main, Par exemple, l'allégation de lEssai [.-4% est inexacte; elle prête à Hérodote celte affirmation que des hommes restent plongés six moix par an dans le sommeil, alors qu'Hérodote n'y croit pas. Peut-être Montaigne a-t-il trouvé cela chez quelque compilateur,
(2) La traduction des Vies parut en 1559, chez Vascosan, et de nouveau en 4563 et 4567. La traduction des Œuvres morales fut publiée en 1572.
(3) En voici le titre : Les (Œuvres morales et meslees de Plutarque. Translatees du Grec en François par Messire Jacques Amyot, à present Evesque d'Auxerre, Conseiller du Roy en son privé Conseil, et grand Aumosnier de France. — A Paris, de l'Imprimerie de Michel de Vascosan MDLXXII. Avec Privilege du Roy.
serait infirmée que s’il avait trouvé l’anecdote chez quelque vulgarisateur de son temps qui en eût fait usage avant lui, mais une recherche attentive ne me l’a fait rencontrer nulle part.
Pour étudier les emprunts faits par Montaigne à Jacques Amyot, nous avons un très riche et excellent répertoire: c’est l'ouvrage publié par Miss Grace Norton, sous le titre suivant : «Le Plutarque de Montaigne, Selections from Amyots translation o/ Plutarch arranged to üllustrate Montaigne’'s Essays, compiled and edited by miss Grace Norton. Boston and New-York, Houghton, Mifflin and company, 1906. » C’est un recueil de passages d’Amyot auxquels Montaigne a fait allusion dans les Essais. Il rend de grands services pour l'étude de Montaigne. Mais miss Norton s’est contentée, ou à peu près, de relever les sources indiquées par les commentateurs Ses additions sont peu nombreuses. Il y avait lieu de compléter cependant. Les commentateurs ont surtout signalé des faits historiques dérobés par Montaigne pour être insérés à titre d'exemple dans ses Essais. Les faits de ce genre comportent en général un nom propre. et les noms propres sont signalés dans les index, qui décélent ainsi très aisément les larcins.
Ils ne se sont pas suffisamment donné la peine de faire la chasse, à travers le gros in-folio d’Amiot, aux emprunts qu'aucun nom propre ne signale à l'attention. Voici un certain nombre d'emprunts et d’allusions que j'ajoute à la collection dressée par miss Norton. Aucun d’eux ne me paraît avoir été jusqu’à présent signalé.
Je donnerai parallèlement les textes de Montaigne et d’Amyot pour les emprunts qui me paraitront suffisamment précis pour que la comparaison soit instructive. J'y joindrai l'indication de quelques autres passages où Montaigne a suivi de moins près son modèle.
Montaigne Hmyot
Ainsi faisoint les Egyptiens, qui, Quant à la facon de faire d’Aeau milieu de leurs festins et parmy gypte où ils ont accoustumé d'apleur meilleure chere, faisoient apor- porter ordinairement au milieu d'un ter Lanatomie seche d’un corps festin l'anatomie seche d'un corps
d'homme mort, pour servir d'advertissement aus conviés.
Tout ainsi que les oyseaus vont quelquefois a la queste du grein, et le portent au bec suns le taster, pour en faire bechée a leurs petitz, ainsi nos pedantes vont pillotant la science dans les livres, et ne lu logent qu'au bout de leurs levres, pour la degorger seulement et mettre au vent.