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sommes portées au Crédit. La différence entre les deux totaux est ce qu’on appelle le solde. Ce solde sera débiteur ou créditeur selon qu’il ressortira au Doit ou à l’'Avoir. Pour liquider le compte, pour le balancer, comme disent les commerçants, 1l suflit de porter un chiffre égal à ce solde au crédit, si le solde est débiteur, au débit, s’ilestcréditeur. On aura ainsi égalisé les totaux, puisqu'on aura ajouté au plus faible ce qui y manquait pour égaler le plus élevé : on aura fait la balance. Et on ouvrira un compte nouveau, en reportant le solde Tà où il se trouvait lorsqu'il avait d’abord apparu, c’est-à-dire au Crédit, si le solde était créditeur, au Débit, s’il était débiteur. On aura ainsi rétabli la réalité. L'avantage est qu'on se sera dégagé d’un compte long et difficile etque, partant d’une donnée simple, le solde, on procédera plus aisément à de nouvelles opérations.
Nous pouvons maintenant entrer dans l’étude de la tenue des livres.
L’art de tenir des livres, car c'en est un, si modeste qu’on l'estime, consiste à passer sur les livres des articles rigoureusementexacts etsciemment coordonnés.
Pour y parvenir, on a préconisé des méthodes très diverses, mais qui, quoi qu’on en ait pu dire, se ramènent aux deux types suivants :
La tenue des livres en partie simple,
La tenue des livres en partie double.
RU), Ce
SECTION Ir, — De la tenue des livres en partie simple.
C’est la méthode, ainsi que son nom même l'indique, la plus facile à pratiquer. Elle comporte un livre essentiel : le Grand Livre, comprenant un compte pour chacune des personnes avec qui le négociant est en relations d’affaires.
Chacun de ces comptes, ainsi que nous lPavons avancé plus haut, énonce à son créditles valeurs, marchandises, espèces, qu'ilfournitau négociant ; et à son débit celles que le négociant livre.
Nous avons dit que tout acte d’un commerçant le met aux prises avec une autre partie. En effet, iln’y a point, parexemple, de vendeur sans acheteur, ni d’acheteur sans vendeur. Le commerçant vend (1). Quels sont les effets de ce contrat”? Lecommerçantdevient créancier du prix. L’acheteur devient débiteur du prix. Donc, opération a une double face : un débit etun crédit, et cela tient à sa nature même.
On a dit que la caractéristique de la comptabilité en partie simple était de ne faire apparaître qu'une des deux faces de l'opération : ou le débit, ou le crédit; tandis que la partie double ferait apparaître les deux.
ne peutpas appartenir à la méthode de comp-
(1) I s’agit de la vente à crédit. La plupart des opérations commerciales sont, en effet, à crédit. Les affaires au Comp tant sont l'exception.
nu
tabilité employée de changer la nature de l'acte rapporté. Ce serait done invraisemblable, si ce n'était plus : c’est faux.
Supposons un négociant, Durand, en relations d’affaires avec un certain Dubois. Durand vend à Dubois, le 10 janvier, 10 sacs de blé à fr. 16,50 l’un, soit 165 fr. Quelques jours plus tard, Dubois couvre Durand en numéraire. Comment le Grand Livre portera-t-il ces opérations ? Le voici :
ORDER DIQURE Dubois. — Son compte. AVOIR. \Fo,3: AT RRMICUR er | 1904 | 1904 |
| | | Janv.|10| Ma facture de | Janv.!15
Son versement, |
espèces... fr.|165 »!
GOAOUR-- ir M0
On voit que, s’il devient débiteur, c’est de ma
facture : le créditeur, c’est donc moi, Durand, qui tiens le livre ; que, s’il paie, s’il est crédité, c’est ma facture qu'il paie, c’est moi qui le crédite. D'où il résulte très certainement que chaque article du Grand Livre indique, assez elairement pour qu'il ne puisse y avoir aucun doute, le créditeur et le débiteur.
C’est donc que, entre ce compte et le même compte Dubois tenu en partie double, il n’y à, de ce chef, aucune différence. Qu'on ouvre un Grand Livre en partie double (nous le ferons tout à l’heure}, on verra que les comptes particuliers y sont tous tenus comme celui-ci.
Nous savons maintenant comment on passe
écriture au Grand Livre. Le commerçant ne le tient pas seul. Même en partie simple, tout commerce important contraint le négociant à tenir :
1° Un livre d’entrées et de sorties des marchandises ;
2 Un livre de caisse ;
3° Un livre d’échéances.
Le commerçant manie trois sortes de valeurs : des marchandises, de l'argent, des effets de commerce. Bien que toutes trois se ramènent à une valeur susceptible d’être chiffrée, leur nature différente exige que l’on observe à part les mouvements de chacune d’elles.
Le livre d'entrée et de sortie des marchandises, présentant, d’une part, les marchandises achetées par le négociant, et qui ont pénétré dans son magasin, d'autre part, les marchandises qu’il à vendues et qui sont sorties de son magasin, lui permettra, par un rapide examen, de voir l’état de ses affaires sur marchandises et de connaître ce qui doit rester en magasin.
Le livre de caisse, portant mentions, d’une part, des sommes reçues, et, d'autre part, des sommes payées, indiquera l'inopute du mouvement des espèces et signalera le solde qui doit se trouver en caisse.
Le livre d’échéances, VEchéancier, comme on l’'appelait autrefois, montrant, d’une part, avec leurs échéances, les effets souscrits par le commerçant où qu'on à tirés sur lui, d'autre part,
les elflets que ses correspondants lui ont souscrits où qu'il a tirés sur eux, rappellera, à toute inspection, au négociant les engagements auxquels il doit faire face et ceux que l’on doit tenir envers lui. Il indiquera tous les mouvements d’elfets, et l’on y verra ceux que doit contenir le portefeuille (x).
IH est d'usage dans le commerce de procéder annuellement à un inventaire. Faire l'inventaire, c'est, pour le commercant, fixer les sommes auxquelles s'élèvent son Passif et son Actif et, par suite, préciser sa position exacte. On y arrive en relevant du Grand Livre sur l’Inventaire le total des soldes créditeurs des comptes, d’un côté, le total des soldes débiteurs, de lPautre. C’est dire qu'il à fallu auparavant balancer tous les comptes du Grand Livre. Le total des soldes débiteurs donne l’Actif. Le total des soldes créditeurs, le Passif.
On ajoute à l’Actif la valeur actuelle des marchandises en magasin, estimation faite au cours du jour de l'inventaire. On en rétranche la valeur des effets de commerce dont les débiteurs sont devenus insolvables et un tantième pour cent du prix d'achat du matériel pour amortissement. |
Avant ainsi tenu compte des variations de
(1) Sur certaines places, on tient un carnet d'échéances pour les effets à payer seuls, qui n’est qu'un simple mémento.
ho raleur du matériel, des marchandises, des créances, on a en chiffres l'expression de l’Actif et du Passif réels. La différence donne le Bénéfice ou la Perte.
Les commerçants font en général les invenaires sur des feuilles volantes. Une fois bien vérifiés, ils les recopient sur un registre spécial à ce destiné : le Livre des [nventaires, pour en assurer la conservation. C’est une pratique que le législateur a, comme nous le verrons plus loin, rendue obligatoire.
En dehors de la bonne tenue de ces livres, la prudence commande aux commerçants de conserver, en les classant de manière à les retrouver commodément, toutes les pièces comptables. Ils doivent principalement mettre en liasse les lettres qu'ils reçoivent (on se sert pour cela, de nos jours, de Biblorhaptes) et garder copie de celles qu’ils envoient (on les copie d'ordinaire à la presse sur un livre dit : Copie de Lettres). En dehors de l’obligation légale, le Biblorhapte et le Copie de Lettres sont si évidemment indispensables que nous croyons inutile d’insister sur leur utilité.
Nous en aurions fini avec la tenue des livres en partie simple, s’il ne nous restait à nous expliquer sur le Livre-Journal.
Si, contrairement à ce qui se fait dans les ouvrages de comptabilité, nous en avons réservé la description et l'explication pour la fin, c’est
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que le point de vue auquel nous nous sommes placé diffère de celui qu’on envisage d'ordinaire. On dit : le premier livre que le législateur fait au commerçant un devoir de tenir, c’est le Journal ; langage que tient une grande partie de la pratique, qui semble ainsi ne pas partager notre manière de voir. Nous disons : le Journal est, au point de vue pratique, le dernier auquel le commerçant doive songer. Il n’y songerait même pas du tout, à notre avis, si le législateur ne lui en imposait la tenue.
C’est, en effet, un livre parfaitement inutile. Pour obéir à la loi, le négociant y consigne au jour le jour ses opérations commerciales, dans l’ordre même où elles se sont effectuées ; il les porte ensuite au Grand Livre, et plus jamais il ne les reverra au Journal. A-t-il un compte à établir, a-t-il des recherches à faire, procèdet-il à un inventaire, c’est au Grand Livre, et au Grand Livre seul, qu’il se reportera. Dans la comptabilité en partie simple, la tenue du Journal n’a d’autre raison d’être que l’obéissance aux prescriptions légales.
Comment est-il tenu ?
Le Journal, son nom même le fait pressentir, est tenu au jour le jour. Les achats, les ventes, les négociations, toutes Les opérations, en un mot, y sont consignées sans autre ordre que celui dans lequel elles se produisent. |
AR Ainsi le Journal de Durand portera :
Fo 2. Journal PRES 10 Janv. 1904
Fo 3. Vendu à DUBOIS :
10sdcside blé ar M6:50LUNnstHÉrer-CAREE M RERNEE 165 »
BURN 15 Janv.
Fo 3. Reçu de DuBois :
En espèces pour solde de ma fact'e en date du 10 ct, fr.| 165 »
S'il est tenu par un comptable au courant de la tenue des livres, il s’exprimera d’une façon plus technique, plus scientifique :
Fo 2, Journal Fo 2.
10 Janv. 1904
Fo 3. Doit DuBoïrs :
ADS ACTE LD Are SONDE EEE NS LE
15 Janv.
Fo 3. Avoir DUBOIs :
Espèces sur ma facture du 10 courant, fr............. 165 »
On a conclu de cette rédaction que chaque article mentionne uniquement une des deux faces de l’opération. Le premier ne mentionne que le débité Dubois ; le deuxième, que le crédité. Et quand cela serait ?
Le livre qui renferme la véritable comptabilité, c’est, non pas le Journal, mais le Grand Livre; par suite, c’est dans le Grand Livre qu'il faut trouver le critérium de la distinction des
deux méthodes de comptabilité. Or, le Grand Livre, en partie simple aussi bien qu’en partie double, présente les deux faces de chaque opé- ‘ation.
Le Journal les fait apparaître aussi manifestement. Aurait-on si vite oublié quel est celui qui tient le livre? Pour être implicite, l’autre face de l’opération y est-elle moins ?
Quand Durand, rédigeant son Journal, écrit :
« doit Dubois », ou : «€ vendu à Dubois », n’estce point comme s’il avait mis : Q J'ai vendu à Dubois » ? Y a-t-il, dans la rédaction « doit Dubois », autre chose qu’une contraction, qu'une manière d'écrire l’article, plus résumée, plus succincte, dans le but de ne point encombrer le livre et lallonger indéfiniment? Non, c’est d’évidence.
Il faut donc détruire la légende qui croit voir dans la double indication du débiteur et du créditeur dans chaque article la caractéristique de la tenue des livres en partie double. En réalité, cette double indication concordante se trouve également dans la partie simple. Le critérium de la distinction des deux méthodes ne pouvait, en effet, reposer sur une si bénigne question de forme. Aussi anodin, il n’eût pas fait fortune. Si la partie double s’est acquise une notoriété presque universelle, ce ne pouvait être pour un aussi mince détail.
Le critérium qui distingue les deux méthodes est beaucoup plus profond. Il a fallu, pour ima-
giner la tenue en partie double, un sens pratique très développé et une subtilité très aiguë. Nous verrons que, pour dégager le critérium, 1l faut un certain effort d'analyse.
Avant d'y arriver, nous devons jeter sur la comptabilité en partie simple un coup d’œil rétrospectif.
Elle à pour avantage, nous l’avons déjà dit, sa simplicité même, qui la met à la portée de tous. Elle à le mérite d’être l'expression absolue : et fidèle de la vérité.
Par malheur, elle présente un grave inconvénient : elle manque totalement de moyens de contrôle, Qu'un article soit omis, qu’une erreur se glisse dans un article ou dans une addition, rien n’en avertira le négociant, et si, par aventure, il s’en aperçoit, il n’en retrouvera la cause initiale qu'après de très longues et de très minutieuses recherches.
Ce défaut est capital. Le commerce ne pouvait s’y résoudre. Il devait, fût-ce au préjudice même de la simplicité, préférer une méthode, plus complexe peut-être, mais plus sûre, où les chances d'erreur fussent mieux écartées.
IL l’a trouvée : c’est la méthode en partie double.
SECTION II. — De la tenue des livres en partie double.
Avec elle nous pénétrons dans le domaine de la fiction.
Supposons, tenue en partie double, la comptabilité de notre négociant, Durand, et ouvrons son Grand Livre au folio consacré au compte Dubois. Nous y voyons :
F° 10. Dorr. Dubois, de cette ville. AVOIR. Fo 10. 1904 | 1904
er à Marchandises -| par Caisse | espèces sur ma
10! Générales, ma Janv. |15 facture de Le facture du 10 | TOUTE se. .1165 » courant... fr.|165 »
Ce n’est plus à Durand que Dubois doit le montant de la facture, ce n’est plus à lui qu’il la paie. C’est à Marchandises Générales qu’il doit, c’est à Caisse qu'il paie. Il y a bien là de
quoi surprendre.
C’est que, dans la comptabilité en partie double, le négociant ne se contente plus d'ouvrir un compte à chacun de ses correspondants. Il veut connaître, non seulement sa situation respective avec chacun d’eux, mais la situation à leur endroit de chacune des valeurs qu’il manie. Il veut pouvoir surveiller les mouvements de ses marchandises, de son numéraire, de ses effets : il ouvre un compte à chacune de ces matières sous les noms de :
Marchandises Générales, — Caisse, — Porte-
feuille.